Allemagne. Le SPD demande des centres d’asile à travers l’UE et l’introduction d’une taxe carbone

Mardi, le groupe parlementaire des sociaux-démocrates (SPD) au Bundestag doit approuver une prise de position sur la politique européenne. L’ouverture de centres d’asile dans toute l’Europe et l’instauration d’une taxe carbone sont notamment à l’ordre du jour. EPA-EFE/CLEMENS BILAN

Mardi, le groupe parlementaire des sociaux-démocrates (SPD) au Bundestag doit approuver une prise de position sur la politique européenne. L’ouverture de centres d’asile dans toute l’Europe et l’instauration d’une taxe carbone sont à l’ordre du jour. Un article d’Euractiv Allemagne.

« Une Europe souveraine proactive est essentielle pour relever les défis mondiaux posés par le changement climatique, la grande inégalité sociale et économique, le capitalisme numérique indompté à l’échelle internationale, le retrait de la démocratie et de l’état de droit dans de nombreuses régions du monde, la désintégration des structures étatiques, y compris dans notre voisinage, et l’érosion de l’ordre multilatéral », écrivent les sociaux-démocrates dans le document.

Ainsi, afin de parvenir à une « politique d’asile et de réfugiés humanitaire, à long terme et résiliente », le système de Dublin, qui concentre les demandeurs de protection dans leur pays d’arrivée aux frontières extérieures de l’UE, doit être supprimé. Des centres d’asile ouverts devraient être créés dans toute l’Europe selon les normes allemandes, où les demandeurs d’asile devraient attendre trois mois maximum. Les réfugiés reconnus devraient être répartis de manière solidaire entre les États membres. Ceux qui ne souhaitent pas en accueillir devraient fournir un soutien matériel.

Selon les chiffres du Conseil européen pour les réfugiés et les exilés (CERE) à Bruxelles, la durée moyenne des procédures en Grèce en 2019, notamment, était de 10,3 mois.

Covid-19 : les frontières de l’UE devraient-elles rester ouvertes ?

À la suite d’une réunion avec les ministres européens à la Concurrence, le ministre allemand de l’Économie Peter Altmaier s’est prononcé en faveur de l’ouverture des frontières à travers le navire européen. Un article d’Euractiv Allemagne.

Soutien aux objectifs climatiques de la Commission européenne

Concernant la politique environnementale européenne, le SPD appelle à une augmentation des objectifs climatiques, soit une réduction des émissions d’au moins 55 % d’ici à 2030. Un souhait qui fait écho à la volonté de l’exécutif européen à cet égard.

En septembre, la CDU/CSU s’est montrée prudente à ce sujet, mais le ministre fédéral de l’Économie Peter Altmaier (CDU) a déclaré dans un discours lors de la Journée de l’industrie début octobre qu’il voulait également soutenir cet objectif.

En outre, le SPD soutient l’introduction d’une taxe carbone si les solutions multilatérales pour limiter les émissions de CO2 ne produisent pas d’effets assez rapidement. Le sujet fait d’ailleurs partie des négociations actuelles du trilogue sur le budget à long terme de l’UE. Tandis que le Parlement européen souhaite une instauration de la taxe à partir du 1er janvier 2023, le Conseil de l’UE n’a pas encore donné son accord.

En attendant, davantage de ressources publiques devraient être consacrées à la politique numérique. Les garanties de l’État doivent être utilisées pour assurer les « investissements à haut risque dans les technologies numériques » et protéger les start-up contre le rachat par de grandes entreprises, une stratégie commerciale classique des géants numériques, comme Facebook avec Whatsapp.

L'Allemagne change timidement de position face à la Russie

Après des années d’équilibre entre pression et dialogue avec la Russie, l’Allemagne engage de plus en plus la confrontation. Un changement d’attitude opéré à la suite du meurtre au Tiergarten de Berlin. Un article d’Euractiv Allemagne.

Quid de la Chine et de la Russie ?

Dans le cadre du développement de la 5G, les sociaux-démocrates veulent privilégier les fournisseurs européens. D’après eux, il existe « deux grandes entreprises ayant leur siège en Europe », qui bénéficient d’un « avantage de confiance lié à leur situation géographique » et qui, dans l’ensemble, « ne devraient pas être évincées du marché européen par les fabricants internationaux, dont certains bénéficient de subventions publiques ». Une allusion aux prestataires de services chinois, notamment Huawei ?

Des débats sont en cours depuis des mois à Bruxelles et dans les États membres sur une éventuelle exclusion de ce dernier, comme l’exigent les États-Unis d’Amérique – une exclusion qu’a déjà prononcée le Royaume-Uni.

Le groupe parlementaire du SPD demande à l’UE d’adopter une position plus ferme à l’égard de la Chine en général, selon la devise « ouvrir si possible, protéger si nécessaire ». Pékin tente de négocier bilatéralement avec les États membres, mais le bloc doit agir en unissant ses forces. « En fin de compte, la concurrence systémique doit définir dans quelle mesure l’Europe peut concrétiser son partenariat avec la Chine et comment elle entend s’engager dans la concurrence économique. La forme concrète du partenariat avec la Chine dépendra donc, entre autres, des progrès effectués et de la volonté de respecter nos valeurs et nos principes dans ces domaines », indique le document.

La Russie, cependant, est un partenaire important, car « une paix durable en Europe ne peut être obtenue contre, mais seulement avec la Russie, et ce même si certains États membres se sentent menacés ». Par le passé, Moscou a brisé certains interdits du bloc, tels que l’utilisation ciblée de la force militaire pour atteindre des objectifs politiques ou, plus récemment, l’interdiction des armes chimiques.

Bien qu’il s’agisse d’« un problème pour l’ensemble de la communauté internationale », le dialogue avec le Kremlin doit rester ouvert.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer