Positive Planet soutient l’entrepreneuriat en banlieue

Bobigny (93) [Jacky D]

L’association accompagne depuis 2006 des aspirants à l’entrepreneuriat dans les quartiers. Environ une personne sur trois a ainsi créé sa propre structure.

Traiteur spécialisé sur la gastronomie centrafricaine, créateurs de vêtements design, structure de pédagogie alternative, les entrepreneurs des banlieues  ne manquent pas d’inspiration.

C’est sur cette base qu’opère, depuis 2006, le programme « Entreprendre en banlieue », porté par la branche française de la fondation Positive Planet. Ce programme offreun accompagnement individualisé et gratuit aux aspirants à l’entrepreneuriat dans 36 lieux d’accueil.

« Je venais de finir une école d’audiovisuelle », se remémore Thibaut, 24 ans, qui a été suivi à l’antenne de Poissy dans le département des Yvelines. « En 2016, j’ai été redirigé vers Positive Planet, qui m’a fait découvrir le statut d’autoentrepreneur. Je me suis alors lancé en solo, pour proposer mes propres services de création de films de communication, événementiels, publicitaires. »

Au cours d’entretiens individuels, les entrepreneurs en herbe sont amenés à préciser leur concept et leur business modèle. « Mon idée était de personnaliser l’intérieur des voitures, au travers de housses de siège ou de coussins par exemple », témoigne Marie, accompagnée à Montreuil et qui a lancé la vente en ligne de ses modèles en 2014. « Le conseiller de Positive Planet a insisté sur mon business plan et m’a orientée vers une bourse pour l’innovation de BPI France, pour laquelle j’ai été retenue. »

« Le conseiller nous écoute et met nos idées en chiffre », s’exprime encore Claire Dia, qui a fondé suite à son accompagnement à Pantin (93) SUDU Connexion, une société de distribution de films d’Afrique et de la diaspora.

Freins à l’entrepreneuriat

« Des freins à l’entrepreneuriat persistent au sein des quartiers, notamment psychologiques (le fait de ne pas se sentir à sa place), le manque de réseau, de diplôme et un accès restreint au financement », détaille Géraldine Plénier, directrice générale de Positive Planet France.

L’accompagnement de Positive Planet, gratuit, concerne pour 81 % des personnes sans emploi. « La solution est dans les mains des personnes accompagnées elles-mêmes. Notre programme se concentre sur l’entrepreneuriat pour leur permettre de créer leur propre emploi », poursuit Géraldine Plénier.

Sur les 15 000 personnes accompagnées depuis 2006, le programme revendique 5170 entreprises créées et 6145 emplois générés.

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Une politique de la ville intégrée aux fonds européens

Pour assurer la gratuité de l’accompagnement, Positive Planet a mobilisé des financements européens des différentes régions françaises dans lesquelles elle opère. Plus de 1,9 million d’euros du FSE (fonds social européen) ont ainsi été attribuées au programme sur une période allant de 2014 à fin 2018, en Île-de-France, en région PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur) et en région Rhône-Alpes.

La dimension urbaine s’est vue renforcée dans le budget 2014-2020 de la politique de cohésion européenne. L’article 7 du FEDER impose en particulier que « 5 % des ressources du FEDER au titre de l’objectif « Investissement pour la croissance et l’emploi » soient alloués à des actions favorisant le « développement urbain durable ». En France, un objectif de 10 % des fonds FEDER-FSE gérés par les régions en soutien à la politique de la ville a également été fixé.

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L’Europe s’oriente dans la bonne direction pour aider les villes à devenir plus résilientes et durables. Mais doit encore dégraisser sa myriade de réglementations pour faire avancer les choses.

Selon le rapport annuel 2015 de l’Observatoire national de la politique de la ville, les fonds FEDER-FSE alloués au développement urbain, intégré et durable se concentrent dans les programmes opérationnels régionaux sur la transition vers une économie bas-carbone (pour 41 %) et la promotion de l’inclusion sociale, la lutte contre la pauvreté et toute forme de discrimination (24 %).

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