Pour Bruno Le Maire, la relance économique doit se mettre au service de l’environnement

Bruno Lemaire, le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, s'est exprimé lors d’une conférence de la PFUE, le 13 janvier, sur le thème "Une industrie plus forte pour une Europe plus autonome". [EPA-EFE/YOAN VALAT]

La relance économique de l’Europe est l’une des priorités de la Présidence française du conseil de l’Union Européenne (PFUE). Pour autant, pas question d’oublier les enjeux sociaux et écologiques, selon le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire.

Comme l’a argumenté Bruno Le maire lors d’une conférence de la PFUE, le 13 janvier, sur le thème « Une industrie plus forte pour une Europe plus autonome », la relance servira les intérêts environnementaux des pays membres.

« Nous avons mis l’autonomie stratégique au coeur des enjeux de la PFUE » a ainsi souligné le ministre. Et pour cause, l’UE dépend encore fortement de fournisseurs étrangers pour 137 produits utilisés par 14 secteurs industriels sensibles, dont l’énergie, selon la Commission européenne.

La conférence a été l’occasion d’évoquer plusieurs de ces filières industrielles, à développer ou à relocaliser. Bruno Le Maire en a ainsi appelé à « garder les emplois, les usines, la valeur » en Europe, gage de bénéfices sociaux et environnementaux.

Prenant l’exemple de « la bascule du véhicule thermique au véhicule électrique », le ministre a mentionné que les batteries sont actuellement fabriquées principalement en Chine, ce qui « n’a aucun sens ». Importer ces batteries, conçues sans respect des standards sociaux et environnementaux européens, et qui impliquent des émissions de gaz à effet de serre, est jugé absurde alors que l’Europe essaie de réduire drastiquement son empreinte carbone.

Derrière l’autonomie stratégique réside donc un intérêt écologique.

2 PIIEC lancés, 4 autres à venir

Afin d’accélérer la marche vers cette autonomie, l’UE peut désormais s’appuyer sur les PIIEC (projets importants d’intérêt européen commun), qui permettent aux gouvernements de s’affranchir des règles européennes de concurrence pour mettre en place des coopérations industrielles sur des sujets stratégiques.

« Oubliez ce nom incompréhensible et retenez que, derrière, il y a des emplois, des usines, de la valeur » a lâché Bruno Le Maire.

Deux PIIEC ont déjà été lancés et la France souhaite accélérer, avec la Commission européenne, le lancement de 4 autres, dont l’un consacré à l’hydrogène avec le soutien de 22 Etats membres.

L’objectif est, dans ce domaine, de financer « des projets de développement et de production d’électrolyseurs et d’équipements pour la mobilité hydrogène », ainsi que « des projets de décarbonation de l’industrie par l’hydrogène produit par électrolyse » indique un dossier de presse.

Ces travaux devraient alimenter les prochains échanges entre les ministres européens de l’Industrie, prévus à Lens les 31 janvier et le 1er février prochains, dans le cadre du Conseil informel de Compétitivité.

PFUE : la France attendue au tournant sur le volet numérique

Sans surprise, la régulation du numérique et l’émergence d’une souveraineté technologique font partie des sujets que Paris ambitionne de porter lors du premier semestre 2022.

[Edité part Frédéric Simon]

Subscribe to our newsletters

Subscribe