Pour contrer une crise institutionnelle, Emmanuel Macron consulte les partis

La Première ministre Élisabeth Borne a remis sa démission au président mardi (21 juin), par tradition républicaine. Ce dernier l’a refusée « afin que le gouvernement reste à sa tâche », a indiqué l’Élysée. [Shutterstock/Frederic Legrand - COMEO]

Privé de majorité absolue à l’Assemblée nationale, le président Emmanuel Macron a entrepris des consultations avec les partis mardi (21 juin) après avoir refusé la démission de la Première ministre.

Alors que la coalition d’Emmanuel Macron vient de perdre la majorité absolue à l’Assemblée nationale après les élections législatives de dimanche (19 juin), la Première ministre Élisabeth Borne a remis sa démission au président mardi (21 juin), par tradition républicaine. Ce dernier l’a refusée « afin que le gouvernement reste à sa tâche », a indiqué l’Élysée.

D’ordinaire, selon cette même tradition, le président accepte la démission de courtoisie d’après élection et charge à nouveau le Premier ministre de mener la politique gouvernementale.

M. Macron a ensuite commencé à recevoir les différentes forces politiques, pour « identifier les solutions constructives envisageables au service des Français », précise l’Élysée.

Une des possibilités est que soit conclu un pacte de gouvernement avec une autre force politique. Face aux appels de certains cadres de la droite à le proposer ou l’accepter, le président des Républicains a déclaré, après avoir été reçu par le président, qu’il n’était « pas question » de procéder dans cette voie, et que la droite resterait « dans l’opposition de manière déterminée, mais responsable ».

Certains ténors de l’alliance macroniste prônent désormais un gouvernement « qui s’approche aussi près que possible de l’union nationale », a déclaré François Bayrou, président du MoDem et soutien du président, après l’avoir rencontré.

Selon lui, « nous sommes tous responsables » de la situation de crise politique issue des urnes dimanche dernier. M. Bayrou a ajouté que le président « est parfaitement conscient » de cela et « cherche le meilleur chemin pour que cette séquence électorale soit utile au pays pour l’avenir ».

Les consultations avec le président se poursuivront mercredi (22 juin), et la Première ministre, Élisabeth Borne, « recevra, dès la semaine prochaine, les présidents de groupe », a annoncé la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire.

Un remaniement est prévu pour remplacer les trois ministres battus lors des élections législatives. La Première ministre elle-même pourrait être remplacée dans les prochaines semaines. Sans majorité, le risque d’un blocage institutionnel se fait jour, ou du moins d’un fonctionnement ralenti et perturbé des institutions.

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