Pour Paris, « l’objectif est qu’il n’y ait pas de victoire russe »

Le président russe Vladimir Poutine préside une réunion avec les membres du Conseil de sécurité de la Russie par téléconférence à la résidence d'État de Novo-Ogaryovo, près de Moscou, en Russie, le 20 mai 2022. [MIKHAIL METZEL/EPA]

L’objectif pour la France est « qu’il n’y ait pas de victoire russe » et de « libérer l’Ukraine », a affirmé dimanche (22 mai) le ministre français délégué aux Affaires européennes Clément Beaune.

« Le chercheur de guerre, le fauteur de guerre, c’est M. Poutine », a affirmé l’ex-secrétaire d’État aux Affaires européennes, promu ministre délégué après la victoire d’Emmanuel Macron à la dernière présidentielle.

« On apporte les moyens à l’Ukraine sans être nous-mêmes en guerre de résister, (…) de se libérer d’une agression. Eux n’ont pas provoqué la guerre en Russie. Ils cherchent à se libérer d’un pays qui les occupe en tant qu’État souverain », a-t-il expliqué lors d’un entretien pour Europe 1, CNews et Les Échos.

« C’est légitime, on les soutient. Ce n’est pas simplement un devoir moral. Si elle ne le faisait pas, l’Europe dirait : “Allez-y, la Russie de M. Poutine peut faire ce qu’elle veut”. Ce serait dangereux pour notre sécurité », a encore argumenté Clément Beaune.

« Quand vous êtes faibles, vous ne créez pas la paix », a-t-il insisté, ajoutant : « l’Ukraine, c’est l’Europe ».

Les relations entre Paris et Kiev sont tendues. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky reproche à Emmanuel Macron de vouloir ménager une « porte de sortie » au président russe Vladimir Poutine et se montre réservé sur son projet de « communauté politique européenne ».

« Il ne faut pas chercher une porte de sortie pour la Russie, et Macron le fait en vain », a-t-il regretté la semaine dernière.

« Je sais qu’il voulait obtenir des résultats dans la médiation entre la Russie et l’Ukraine, mais il n’en a pas eus », a-t-il asséné, en référence aux multiples échanges du président français avec son homologue russe et lui-même juste, avant le début de l’invasion russe en Ukraine mais aussi depuis.

Emmanuel Macron a en outre proposé début mai de créer une « communauté politique européenne » pour permettre à l’Ukraine de rejoindre le projet européen sans attendre l’adhésion pleine et entière à l’UE qui prendra des « décennies ».

« Nous n’avons pas besoin d’alternatives à la candidature de l’Ukraine à l’Union européenne, nous n’avons pas besoin de tels compromis », lui a répondu samedi M. Zelensky, pour qui une telle décision concernant l’Ukraine serait de fait un « compromis » avec la Russie.

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