Pourquoi mettre l’océan au menu du G7 ?

Biarritz

L’association Surfrider Europe organise un événement en amont du G7 afin de plaider pour l’intégration du sujet aux négociations internationales, notamment sur le climat. Un article de notre partenaire, la Tribune.

Le rôle de régulateur du climat joué par l’océan apparaît de plus en plus clairement. Le sujet fera d’ailleurs l’objet d’un rapport spécial du GIEC (groupement d’experts intergouvernemental sur le climat) qui sera rendu public fin septembre. Or les océans sont aujourd’hui menacés à la fois par la pollution plastique, l’acidification produite par l’absorption de grande quantité de CO2, l’appauvrissement de la biodiversité…

Pourtant, jusqu’à la COP21 en 2015, l’océan était totalement absent des traités internationaux sur le climat !

« Et dans l’Accord de Paris, il n’apparaît que dans le préambule et non dans les articles », regrette Anditia Citores, porte-parole de Surfrider France.

L'océan ne nous sauvera pas du réchauffement

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L’association, dont le siège est implanté à Biarritz, a décidé de profiter de la proximité géographique du G7 pour organiser en amont de l’événement 4 jours de conférence internationale sur l’océan, notamment son rôle dans la réduction des inégalités (en particulier les inégalités climatiques), qui est le thème général du G7 accueilli par la France.

C’est au sein du Pavillon Océan à Biarritz (ni au sein de l’anti-G7, ni au sein du G7 qui débute plus tard) qu’une centaine d’experts coordonnés par Surfrider, va plancher du 20 au 23 août autour de quatre grands thèmes : tourisme durable et sports nautiques à faible impact ; biodiversité ; pollution de l’océan par le plastique, et climat. Objectif : démontrer aux pays (membres et invités) participants au G7, que les acteurs de la société civile sont prêts à s’engager pour la protection de l’océan, et appeler les dirigeants du G7 à faire de même du 24 au 26 août.

La France se prépare à un sommet du G7 sous tension

Dans deux semaines, la station balnéaire de Biarritz deviendra la capitale diplomatique du monde en accueillant, sous les auspices d’Emmanuel Macron, un sommet du G7 qui s’annonce chargé, entre guerre commerciale entre Washington et Pékin, tensions autour de l’Iran et bras de fer sur le Brexit.

Au Chili en décembre, une COP25 bleue

Parmi les objectifs concrets auxquels Surfrider entend s’attaquer, figurent la définition précise des aires marines protégées, au moins autant que leur quantité et la superficie couverte, ou encore la réduction des émissions de CO2 du transport maritime, et sa décarbonation totale d’ici à 2050.

Mettre l’océan à l’agenda des négociations internationales sur le climat permettra notamment de flécher des fonds (par exemple depuis le fonds vert) en direction d’actions dédiées, mais aussi d’intégrer aux résolutions, des actions concrètes, datées et chiffrées.

Nombre d’événements prévus dans les prochains mois sont dans le viseur de Surfrider. D’abord le sommet sur le climat de New York en septembre, puis la COP25 qui se tiendra en décembre à Santiago, et dont le Chili a d’ores et déjà annoncé que ce serait une COP bleue. Ce qui signifie qu’une place plus importante sera faite au sujet parmi les « side-events », ces événements organisés en marge des négociations à proprement parler, dans lesquelles il n’est pas garanti que l’océan soit plus présent qu’auparavant.

Des engagements sur l’océan au même titre que sur le CO2

Alors que l’objectif de l’Ocean Call qui résultera de ces quatre journées coordonnées par Surfrider, c’est notamment que les États élaborent des engagements portant sur les océans, comme ils le font déjà sur leurs réductions d’émissions de gaz à effet de serre au travers de leurs NDC (nationally determined contributions). Pour les y aider, ils disposent de la boîte à outils de la plateforme « Océan et climat » mise en place par l’ONU.

Surfrider travaille déjà en ce sens aux côtés des collectivités et des entreprises. En France, ce sont notamment la Ville de Paris (sur la qualité de l’eau et la réduction du plastique en vue des JO), l’Aquitaine (sur les pesticides) ou Marseille (sur les déchets) qui ont pris des engagements. « Des entreprises du secteur textile, cosmétique ou encore viticole s’engagent aussi sur des objectifs concrets, datés et chiffrés », souligne Anditia Citores.

Autres projets dans la ligne de mire des défenseurs de l’océan : l’imposer au programme du congrès de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) organisé à Marseille en 2020 et soutenir, lors de la prochaine Assemblée des Nations unies pour l’environnement (dont Brune Poirson a été nommée vice-présidente en mars 2019), qui se tiendra en 2021, une convention nationale sur les plastiques dont le principe est actuellement à l’étude et qui pourrait être adoptée d’ici à 2025.

À la fin de ces 4 journées, un « Ocean Call », déclaration officielle cosignée par l’ensemble des parties prenantes mobilisées pour la mettre en œuvre, reprendra des défis et des propositions d’engagements concrets pour les chefs d’État présents lors du sommet. Publiée ce vendredi à la veille de l’ouverture du G7, elle sera remise le lendemain à Jean-Pierre Thébaut, amabasseur chargé de la préparation de la présidence française du G7.

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