Poutine souhaite aller au-delà du cessez-le-feu en Ukraine

Foto: Der Rat der Europäischen Union

A l’occasion d’une visite à Vienne, le président russe Vladimir Poutine a montré quelques signes de bonne volonté sur le dossier ukrainien. Un message que le premier ministre autrichien devrait relayer auprès de ses homologues européens lors du sommet à Bruxelles.

Le président russe, Vladimir Poutine, a effectué une brève visite à Vienne, à l’invitation du  gouvernement autrichien, fortement attaché à son rôle de médiateur entre l’Ouest et l’Est dans la crise ukrainienne.

Quelque 500 policiers ont été mobilisés pour assurer la protection de Vladimir Poutine, lors de sa visite qui n’a duré qu’une après-midi et un soir. En face, 300 manifestants protestaient contre la venue du président russe.

Une visite prévue de longue date, puisque le président fédéral d’Autriche, Heinz Fischer, avait promis d’inviter le président russe il y a trois ans.

Cette invitation constitue une véritable aubaine pour Vladimir Poutine, lui permettant de se rendre dans un État membre de l’UE, alors qu’il fait l’objet de sévères critiques au niveau international, et ce, quelques jours avant le sommet européen, qui doit aborder la question de la crise ukrainienne.

Visite opportune

À l’occasion de cette visite officielle, l’Autriche a abordé le sujet de l’annexion de la Crimée qui va à l’encontre du droit international. Le président autrichien a également souligné combien il était important de prolonger le cessez-le-feu d’une part et de résoudre le conflit ukrainien d’autre part.

Vienne connaît bien la Russie. L’est de l’Autriche avait été sous occupation soviétique de 1945 à 1955. En outre, l’URSS avait été jusqu’à la fin d’une certaine manière une puissance protectrice pour l’Autriche, qui était restée neutre durant toute la guerre froide. Un état de fait pris en considération lors des négociations sur les traités européens, il y a 20 ans, mais qui a depuis lors sombré dans l’oubli.

Au cours de sa visite, Vladimir Poutine a affirmé que la décision d’imposer « sept jours de cessez-le-feu était insuffisante ». Selon lui, il n’est pas suffisant de décréter le cessez-le-feu, il faut également avoir des négociations en profondeur afin que la population est-ukrainienne se rende compte que ses intérêts sont défendus.

Message aux Européens

La question des sanctions de l’UE et des États-Unis à l’encontre de la Russie a aussi été abordée. Selon le président autrichien, ces sanctions ne constituent pas une solution de dernier recours, mais seulement « un outil inévitable, quand tous les autres moyens ont échoué ».

Le premier ministre autrichien, Werner Faymann fera part de ses impressions à ses homologues sur  la courte visite de Vladimir Poutine lors du prochain sommet européen et transmettra, le cas échéant, un message particulier de la part du président russe.

Pavlo Klimkine, le ministre des Affaires étrangères ukrainien également présent à Vienne, a soutenu la position de M. Poutine quant au prolongement du cessez-le-feu. Le ministre ukrainien a par ailleurs réclamé que la Russie exerce immédiatement un contrôle accru de ses frontières, afin de faire barrage à la circulation transfrontalière des combattants et des armes.

La prochaine étape devrait être de décréter à nouveau le cessez-le-feu dans l’Est ukrainien, qui a été violé plusieurs fois, en particulier dans la région de Lougansk et de Donetsk. 

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