Présidentielle : Michel Barnier veut une taxe carbone aux frontières de l’Europe

Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières proposé par Bruxelles cet été « se heurte cependant aux réticences de plusieurs États », déplore-t-il. [OLIVIER HOSLET/EPA]

Michel Barnier, l’ex-négociateur du Brexit candidat à la primaire de la droite pour la présidentielle de 2022, se dit favorable à l’instauration d’une taxe carbone aux frontières de l’Union européenne, dans une tribune au JDD dimanche (12 septembre).

« Une taxe carbone aux frontières de l’Union est absolument indispensable, non seulement pour des raisons financières, mais parce qu’elle permettra de rétablir une concurrence équitable entre l’Europe, qui taxe désormais lourdement le carbone, et des partenaires commerciaux qui ne le taxent pas, ou si peu », estime l’ancien ministre de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.

La Commission européenne a proposé en juillet de taxer à partir de 2023 le kérosène pour les vols au sein de l’UE, tout en leur imposant un taux minimal de biocarburants. De quoi alarmer les compagnies, qui redoutent une « distorsion de concurrence » avec le reste du monde.

Si la taxation du carbone en Europe est « une grande satisfaction pour l’écologie », elle pose aussi « un problème majeur », souligne M. Barnier : « il devient très coûteux de produire » sur le Vieux Continent, qui pourrait subir « une vague de délocalisations ».

« Seule une taxe carbone aux frontières de l’Union, immédiatement applicable à l’ensemble des produits importés en fonction de leur bilan carbone, peut permettre de rétablir l’équité dans la concurrence mondiale et récompenser nos efforts pour le climat », estime encore l’ancien commissaire européen.

Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières proposé par Bruxelles cet été « se heurte cependant aux réticences de plusieurs États », déplore-t-il, disant vouloir mener « sans délai ce combat pour la taxe aux frontières ».

Lors d’un débat à la Fête de l’Humanité samedi (11 septembre), sa concurrente Valérie Pécresse (Libres, ex-LR) s’est également positionnée pour « une vraie taxe carbone » aux frontières de l’Europe « qui permettrait de rétablir l’égalité de compétitivité » entre les pays.

Subscribe to our newsletters

Subscribe