Prodi défend son bilan

Dans un discours prononcé le 13 octobre devant le Parlement
européen, Romano Prodi a livré son premier jugement sur son mandat
de cinq ans à la tête de la Commission.


Elargissement 

Selon M. Prodi, l’élargissement a été le « pivot » et « l’élément
unificateur » de l’action de la Commission au cours de ces cinq
années. Le président sortant a insisté sur le fait que de 
nombreuses « incertitudes » subsistaient au sujet de
l’élargissement à son entrée en fonctions en 1999,
incertitudes notamment liées à la question de savoir
« combien de pays devaient y participer ». « Beaucoup étaient
favorables à un élargissement limité à six pays au maximum » 
et il n’y avait « [ni] horizon temporel défini, ni règles sûres », a
également rappelé Prodi. L’unification de l’Europe, a-t-il
déclaré, « représente la plus grande contribution que l’Union puisse
apporter à la stabilisation et à la croissance politique,
économique et culturelle de tout le continent ». 


Réformes institutionnelles 

Prodi a tenu à rappeler avec quel « scepticisme » fut accueillie
la méthode de la Convention, utilisée pour mettre en oeuvre la
réforme des institutions de l’Union dans la perspective de
l’élargissement. « Nombreux », a-t-il dit, « étaient ceux qui
voulaient limiter les réformes à ce que l’on appelait
les left-overs [du traité] d’Amsterdam ». « Nous sommes
maintenant arrivés à la fin de notre travail. Dans quelques jours,
à Rome, sera signé le traité constitutionnel », a rappelé
Prodi, qui a également concédé que le traité « présente des
aspects moins satisfaisants (comme par exemple les cas où le vote à
l’unanimité est maintenu) ».

La réforme de la Commission est un autre aspect de son bilan
dont Prodi se dit « particulièrement fier ». La Commission, a-t-il
dit, est désormais « relancée » et connaît une période de
« croissance », sa « crédibilité » et son « autorité » ayant été
restaurées après les crises de la Commission Santer
en 1998 et 1999. 


L’Europe dans le monde
 

Prodi a fait référence à la « nouvelle vision des frontières de
l’Union » développée dans le cadre de la politique européenne de
voisinage. Des relations spéciales ont été établies avec les
voisins de l’Europe, notamment par le biais du partenariat
euro-méditerranéen, a-t-il souligné. Prodi a également
évoqué la stabilisation des Balkans et les efforts accomplis
pour mettre en place « une gouvernance mondiale et régionale
plus active » (en particulier par le biais d’une
coopération plus étroite avec les Nations-Unies), indiquant
qu’il s’agissait là de progrès importants sur la voie du
multilatéralisme. 


L’euro et le nouvel agenda économique et
social

 

« En matière économique, c’est sans aucun doute l’euro qui a joué
le rôle principal durant notre mandat », a souligné Prodi, avant de
souligner le fait que la monnaie européenne devait avant
tout être considérée « comme un grand projet politique – et pas
seulement comme un projet économique – un projet de responsables
politiques et pas seulement un projet de banquiers centraux ».
Prodi a cependant remarqué que le « coût de [l’absence d’une
véritable dimension européenne] dans ce secteur est encore
trop élevé. » C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la Commission
a voulu ouvrir le débat à propos du pacte de stabilité et de
croissance, un débat  « réclamé par beaucoup mais que personne
n’avait le courage de lancer. »  

En ce qui concerne l’agenda de Lisbonne, Prodi a estimé que
l’Espace européen de la recherche, l’accent mis sur la recherche et
l’innovation ainsi que la réforme de la politique de la
concurrence constituaient autant de succès devant être portés au
crédit de son équipe. Mais le président sortant a aussi souligné
que « de nombreux objectifs n’ont pas été atteints ». « L’exemple des
difficultés rencontrées dans le cas du brevet communautaire, bloqué
à plusieurs reprises par des raisons linguistiques, est peut-être
l’un des plus éloquents », a déclaré Prodi, avant d’ajouter que « si
les États membres ne changent pas de comportement, la stratégie de
Lisbonne est menacée. »


Qualité de vie

Prodi a brièvement mentionné les progrès accomplis dans
divers domaines : la création d’une aire de liberté, de sécurité et
de justice ; le lancement de la stratégie de Götenborg dans le
domaine du développement durable ; le soutien de l’UE au protocole
de Kyoto ; le système de navigation par satellite
Galileo. Il a rappelé que la Commission avait
su réagir face à la crise de la vache folle, notamment en
mettant en place une stratégie intégrée dite « de la ferme à la
table ». 


Perspectives financières

Prodi a conclu son discours en faisant allusion aux préparatifs
en vue de l’adoption du budget de l’Union pour la période
2007-2013. Il a souligné que le projet présenté par la Commission
était porteur d’une « vision pour l’Union de
l’après-élargissement ».

S'adressant aux députés européens ce mercredi
13 octobre, Romano Prodi a confié que le Traité
constitutionnel et l'élargissement constituaient à ses yeux les
réalisations majeures de son mandat de cinq ans à la tête de
la Commission. Autres aspects de son bilan sur lesquels le
président de la Commission sortant tenait à insister
: la politique extérieure (commerce, politique de voisinage),
l'introduction de l'euro et le lancement des réformes de Lisbonne.
 M. Prodi n'a cependant pas cherché à passer sous silence les
revers de la stratégie de Lisbonne, déclarant même que celle-ci
était "menacée" si les Etats membres ne changeaient pas de
comportement. 

  • Après avoir reçu l'approbation du Parlement, la
    Commission Barroso pourra entrer en fonctions à partir du
    1er novembre 2004, pour un mandat s'étendant sur une période
    de cinq ans.

Inscrivez-vous à notre newsletter

S'inscrire