60% des Irlandais restent indécis pour le referendum du 12 juin sur le traité de Lisbonne, d’après un sondage publié avant la visite de la chancelière allemande Angela Merkel et du président de la Commission José Manuel Barroso cette semaine en Irlande.
Selon le sondage publié lundi 14 avril par le journal irlandais Irish Sun, seuls 28 % des citoyens irlandais affirment qu’ils voteront en faveur du traité de Lisbonne tandis que 12 % déclarent qu’ils le rejetteront.
Cependant, bien que la part d’électeurs indécis soit passée de 72 % à 60 % comparé à un sondage similaire de décembre dernier, l’issue du vote reste toujours très incertaine.
Un sondage réalisé un peu plus tôt en mars a révélé une proportion beaucoup plus faible d’électeurs indécis (31 %) (EURACTIV 03/03/08).
D’après le sondage, cette indécision serait en grande partie due au manque d’informations sur le traité : seuls 6 % déclarent comprendre parfaitement ses enjeux tandis que 25 % ne les comprennent pas du tout et 40 % les comprennent très peu.
Afin de soutenir le traité, la chancelière allemande Angela Merkel a prononcé un discours proeuropéen lors du forum national de l’Europe à Dublin le 14 avril dans lequel elle déclarait le traité de Lisbonne offre la meilleure préparation pour l’avenir de l’Europe et permet à l’UE de continuer à s’épanouir.
La chancelière a déclaré que le traité de Lisbonne augmenterait les pouvoirs des plus petits Etats membres tels que l’Irlande puisqu’un nouveau système de vote à la majorité leur permet de bloquer des pays plus grands comme l’Allemagne. Le nouveau système de vote à la majorité est plutôt un problème pour les plus grands pays, a-t-elle déclaré. En s’adressant aux sceptiques, Mme Merkel a ajouté qu’elle pouvait uniquement affirmer qu’en l’état actuel des choses, il serait impossible de répondre à leurs préoccupations.
Le Premier ministre irlandais Bertie Ahern a déclaré aux journalistes que le discours de Mme Merkel marquait le lancement d’une campagne proeuropéenne en Irlande cette semaine, avec la visite du président de la Commission José Manuel Barroso jeudi 17 avril.
Le proeuropéen M. Ahern s’est retiré en mai pour se lutter contre des allégations de corruption concernant des irrégularités financières mais son successeur potentiel Brian Cowen a juré de faire du « oui » au référendum sa priorité (EURACTIV 03/04/08).
Cependant, ses efforts pourraient devenir difficiles suite à une note du gouvernement irlandais obtenue par le Irish Daily Mail lundi 14 avril. D’après le document, la vice-présidente de la Commission Margot Wallström a déclaré au Ministre irlandais des Affaires étrangères Dermot Ahern que la Commission voulait atténuer ou reporter les messages qui pourraient être inutiles avant le referendum.
Selon le mémo, le gouvernement pense que la plupart des gens n’aurait pas le temps d’examiner le texte et suivrait les hommes politiques en qui ils ont confiance. Le document stipule que l’objectif est donc de concentrer la campagne sur les avantages généraux de l’UE plutôt que sur le traité en lui-même.
Le Premier ministre a minimisé l’importance du mémo lors d’une conférence de presse commune avec la chancelière allemande Angela Merkel en affirmant que la suggestion selon laquelle l’Europe changera délibérément ses déclarations avant le referendum n’est pas fondée.

