Réforme des retraites. Les quatre portes de sortie de l’exécutif

[EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

Le Premier ministre annonce, ce mercredi 11 décembre, ses arbitrages concernant la réforme controversée. En attendant, les syndicats maintiennent la pression. Quelles pistes pour entrevoir l’issue du conflit ? Un article de notre partenaire Ouest-France.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté ce mardi 10 décembre contre la réforme des retraites. La mobilisation semble néanmoins en deçà de celle du premier jour de grève interprofessionnelle le 5 décembre, qui avait réuni 806 000 manifestants. Mais le mouvement reste très suivi notamment à la SNCF et la RATP. Une façon de maintenir la pression sur Édouard Philippe qui s’exprimera ce mercredi midi.

  1. Décaler la réforme pour les régimes spéciaux

C’est le scénario qui se dessine avec le plus de netteté parmi toutes les pistes évoquées depuis le début du conflit. Ce mardi, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre la réforme des retraites. Si la mobilisation semble moindre que celle du 5 décembre, le mouvement reste cependant très suivi à la SNCF et à la RATP.

Une façon de maintenir la pression sur Édouard Philippe, qui dévoilera ses arbitrages, mercredi midi. Une allocution attendue après plusieurs mois d’atermoiements. Pour déminer le conflit, le Premier ministre a semblé acter au lendemain du 5 décembre un décalage de l’entrée en vigueur de la réforme pour les régimes spéciaux. Le rapport du haut-commissaire Delevoye prévoyait une transition sur dix à quinze ans à la RATP et la SNCF. Il est probable que le Premier ministre aille au-delà : « Il ne serait pas juste de changer les règles en cours de partie », a insisté Édouard Philippe, en évoquant des « transitions progressives ».

  1. Reporter la réforme pour tout le monde

Ce scénario semble également sur la table. Le rapport Delevoye proposait une entrée en vigueur de la réforme en 2025. Elle concernerait alors les personnes nées en 1963 et après. Selon Les Échos, la première génération concernée serait plutôt celle née à partir de 1973, voire 1975. La réforme entrerait alors en vigueur en 2035 ou 2037.

Cette perspective inquiète les économistes qui ont inspiré le programme du président Macron : les délais ne résoudront rien, écrivent dans Le Monde Philippe Aghion, Antoine Bozio, Philippe Martin et Jean Pisani-Ferry. Si, comme nous le pensons, la réforme est socialement juste et économiquement efficace, pourquoi la retarder ?

6 Français sur 10 approuvent la grève contre la réforme des retraites

Près de 60% des Français interrogés par l’organisme de sondages BVA pour La Tribune approuvent la grève qui démarre ce jeudi 5 décembre pour protester contre la réforme des retraites. Un article de notre partenaire La Tribune.

En Italie, une transition longue avait été adoptée en 1995 : les bénéfices de la réforme étaient reportés à un horizon si lointain que les Italiens ont dû mettre en place une nouvelle réforme en 2011, note l’Institut des politiques publiques.

  1. Renoncer aux mesures d’économies immédiates

Le débat sur l’équilibre financier des retraites à court terme brouille le message. La CFDT, le premier syndicat français, conditionne son soutien à la réforme au renoncement à toute mesure d’économie. Le gouvernement s’y est rallié. Désormais, même les partisans de mesures budgétaires, comme Gérald Darmanin, écartent cette idée à court terme : notre proposition, c’est de travailler plus longtemps puisqu’on vit plus longtemps, dit le ministre des Comptes publics. Mais est-on pressé au point de le faire dès l’an prochain ? »

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