Rejet de Sylvie Goulard : la presse pointe un échec cinglant pour Macron

Les éditorialistes commentent largement ce vendredi le rejet de la candidature de Sylvie Goulard à la Commission européenne, survenu jeudi. Pour eux, il s’agit d’un échec cinglant pour Emmanuel Macron, dû à un défaut d’éthique et une part d’arrogance. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Après le rejet massif par les eurodéputés de Sylvie Goulard, la candidate d’Emmanuel Macron à la Commission européenne, la presse évoque vendredi un « camouflet », « une claque » et une « douche froide » pour un président qui paie son « arrogance ».

« Goulard dégage Macron enrage », titre Libération. Laurent Joffrin, comme beaucoup, s’interroge : « Pourquoi devait-elle cesser d’être ministre en France mais postuler à un poste similaire à l’échelle européenne ? ». Il juge que « ce distinguo jésuitique a de toute évidence indisposé les élus, qui ne souhaitent pas plaisanter avec les règles européennes. Macron a envoyé Goulard au casse-pipe », conclut-il.

Pourquoi le Parlement européen a rejeté la candidate française

Les commissions parlementaires ont rejeté la candidature de Sylvie Goulard au Parlement européen, officiellement pour des motifs éthiques. Mais la droite notamment allemande envoie aussi un message de défiance à l’égard de Macron.

Dans Les Échos, Cécile Cornudet voit dans « la nomination ratée de Sylvie Goulard […] l’histoire d’une équipe Macron portant des ailes, persuadée qu’elle vient de toucher le vieux monde européen comme elle a anéanti, deux ans plus tôt, les partis politiques français. »

Outre « une sévère leçon d’humilité », la France reçoit « aussi une leçon de démocratie : l’Europe n’est pas (n’est plus !) un sous-produit démocratique dans lequel on recycle les recalés de la politique nationale », estime Nicolas Beytout, de L’Opinion.

« Goulard : rébellion, extinction… » s’amuse le quotidien libéral pour lequel « jamais la France n’avait subi pareil échec ».

Arrogance de la France

Guillaume Tabard, du Figaro, fustige un président « perdant et mauvais perdant ». « À entendre Emmanuel Macron, et ses relais au Parlement européen, le rejet, massif, de Sylvie Goulard au poste français de commissaire est de la faute de tout le monde… sauf de la sienne », relève l’éditorialiste.

Le quotidien conservateur évoque « un revers sans précédent pour la France et une douche froide pour Emmanuel Macron ».

« La claque pour défaut d’éthique est cinglante », pense aussi Xavier Brouet, du Républicain Lorrain.

« La transparence, la moralité, l’exemplarité […] sont pris aujourd’hui au pied de la lettre. À Bruxelles plus qu’à Paris, visiblement », note de son côté Gilles Grandpierre dans L’Union.

Vitalité du Parlement européen

Pour Laurent Marchand, dans Ouest-France, il y a eu « manifestement sous-évaluation des nouvelles dynamiques à l’œuvre en Europe, entre forces politiques et entre institutions de l’Union européenne ».

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