La Commission qualifie de «pesantes» ses relations avec la Roumanie

Jean-Claude Junker et la Première ministre, Viorica Dancila. [Robert Ghement/EPA/EFE]

La Commission européenne a reconnu que ses relations avec la Roumanie, détentrice actuelle de la présidence tournante de l’UE, étaient devenues pesantes à cause de l’affaire Laura Codruța Kövesi, la candidate au poste de procureur européen en chef.

À Bucarest, Laura Codruța Kövesi, candidate au poste de chef du Parquet européen, a été placée sous contrôle judiciaire par une agence spéciale chargée d’enquêter sur les juges et procureurs. Elle n’a plus le droit de quitter le territoire.

Le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, a déclaré que l’exécutif européen suivait le sujet de près.

« Il est crucial que les candidats présentés par un panel de sélection indépendant soient traités de manière équitable lors de ce processus. La Commission appelle donc le gouvernement roumain et les autorités roumaines à respecter pleinement le principe de coopération loyale intégré dans les traités européens.

« Tous les candidats doivent participer à toutes les étapes du processus de sélection, sans entrave. »

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Margaritis Schinas a continué à répondre aux questions en disant que le Premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans, et la Première ministre roumaine, Viorica Dăncilă, s’étaient entretenus au téléphone le 28 mars. « Nous faisons plus que juste suivre le cours des événements », a-t-il ajouté.

Le porte-parole a reconnu à deux reprises que le climat des relations entre l’exécutif européen et la Roumanie était devenu pesant. Interrogé par Euractiv sur les conséquences sur la présidence roumaine, Margaritis Schinas a répondu en faisant l’éloge du bilan « remarquable » des accords négociés durant la présidence de Bucarest.

« Le travail de la présidence se poursuit avec succès, mais toute cette situation alourdit le climat politique et nous pousse à suivre tout cela de près. »

Lorsque les journalistes ont laissé entendre que le Mécanisme de coopération et de vérification (MCV) visant à contrôler le respect de l’état de droit en Roumanie était inefficace, le porte-parole a rejeté cette idée.

Le mécanisme a été mis en place en 2007 et est encore en place. Dans le rapport de novembre dernier, la Commission exprimait de sérieuses inquiétudes vis-à-vis de la Roumanie.

Bucarest voulait lancer des poursuites contre la Commission pour le rapport du MCV mais Margaritis Schinas s’est dit ravi d’annoncer que le procureur roumain avait décidé de clore le dossier à cause d’un manque de preuve.

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La Roumanie a déjà eu une mauvaise expérience en se voyant refuser l’organisation d’événements de haut niveau en raison de tensions internes. En 2012, le Parti socialiste européen avait décidé de déplacer son congrès de Bucarest à Bruxelles, et le PPE a envisagé une démarche similaire.

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