Renew veut de vraies auditions pour les vice-présidents de la Commission

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BRUXELLES / STRASBOURG

C’est l’un des temps forts de la démocratie européenne, et aussi une condition préalable à la tenue d’un vote d’approbation de la nouvelle Commission européenne par l’assemblée : Le Parlement européen décidera cette semaine de la manière dont il entend organiser les auditions des 26 commissaires .

Renew Europe, le groupe politique centriste dirigé par le parti En Marche du président français Emmanuel Macron, a une vision claire de la manière dont les auditions devraient se dérouler.

« Il est hors de question que les auditions des vice-présidents de la Commission soient faites par la Conférence des présidents », a déclaré Pascal Canfin, président de la puissante commission environnement du Parlement.

« Pour nous, il s’agit d’une ligne rouge absolue », a souligné M. Canfin, affirmant que Renew Europe s’oppose fermement à un tel système, qui, selon lui, protège les candidats des questions difficiles posées par les députés européens, en veillant à ce qu’ils puissent passer sans heurts les audiences de confirmation habituellement difficiles du Parlement.

Il n’y a pas de règles claires sur la manière dont les auditions des vice-présidents de la Commission doivent se dérouler. La première (et dernière) fois que cela s’est produit, en 2014, les vice-présidents de la Commission ont été interrogés par la Conférence des présidents, la plus haute autorité du Parlement, qui réunit les dirigeants des groupes politiques de l’Assemblée.

Mais pour Canfin et Renew Europe, cette politique du « deux poids, deux mesures » est inacceptable.

« Nous pensons qu’il n’y a actuellement aucune majorité pour le faire », a déclaré M. Canfin aux journalistes le13 septembre. Toutefois, d’autres groupes politiques – le PPE de centre droit, l’ECR conservateur et l’extrême droite – pourraient être tentés de protéger certains vice-présidents de questions difficiles.

La décision, a suggéré M. Canfin, repose sur le groupe socialiste S&D, qui pourrait se ranger du côté des conservateurs afin de protéger leur principal candidat, Frans Timmermans, qui a été nommé vice-président chargé du Green Deal européen.

Une source S&D a déclaré que ce serait un « objectif personnel » si les socialistes essayaient d’éviter les auditions publiques dans les commissions parlementaires.

Timmermans n’a cependant pas grand-chose à craindre des députés européens. Parmi les huit vice-présidents désignés par Ursula von der Leyen pour diriger la prochaine Commission européenne, il ne fait pas partie des plus controversés.

Le Grec Margaritis Schinas, nommé à un portefeuille baptisé « Protéger notre mode de vie européen », l’est davantage. L’étrange intitulé du poste a fait tiquer toute l’Europe lorsqu’Ursula von der Leyen a dévoilé son équipe la semaine dernière.

Cet intitulé, largement interprété comme un geste à l’endroit des partis d’extrême droite et anti-immigration, a été largement contesté, principalement par la gauche et les Verts, mais aussi par le parti En Marche de Macron.

Vendredi dernier, Vangelis Meimarakis, l’eurodéputé à la tête du parti au pouvoir en Grèce, Nouvelle Démocratie (PPE), a déclaré que le titre n’était « pas juste ». Margaritis Schinas a estimé qu’Ursula von der Leyen allait finalement le changer « car la critique porte sur le titre, alors que M. Schinas a été bien accueilli par tous ». (Frédéric Simon, Euractiv.com)

PARIS-BERLIN

Vers une Europe plus forte. La France se réjouit de la composition de la  nouvelle Commission, car la stratégie de Paris du   »make Europe great again », avec de Français bombardés à plusieurs postes de haut niveau, a donné des résultats. Mais l’idée d’une Europe plus forte n’est plus seulement le rêve de Macron, elle gagne aussi du terrain en Allemagne et au-delà des frontières européennes. Toutefois, les États membres doivent encore démontrer leur volonté par le biais du budget européen. Pour en savoir plus, c’est par ici

(Aline Robert Euractiv France / Claire Stam, Euractiv Allemagne)

MADRID

Le Roi d’Espagne comme médiateur. Le leader du parti de gauche Unidas Podemos, Pablo Iglesias, veut le soutien du roi espagnol Felipe VI pour convaincre cette semaine le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez de former un gouvernement de coalition, a rapporté Euroefe.

Vendredi dernier, Pablo Iglesias a déclaré qu’il demanderait au roi d’agir en tant que « médiateur » et d’aider Sánchez à comprendre qu’une coalition est le meilleur moyen d’apporter la stabilité au pays. Cependant, le rôle du roi ne se prête pas nécessairement à cette tâche.

Pedro Sánchez a remporté les élections du 28 avril, mais sans majorité claire. Lui et son parti socialiste refusent toujours de former un gouvernement de coalition avec Unidas Podemos et proposent plutôt un accord programmatique, ce que le parti de gauche a refusé à plusieurs reprises.

La date limite pour parvenir à un accord approche. Le roi Felipe tiendra aujourd’hui et demain des consultations avec tous les partis politiques. D’ici mercredi, on devrait savoir si un candidat à l’investiture bénéficie ou non d’un soutien suffisant avant l’organisation de nouvelles élections. (Euroefe)

ROME

D’un Matteo à l’autre. L’ancien Premier ministre Matteo Renzi envisage de quitter le Parti démocratique (PD) de centre gauche pour créer une nouvelle force centriste sous sa direction. Une telle décision pourrait affaiblir le PD de centre gauche et miner la coalition actuelle au pouvoir avec le Mouvement Cinq étoiles. Le chef du parti, Nicola Zingaretti, s’est opposé à la scission, essayant de convaincre Renzi de changer d’avis.

Pendant ce temps, Matteo Salvini se remet dans la course en tant que chef de la Lega, jurant de revenir bientôt au pouvoir. Lors du rassemblement annuel du parti, les partisans de la Lega semblaient avoir pardonné à Salvini la tactique estivale qui l’a finalement évincé du gouvernement. (Gerardo Fortuna, Euractiv.com)

ATHÈNES

Maux de tête liés à la migration. Le nombre croissant de réfugiés arrivant sur les îles de la mer Égée a incité la Grèce à rechercher des solutions tant au niveau interne qu’au niveau de l’UE. Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a annoncé la semaine dernière une modification des procédures d’évaluation des demandes d’asile, dans le but de réduire le temps nécessaire pour inscrire les réfugiés sur les listes de retour en Turquie. Toutefois, l’accord UE-Turquie reste confronté à de graves problèmes. Le ministre des Affaires étrangères Nikos Dendias se rendra aujourd’hui à Berlin pour s’entretenir avec son homologue allemand, Heiko Maas.

Un porte-parole du gouvernement allemand a déclaré la semaine dernière que Berlin suivait de très près la situation dans les îles grecques et a déclaré que l’augmentation récente de 8 % des arrivées « doit être prise au sérieux ».

Le ministre de la Politique migratoire, Giorgos Koumoutsakos, a déclaré que la Grèce avait soulevé la question auprès de la présidence finlandaise de l’UE et qu’elle serait discutée lors d’un groupe de travail mardi à Bruxelles. (Theodore Karaoulanis, Euractiv Grèce)

SOFIA

Journalistes sous pression. Deux scandales impliquant des journalistes font monter la tension autour de l’élection du nouveau procureur général. Silvia Velikova, journaliste bien connue à la radio, a été invitée à interrompre son travail et à se rendre dans la ville de Stara Zagora pour former de jeunes journalistes. Selon diverses sources, c’est parce  que Velikova critique la manière dont Ivan Geshev est mis en avant en tant que seul candidat pour remplacer le procureur général sortant Sotir Tsatsarov. De même, le photojournaliste Vesselin Borishev, qui travaille pour le magazine ClubZ, a été arrêté pour avoir pris des photos de policiers avant une manifestation contre l’élection de Geshev. Il a été libéré par la suite. (Georgi Gotev, Euractiv.com)

BUCAREST

Les conservateurs prêts à combattre le gouvernement. Le Parti national libéral de centre droit (PNL, PPE) s’est déclaré prêt à gouverner et prépare une motion de censure contre le gouvernement roumain. Le leader du PNL, Ludovic Orban, a déclaré que le parti s’entretiendrait cette semaine avec tous les partis d’opposition. Le PSD (S&D) tente de s’accrocher à son gouvernement minoritaire après le départ de son jeune partenaire de coalition, l’ALDE, le mois dernier, mais le parti socialiste tente de son côté d’attirer des membres d’autres partis, dont l’ADLE, pour constituer une majorité. (Euractiv Roumanie)

 

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