Revue de presse : Barroso essuie une salve de critiques

Les grands titres de la presse
européenne critiquent vivement la façon dont
José Manuel Barroso a géré la crise
actuelle. EURACTIV fournit un aperçu de leurs
réactions.

Dans le quotidien allemand 
Die Zeit

(Germany), Joachim Fritz-Vannahme salue l'issue de
l'épreuve de force engagée entre
José-Manuel Barroso et le Parlement, dans laquelle
il voit le contraire d'une "crise
institutionnelle". Les institutions de l'Union
européenne sortent de cette épisode à la
fois "plus mûres" et "plus
démocratiques", affirme le journaliste de Die
Zeit, qui reproche au président
désigné du futur Collège de
n'avoir pas su comprendre que la Commission avait
besoin de s'appuyer sur le Parlement
pour asseoir sa position vis-à-vis du
Conseil. "Lorsque la Commission se plie de
façon trop servile aux souhaits du Conseil, elle se
réduit purement et simplement à un instrument
bureaucratique", écrit
encore Fritz-Vannahme, qui
conclut : "Barroso a beaucoup perdu en
termes d'image et d'influence, et il ne peut
s'en prendre qu'à lui-même. Le
Portugais pourra se consoler en pensant que, pour lui, la
vie à Bruxelles continue.
Peut-être réalisera-t-il même
qu'au bout du compte, cet épisode sans
précédent marquera une étape
décisive sur la voie de la démocratisation
et de la politisation des institutions
européennes".  

En France, le correspondant de 
Libération

à Bruxelles, Jean Quatremer, estime
que Barroso a fait trois erreurs : "Jouant
les petits –et nouveaux– Etats membres contre
le couple franco-allemand, les capitales contre les
députés, et le Vatican contre leslibéraux,
le Président élu de la Commission a perdu trois
fois".

Wolfgang Munchau, éditorialiste au 
Financial Times

, livre un avis encore plus tranché
au sujet du président désigné de
la future Commission


: "M. Barroso s'est lui-même placé
dans cette embarrassante situation par
un mélange d'arrogance,
d'incompétence et d'erreurs d'analyse
sur le fonctionnement de l'Europe politique. Jamais
dans l'histoire de l'UE un nouveau
président de la Commission n'avait perdu tant
de crédibilité en si peu de temps. Dire
qu'il n'est même pas encore entré en
fonctions..."

Le journaliste de la 
BBC

Angus Roxburgh préfère insister sur la
victoire du Parlement. "Il faut remonter à
1998, et à son rôle dans la chute de la
Commission Santer, pour retrouver le Parlement dans
une telle position de force", écrit
Roxburgh.   

Le 
Telegraph

, quotidien eurosceptique britannique, prend acte de
la montée en puissance du Parlement, tout
en mettant en garde contre certains penchants de la
sphère politique européenne : "L' EU
adopte progressivement le style d'un Etat, un Etat
dont les valeurs tendent à aller dans le sens du
politiquement correct et d'une sensibilité de
gauche". Selon le Telegraph on assiste à
l'émergence d'une nouvelle classe politique
européenne, coupée des citoyens
ordinaires et avide de pouvoir et d'honneurs. Et
le quotidien britannique de conclure : "le paradoxe
des événements d'hier, c'est qu'ils
constituent une grande victoire pour le Parlement
européen, mais certainement pas pour la
démocratie". 

Fabrizio Coisson souligne dans le magasine
italien 
Panorama 

que "l'absence de garanties
institutionnelles a été mise en lumière
juste avant la signature de la nouvelle Constitution
européenne à Rome", et que le temps risque
de s'avérer un peu court pour rectifier cet
état de fait. 

Le vote sur le nouveau collège des
Commissaires, initialement prévu pour le 27 octobre,
vient d'être reporté à une date
ultérieure, sur fond de craintes d'un rejet de
l'équipe Barroso par le Parlement européen
(voir EURACTIV 
27 octobre 2004

). Voici un échantillon des réactions
enregistrées dans la presse
européenne.

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