La cohésion, instrument de lutte contre l’euroscepticisme

Viorica Dăncilă [European Union / John Thys]

La coopération entre institutions, autorités locales et régionales est la clé de la lutte contre l’euroscepticisme, a assuré la Première ministre roumaine, Viorica Dăncilă au Comité des régions.

« À l’époque à laquelle nous vivons, nous devons coordonner nos efforts pour montrer aux citoyens européens les nombreux bénéfices de l’Union européenne dans leur vie quotidienne », a estimé Viorica Dăncilă, Première ministre roumaine, à la présidence tournante de l’UE, lors d’une rencontre avec le Comité des régions, le 6 février.

Alors que les inquiétudes des citoyens vis-à-vis de l’UE s’intensifient, « nous devons leur montrer, ensemble et dès maintenant, que l’Union est toujours capable d’avancer et de produire des résultats concrets dans leur vie », a-t-elle insisté.

Pour elle, on pourra lutter contre l’euroscepticisme qu’en rendant l’Europe plus participative et démocratique. « Les communautés et autorités locales et régionales ont un rôle important à jouer là-dedans. »

« Les politiques européennes doivent être aussi proches que possible des citoyens », afin d’empêcher les forces antidémocratiques d’être les grandes gagnantes des élections de mai, a-t-elle poursuivi. « C’est la voie que nous devons prendre si nous voulons l’emporter face à ceux qui ne veulent pas obéir aux règles de la démocratie. »

Rapprocher l’UE de ses citoyens permettra de fait une meilleure décentralisation du processus décisionnel, estime la Première ministre. Il faut donc établir « un lien réel entre les autorités locales et régionales et les institutions de l’UE ».

« Votre présence aujourd’hui montre que les capitales sont de plus en plus conscientes de la nécessité de collaborer », lui a répondu le président du Comité des régions, Karl-Heinz Lambertz. « Les villes et régions doivent à présent être entendues. »

Le Brexit est l’une des manifestations les plus évidentes de la montée de l’euroscepticisme. La date fatidique approche, et les Européens doivent s’y préparer, assure Viorica Dăncilă, « nous devons baliser notre avenir ensemble ».

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Le grand public reste peu informé sur les résultats sociaux de la politique de cohésion. Décideurs politiques et organisations de l’ensemble des régions européennes ne parviennent pas non plus à atteindre les communautés locales.

Une priorité

La présidence roumaine de l’UE a toujours mis le sujet en avant. Sa devise est : « Cohésion, une valeur européenne », « ce qui illustre l’importance de revenir aux fondamentaux européens en s’appuyant sur la cohésion », insiste Viorica Dăncilă.

La réduction de l’écart de développement entre les régions est l’une des priorités absolues de la présidence. Le choix de défendre la politique de cohésion, l’instrument de convergence économique le plus localisé, a été salué avec enthousiasme par le Comité des régions.

« L’avenir de la politique de cohésion a une place importante dans notre programme. Sans cela, les écarts entre localités et régions seraient encore plus grands », a poursuivi la Première ministre. L’UE « a besoin d’une politique de cohésion forte, pour en faire sa principale stratégie d’investissement ».

Karl-Heinz Lambertz est d’accord : « il n’est pas possible d’avoir une vraie Union européenne sans une politique de cohésion solide ».

« La politique de cohésion et la Politique agricole commune sont les politiques qui cimentent l’UE », mais il faut donc leur allouer suffisamment de fonds « pour permettre la cohésion de créer des ponts entre l’est et l’ouest, le nord et le sud » parce que « nous ne pouvons nier que l’Europe est divisée », admet Viorica Dăncilă.

« Je suis contente de voir que le Comité des régions partage cette opinion », a-t-elle poursuivi. « Dans les projets de cohésion, il faut non seulement un ami, mais surtout un partenaire. »

Afin d’assurer les financements nécessaires, la présidence roumaine tentera de parvenir à un accord sur le budget à long terme de l’UE d’ici l’automne 2019. « La Roumanie est prête à assurer que les négociations continuent à bon rythme » et qu’il ne manque pas d’options réalistes et équilibrées. « Nous serons un facilitateur impartial de consensus. »

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État de droit

La Roumanie a pris la présidence de l’UE au moment même où l’état de droit et la situation de la justice dans le pays étaient sous le feu des projecteurs. En novembre, le Parlement a averti que les réformes prévues « risquaient d’affaiblir la séparation des pouvoirs et la lutte contre la corruption ».

La question a été soulevée durant le débat du 6 février au Comité des régions. Guido Wolf (PPE) a d’ailleurs rappelé à la Première ministre que l’indépendance du système judiciaire était nécessaire au fonctionnement démocratique et a défendu l’état de droit.

« Je répète ce que j’ai déjà dit : en Roumanie, l’état de droit existe », a-t-elle répondu, assurant que la lutte pour les droits des citoyens et contre la corruption était une de ses priorités.

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