L’opposition vénézuélienne reçoit le prix Sakharov

L’épouse du leader de l’opposition vénézuélienne emprisonné a dénoncé lors de sa visite au Parlement européen la dictature du président de gauche, qui selon elle emprisonne tout le pays.

Patricia Gutierrez, qui a reçu le prix Sakharov décerné par le Parlement européen au nom de son mari le 13 décembre, a reconnu que l’opposition pro-américaine au Venezuela avait ses propres extrémistes et était impliquée dans plusieurs incidents épouvantables.

Son mari, Daniel Ceballos est emprisonné par le gouvernement de Nicolás Maduro depuis près de quatre ans. Selon elle, son jugement n’a été précédé d’aucun procès et n’est justifié par aucune preuve. Elle dénonce également la torture dont son mari est  victime de tortures en prison.

Daniel Ceballos, ancien maire de San Cristobal, est une personnalité clé de l’opposition au Venezuela, pays qui renferme les plus grandes réserves de pétrole du monde et qui est dirigé depuis 20 ans par des dirigeants de gauche anti-américains.

« Dans l’ensemble, le peuple vénézuélien aussi est emprisonné. Les gens manquent de médicaments et de produits de première nécessité. Ils sont persécutés et chassés par la dictature Maduro. Quiconque se bat pour la liberté au Venezuela est persécuté », a déclaré Patricia Gutierrez aux eurodéputés à Strasbourg.

Selon elle, le gouvernement Maduro viole les droits de l’Homme et le pays se trouve dans une grave crise humanitaire. Elle fait le constat suivant : 400 000 enfants se trouvent au bord de la famine, 3 millions de Vénézuéliens ont fui le pays et plus de 400 opposants politiques ont été écroués.

« D’autres milliers ont été blessés par des gaz lacrymogènes ou des armes et des millions de personnes manquent de médicaments de base », a-t-elle regretté.

L’opposition a aussi ses extrémistes

En juillet dernier, deux partisans de Nicolás Maduro ont gravement été battus par des défenseurs de l’opposition, puis brûlés vivants.

« Tout mouvement comme le nôtre aura forcément une ligne dure en son sein. Nous avons certaines positions radicales, mais nous avons toujours protesté dans le cadre de la Constitution », assure-t-elle. Elle reconnaît toutefois que des incidents ont eu lieu, mais que la plupart des manifestations sont pacifistes, comme des sittings au milieu de la rue.

« Je ne veux pas que mon mouvement soit connu seulement à cause de quelques incidents isolés. Nous regrettons profondément les événements violents qui ont eu lieu au Venezuela. Quelle que soit leur origine. Le gouvernement utilise l’armée et la police pour réprimer la population. »

Élections

Interrogée sur la décision de l’opposition de s’abstenir lors de récentes élections locales, Patricia Gutierrez répond que les conditions étaient injustes.

« Certains diront que s’il y a des élections, il y a démocratie. C’est vrai que les élections sont un élément clé des démocraties du monde entier, mais le régime de Nicolás Maduro n’est pas démocratique », a-t-elle commenté.

Elle assure que les autorités responsables d’organiser les élections n’ont pas fait preuve d’impartialité et n’ont pas su garantir que la véritable volonté du peuple soit entendue. Patricia Gutierrez a donc demandé aux observateurs internationaux américains et européens de surveiller la situation.

Le Parlement ne reconnaîtra pas les élections au Venezuela, affirme Tajani

Antonio Tajani, le président du Parlement européen, assure que l’institution ne reconnaîtra pas le résultat des élections au Venezuela et qualifie le vote de « triste jour pour la démocratie ».

Soutien américain seulement politique

En ce qui concerne les relations de l’opposition avec le gouvernement américain, elle a expliqué : « tout ce que nous avons de Donald Trump c’est son soutien politique. Il s’est exprimé contre Nicolás Maduro et a demandé la libération des prisonniers politiques ».

Le régime de Maduro prétend souvent, à tort estime-t-elle, que l’opposition est financée par les partis américains de droite, notamment par les républicains, le parti du président.

« C’est ça le populisme : créer un ennemi étranger pour diviser en interne la société vénézuélienne. Or, nous n’avons aucun autre soutien que politique de la part des États-Unis. »

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