Marine Le Pen et Matteo Salvini poussent Giorgia Meloni à se positionner sur Ursula von der Leyen

Le chef du parti italien Lega, Matteo Salvini (G), et la présidente du Rassemblement national français, Marine Le Pen (D), se donnent la main lors du traditionnel rassemblement du parti Lega (Ligue) à Pontida (Bergame), dans le nord de l'Italie, le 17 septembre 2023. [EPA-EFE/MICHELE MARAVIGLIA]

Le leader de la Lega et vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini, et la dirigeante du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, ont confirmé samedi (23 mars) qu’ils ne soutiendraient pas la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen pour un second mandat, enjoignant le Première ministre italienne, Giorgia Meloni, à faire de même.

Lors de la convention « Winds of Change » organisée par le groupe européen auquel appartiennent la Lega et le RN, Identité et démocratie (ID), à Rome samedi, Mme Le Pen a tenté d’acculer Mme Meloni.

« J’ai une vraie question […] une vraie question à la Première ministre des italiens : […] Mme la Première ministre, allez-vous, oui ou non, soutenir un second mandat de Mme von der Leyen ? » à la tête de la Commission européenne, presse l’élue française, narquoise, dans un message vidéo diffusé lors de l’évènement.

Selon Mme Le Pen, Mme Meloni va soutenir Mme von der Leyen. « Vous devez la vérité aux italiens. Vous devez dire ce que vous allez faire », l’enjoint-elle.

Dans son message, la dirigeante française a également déclaré que M. Salvini était le seul candidat de droite en Italie à s’opposer à Mme von der Leyen.

Ensemble, Mme Le Pen et M. Salvini ont ainsi déclaré qu’ils feront tout pour empêcher Mme von der Leyen, issue des rangs du groupe européen Parti populaire européen (PPE), d’effectuer un second mandat à la tête de la Commission.

« les électeurs qui ont choisi la Lega ne choisiront jamais un second mandat avec M. von der Leyen et les socialistes », a déclaré en ce sens M. Salvini, depuis la tribune romaine.

Invité d’honneur du congrès, le leader du parti portugais d’extrême-droite Chega, André Ventura, a également soutenu M. Salvini.

« Les journalistes m’ont demandé si nous allions soutenir Giorgia Meloni. Mais pourquoi devrions-nous le faire ? Le seul homme politique qui défend toutes les nations d’Europe est [Matteo] Salvini », a déclaré M. Ventura.

Le chef de La lega prévient tout de même que le gouvernement qu’il forme actuellement avec Mme Meloni et son parti Fratelli d’Italia tiendra le coup. « Le gouvernement [de coalition italien] continuera jusqu’en 2027 ». Seulement selon lui, « entre amis, il peut y avoir des points de vue différents ».

L’avenir d’ID

Si le RN devait prendre la tête du groupe ID — comme les sondages le laissent entrevoir — ou d’un groupe nationaliste de plus grande envergure, précisait Mme Le Pen mi-février sur LCI, à la suite des élections européennes, l’une des conditions clés de l’unité serait un rejet strict des politiques de Mme von der Leyen et de sa tentative d’être reconduite à la tête de la Commission.

« Nous n’allons pas nous mentir, nous regardons avec beaucoup d’attention l’évolution du CRE [groupe des Conservateurs et réformistes européens] sur la soutien à Mme von der Leyen, parce que cela va être un élément très très clivant qui va mettre de l’ordre dans le paysage politique de l’UE », a déclaré à Euractiv l’eurodéputée RN et présidente de la Fondation ID, Mathilde Androuët. 

En d’autres termes, le RN sera très attentif à la position des partis du groupe CRE sur Mme von der Leyen, et en particulier la position de Fratelli d’Italia, leader du groupe.

Au sein même du CRE, la question du soutien à Mme von der Leyen pourrait être décisive. En France, le nouveau parti membre du groupe, Reconquête!, a confirmé qu’il ne soutiendrait pas la candidature de Mme von der Leyen.

« Avec notre groupe CRE, composé de 17 nationalités et 4 gouvernements, nous pouvons battre le groupe de Macron et renverser la majorité de centre-gauche de von der Leyen », a déclaré la tête de liste de Reconquête! pour les élections européennes, Marion Maréchal.

C’est aussi le cas de la délégation française du PPE menée par François-Xavier Bellamy.

« La réalité symbolique est que les représentants au PPE du deuxième pays le plus important de l’UE, à savoir la France, refusent de soutenir Mme von der Leyen, bien qu’elle soit aussi issue des rangs du PPE », a analysé Mme Androuët.

En somme, l’ensemble de la droite française s’oppose à une nouvelle présidence de la Commission européenne par Mme von der Leyen. Quid en Italie ?

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