Affaibli par sa défaite électorale du week-end dernier (24-25 octobre), le gouvernement tchèque rescapé, conduit par le président eurosceptique Vaclav Klaus, a accusé la France de vouloir « siphonner » la présidence tchèque de l’UE.
Quelques jours après avoir survécu à un vote de défiance au Parlement, la coalition tchèque actuellement au pouvoir, conduite par le Parti démocrate civique du Premier ministre Mirek Topolanek, a essuyé un revers le week-end dernier, perdant la majorité au Sénat.
Un tiers des 81 sièges du Sénat sont renouvelés tous les deux ans en République tchèque. Le parti de M. Tololanek n’a remporté que trois des 26 sièges, ce qui signifie que le Parti démocrate civique dispose encore de 35 sièges, mais qu’il a perdu la majorité de 41. L’opposition socio-démocrate tchèque a maintenant 29 sièges, contre 6 avant le scrutin.
Le gouvernement de M. Topolanek, qui est composé du Parti démocrate civique (ODS) dont il est co-fondateur, des Chrétiens démocrates (KDU-CSL) et des Verts (SZ), ne détient pas la majorité au Parlement et compte ainsi sur une dizaine de députés indépendants.
Le président Vaclav Klaus a attaqué le Premier ministre pour « l’arrogance » de son gouvernement. Il a également laissé entendre qu’il pourrait être remplacé, en comparant les développements politiques à la situation du club de football Sparta Prague, qui a changé d’entraîneur après une série de défaites.
M. Klaus a également invectivé le président Nicolas Sarkozy, qui serait déterminé à « siphonner » la présidence tchèque de l’UE, la République tchèque devant succéder à la France le 1er janvier 2009. Dans le vocabulaire politique tchèque, le terme « siphonner » fait référence à la diminution des ressources nationales au début des années 1990 après la chute du communisme.
Mais M. Klaus a ajouté que pour un petit pays, la présidence de l’UE est de moindre importance. Selon lui, les grandes décisions sont prises par la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie, « ceux qui ont écrit les accords de Munich» qui ont permis à Hitler d’annexer une partie de la Tchécoslovaquie en 1938, a-t-il ajouté.
« Cela me rend fou quand j’entends qu’ils [le gouvernement du Premier ministre Mirek Topolanek] veulent ratifier le Traité de Lisbonne et le plan climat », a déclaré M. Klaus à la télévision nationale. M. Klaus est un opposant avéré à l’opinion selon laquelle le changement climatique résulte de l’activité humaine.
Selon la presse tchèque, le poste de Premier ministre de M. Topolanek est menacé et le pays pourrait se voir contraint à organiser des élections anticipées en même temps que les élections européennes de juin 2009. L’avenir de la ratification du traité de Lisbonne est également sujet à l’incertitude. Le 10 novembre, la Cour constitutionnelle fera part de son point de vue suite à son audition devant le Sénat à propos de la conformité du traité avec la Constitution tchèque.

