D’après le Premier ministre slovène, l’UE doit élaborer des tactiques pour aborder les enjeux stratégiques. Comment ? En mettant l’accent sur son pouvoir d’attraction et de coercition dans le but de marquer sa place à l’échelle régionale et mondiale.
Pendant des années, le bloc a dû surmonter les conséquences de son inaction sur le plan stratégique. Désormais, il est temps pour l’UE de « se reconcentrer sur les tactiques pour aborder les enjeux stratégiques », a déclaré Janez Janša lorsqu’il a présenté l’agenda de la présidence slovène au Conseil de l’UE aux députés lundi (5 juillet).
À ses yeux, l’objectif de Ljubljana pour la Conférence sur l’avenir de l’Europe consiste à échanger des points de vue au sujet de l’ouverture de la politique étrangère et de la sécurité. Il s’agit là de points essentiels à éclaircir si « l’UE veut devenir l’acteur principal régional en Europe, en Méditerranée et chez ses voisins, où son rôle est actuellement remis en cause de façon considérable. Et plus particulièrement, si l’Europe souhaite marquer sa place à l’échelle mondiale ».
Mentionnant le fait que l’Europe s’affaiblit sur le plan démographique tandis que le taux de natalité monte en flèche en Afrique subsaharienne, le représentant slovène a déclaré que l’Europe « était confrontée à un dilemme très simple : aider ces nations à créer un système où les populations africaines ont des perspectives […] ou construire des murs et des barrières maritimes dans la Méditerranée, car ces peuples chercheront un meilleur avenir ».
« L’UE doit s’entretenir à ce propos et se rendre compte du fait que son pouvoir de séduction (soft power) à lui seul ne suffit pas », a-t-il ajouté.
Pour M. Janša, les discussions sur la nécessité de former une armée européenne et les débats sur le pouvoir de coercition (hard power) du bloc sont en cours depuis trop longtemps.
« Il s’avère que la souffrance et la pauvreté se répandront si l’UE ne parvient pas à allier son soft et hard power, notamment en Afrique. Si l’UE ne réfléchit qu’à moitié aux solutions à apporter, comme ce fut le cas en Libye, et ne garantit pas la sécurité des habitants afin qu’ils puissent décider de leur avenir de façon démocratique, alors nous faisons plus de mal que de bien », a conclu le Premier ministre.



