Un socialiste espagnol reconnait les erreurs politiques de son groupe

Enrique Guerrero [European Parliament]

Vice-président des sociaux-démocrates au Parlement européen, Enrique Guerrero estime que  son groupe a commis des « erreurs politiques » qui expliquent le recul électoral de ses forces, mais aussi l’essor du populisme. Un article d’EURACTIV Espagne.

« Les sujets qui inquiètent les citoyens se superposent aux sujets qui les intéressent, et il est beaucoup plus facile de construire une rhétorique et une hégémonie politique sur la peur que sur l’intérêt de la vie quotidienne », a assuré l’eurodéputé valencien, en marge d’une réunion des sociaux-démocrates européens à Prague.

Dans une interview accordée à l’agence EFE, Enrique Guerrero a fait référence à la position du dénommé « Groupe de Visegrád» (V4), constitué de la Pologne, de la République tchèque, de la Hongrie et de Slovaquie. Ce groupement d’anciens pays communistes « fonctionne exclusivement sur deux thématiques qui inquiètent les citoyens : l’immigration et la sécurité », a-t-il assuré. « Le groupe de Visegrád est presque un bouclier face à l’arrivée des réfugiés. »

Enrique Guerrero a estimé qu’il s’agissait d’un « contexte très négatif pour les socialistes » et reconnu que ces derniers avaient eu tort de mener des « politiques semblables aux politiques libérales menées à la fin du siècle dernier et au début de celui-ci ».

À cause de la délocalisation d’entreprises et des changements dans les contrats de travail, los socialistes n’ont pas su montrer, selon lui, qu’ils « essayaient de protéger la base électorale face aux changements sociaux qui s’opéraient ».

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Par conséquent, « dans de nombreux pays, les classes ouvrières traditionnelles se tournent aujourd’hui vers les partis populistes, qui séduisent sur des mensonges, car ils offrent des solutions sur une base nationale, ce qui n’est pas possible ».

Le groupe S&D, qui a 189 eurodéputés sur un total de 750, soutient que les droits sociaux ont la même valeur que les libertés économiques au sein de l’UE.

Ses membres « veulent éviter qu’une approche purement économique fasse l’impasse sur les droits sociaux, comme le droit à la négociation collective et ils soutiennent la syndication des travailleurs et un salaire égal pour le même travail dans la même entreprise », a précisé Enrique Guerrero.

En ce qui concerne l’essor du populisme, l’Espagnol a regretté que ces forces soient présentes dans tous les pays de l’UE, que dans certains pays, elles fassent partie du gouvernement et qu’elles tentent même les socialistes.

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Selon lui, si la Hongrie et la Pologne devaient entrer dans l’UE aujourd’hui, ils respecteraient difficilement les prérequis démocratiques. Cela s’explique par les résultats de leurs réformes ou tentatives de réforme constitutionnelle en matière d’équilibre et de séparation des pouvoirs et d’immigration.

Selon le député espagnol, le populisme européen va de pair avec un sentiment antieuropéen et avec la proposition de sortir de l’UE.

Dans la déclaration finale du 3 décembre, le Conseil du Parti socialiste européen (PSE) parie au contraire sur un « maintien du projet européen, pour ne pas mettre en péril sa survie, avec des solutions européennes et non nationales à des problèmes économiques et sociaux européens », a conclu Enrique Guerrero.

 

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