La plupart des difficultés concernant le nouveau traité modificatif étant résolues, le présidence portugaise a décidé de porter l’attention des dirigeants européens sur le débat général concernant la mondialisation lors du sommet informel. Parallèlement, d’après un nouveau sondage, les citoyens des cinq plus grands Etats membres sont favorables à un référendum sur le nouveau texte.
Les chefs d’Etat et de gouvernement se réunissent à Lisbonne les 18 et 19 octobre pour approuver le projet de traité modificatif qui adaptera les institutions européennes après l’adhésion de douze nouveaux membres au cours des trois dernières années.
Mais peu de choses restant à discuter, le Premier ministre portugais, José Socrates, a décidé de porter l’attention des dirigeants européens sur d’autres sujets : la crise actuelle sur les marchés financiers et les préparatifs de la conférence de l’ONU sur le changement climatique à Bali à la fin de l’année.
M. Socrates a en effet déclaré que ces sujets sont importants et il espère un débat fructueux. Il est conscient que cet ordre du jour est ambitieux et qu’il dispose de peu de temps, notamment car sa principale priorité sera d’assurer l’accord sur le futur traité.
- Derniers obstacles sur le chemin du « traité de Lisbonne »
Avant le sommet, le président de la Commission José Manuel Barroso a exhorté les dirigeants européens à parvenir à un accord. Il a déclaré aux journalistes le 17 octobre que l’Europe a passé six ans à discuter de l’architecture institutionnelle. Il est temps d’avancer.
Cependant, il a averti que le traité n’est pas encore acquis. Il comprend la nécessité de régler certains points, mais ne veut pas d’une bataille de Lisbonne. Pour lui, tout le monde a la possibilité de quitter Lisbonne en vainqueur.
La dernière question politique ouverte concerne l’insistance de la Pologne d’inclure le compromis de Ioannina dans le texte du traité, permettant de reporter les décisions clés. Pourtant, aucun des 26 autres Etats membres ne soutient l’exigence polonaise. Au Parlement, certains suggèrent d’ajouter le compromis de Ioannina dans un document séparé, sous forme d’un protocole. Un tel document aurait le même statut juridique, mais pourrait être amendé ou abandonné ultérieurement par les Etats membres sans avoir à passer par la lourde procédure d’une modification du traité.
Quant à la tentative de dernière minute de l’Autriche d’inclure une clause permettant de limiter le nombre d’étudiants étrangers dans ses universités, M. Barroso a déclaré que la Commission était prête à parvenir à une solution, mais a rejeté la demande de l’Autriche d’introduire la question dans le traité modificatif, la qualifiant d’inacceptable.
De même, il a insisté sur le fait que la demande de la Bulgarie sur l’orthographe de l’euro ne devrait pas être abordée lors des négociations du traité.
Parallèlement, l’Italie s’oppose toujours à l’introduction de la nouvelle distribution des sièges proposée par le Parlement dans le texte du nouveau traité. Pour l’eurodéputé libéral Andrew Duff, il pourrait s’agir de la question la plus importante à résoudre.
Mais la Commission et la présidence portugaise sont toutes deux confiantes sur le fait que les Etats membres fondateurs ne vont pas saboter un accord sur le traité modificatif sur cette question. De plus, M. Barroso a fait remarquer que le nouveau traité européen pouvait également être approuvé sans spécifier le nombre exact d’eurodéputés pour chaque pays.

