Le gouvernement espagnol envisage de gracier les séparatistes catalans emprisonnés

« Il y a un temps pour la punition et un temps pour la concorde », a indiqué le Premier ministre, invitant le plus grand parti de l’opposition, le Parti populaire (PP) de centre droit, à lui emboîter le pas. [EFE/ Emilio Naranjo]

Le gouvernement espagnol envisage de gracier les douze séparatistes catalans condamnés en 2017 pour leur rôle dans la tenue du référendum sur l’indépendance de la région, a confirmé le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. Un article d’Euroefe.

S’adressant au Parlement espagnol mercredi (26 mai), M. Sánchez a déclaré que l’exécutif déciderait de gracier ou non les politiques séparatistes catalans « au profit de la coexistence parmi les Espagnols », et ce « peu importe le nombre de sièges » qui soutiennent son gouvernement à Madrid.

« Il y a un temps pour la punition et un temps pour la concorde », a indiqué le Premier ministre, invitant le plus grand parti de l’opposition, le Parti populaire (PP) de centre droit, à lui emboîter le pas.

Les propos du leader espagnol font suite aux réserves émises par la Cour suprême espagnole concernant la possibilité de gracier les leaders indépendantistes condamnés en 2019 pour sédition, malversation de fonds publics et désobéissance. Néanmoins, la décision de la Cour n’est pas contraignante pour le gouvernement.

La situation politique dans la région du nord-est de la Catalogne influence grandement la stabilité politique du reste de l’Espagne, car le gouvernement minoritaire du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) avec l’alliance de gauche Unidas Podemos repose sur le soutien des séparatistes de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) – désormais à la tête du gouvernement régional catalan.

La paix, et non la revanche

Toutefois, le leader du PP Pablo Casado a signalé que toute grâce de la part du gouvernement ferait l’objet d’une saisine de la Cour suprême par son parti. Le cas échéant, la législature toucherait alors à sa fin, a-t-il ajouté.

« Accorderez-vous la grâce à ceux condamnés pour sédition, oui ou non ? […] Préférez-vous mettre en péril la continuité [du cadre constitutionnel] de l’Espagne pour rester au pouvoir ? », a demandé M. Casado au Premier ministre.

En réponse, ce dernier a indiqué qu’il cherchait « la paix » et non « la revanche ».

Après cinq mois de négociations âpres, les partis pro-indépendance en Catalogne ont annoncé le 17 mai la formation d’une nouvelle coalition gouvernementale. L’accord a été scellé entre l’ERC et Junts per Catalunya (JxCat, Ensemble pour la Catalogne), avec le soutien de la Candidatura de Unidad Popular (CUP), parti d’extrême gauche et indépendantiste.

L’entrée en fonction du nouveau président Pere Aragonès (ERC) et de ses 14 ministres régionaux s’est faite mercredi (26 mai).

Catalogne : les partis indépendantistes parviennent à un accord et évitent de nouvelles élections

Après cinq mois d’âpres négociations, les partis indépendantistes catalans ont annoncé lundi (17 mai) avoir trouvé un accord pour former un gouvernement de coalition en Catalogne et éviter une répétition des élections de février dernier.

 « Prisonniers politiques »

M. Aragonès et les trois partis de la coalition gouvernementale avaient précédemment fait part de leur volonté de progresser vers l’objectif commun d’indépendance en œuvrant à la création d’une République de la Catalogne.

Si l’exécutif à Madrid a exprimé des inquiétudes face au nouveau gouvernement catalan, il a tout de même souligné son engagement d’entamer les négociations.

Aux yeux des leaders catalans, l’initiative formulée par Pedro Sánchez constitue un pas dans la bonne direction. Cependant, ils appellent les autorités à prendre des décisions fermes afin de soulager « la souffrance » des « prisonniers politiques ».

Les « lignes rouges » non négociables établies par le gouvernement catalan rassemblent le droit à l’autodétermination pour la Catalogne et la grâce pour les douze politiques séparatistes.

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