Le sort de Viktor Orban agite de nouveau le PPE

Viktor Orbán et Angela Merkel [EPA-EFE/ANGELIKA WARMUTH]

Alexander Stubb s’est attaqué aux « factions illibérales » au sein de son parti (PPE), visant le Fidesz d’Orbán. Le dirigeant hongrois a campé sur ses position lors du pré-sommet à Bruxelles.

Dans son discours de lancement de campagne à Bruxelles, Alexander Stubb a rappelé que le Parti populaire européen était « pro-européen » et qu’en tant que tel, il devrait s’élever contre l’illibéralisme dans la société.

Interrogé sur les mesures que pourrait prendre le PPE pour régler le problème du programme du Fidesz,  le parti au pouvoir en Hongrie taxé d’autoritarisme, le candidat à l’investiture du PPE pour la présidence de la Commission européenne Alexander Stubb a déclaré qu’il avait une « tolérance zéro » envers le rejet de ce qu’il nomme « les valeurs du PPE ».

Le Fidesz est accusé d’attaques à l’encontre des médias, de harcèlement des ONG et d’une approche brutale du sujet migratoire, ce qui a mené à un débat au Parlement européen pour savoir si le gouvernement hongrois violait ou non le droit européen. À l’issue de ce vote, les eurodéputés ont décidé de lancer la procédure punitive en vertu de l’article 7.

L’ancien Premier ministre de la Finlande, propose deux manières de gérer le dossier Fidesz.

Si le parti continue de violer le droit européen, il suggère de suspendre son adhésion au PPE. La deuxième option est que le PPE demande au Fidesz de faire une déclaration officielle sur son engagement aux valeurs du parti.

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Suspendre ou ne pas suspendre ?

La question a été discutée en détail lors du pré-sommet du PPE, qui a rassemblé des chefs d’État membres du PPE de tout le continent comme Angela Merkel et Viktor Orbán, ainsi que les présidents du Conseil et du Parlement européen, Donald Tusk et Antonio Tajani.

« J’ai toujours été ami avec Viktor Orbán et je l’ai toujours défendu », a affirmé le président du PPE, Joseph Daul, en conférence de presse. « Mais je dois aussi défendre les droits de l’Homme, la liberté, la démocratie et l’état de droit, qui sont des valeurs sacrées de notre parti », a-t-il ajouté.

La plénière du PPE a voté une résolution sur le respect de ces valeurs, mais aucune demande de suspension de l’adhésion du Fidesz n’a été faite auprès du secrétariat, et rien n’indique que cela pourrait arriver.

Pour expulser ou suspendre le parti de Viktor Orbán du PPE, une réclamation officielle doit être déposée par au moins sept partis nationaux provenant d’au moins cinq pays.

« Il y a des sujets plus importants que la suspension du Fidesz à traiter, comme le Brexit, l’immigration, et le prochain budget de l’UE par exemple », a déclaré Antonio Tajani à son entrée au sommet du PPE.

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Lors du pré-sommet, Viktor Orbán a quant à lui dit vouloir rester dans la famille du Parti populaire européen mais sans rien changer et que si quelqu’un ne le voulait pas dans le groupe, il pouvait réclamer sa suspension.

« La majorité des membres du PPE veulent trouver une solution qui unisse plutôt qu’une solution qui divise », a déclaré une source du groupe politique, qui rappelle que le PPE a toujours résolu les problèmes grâce au dialogue.

Dans la foulée, le dirigeant hongrois Viktor Orban, a annoncé son soutien au candidat allemand, Manfred Weber, qui brigue la présidence de la prochaine Commission européenne face à Alexander Stubb.

Candidat PPE

Le PPE devrait choisir son candidat à la présidence de la Commission lors du sommet du parti à Helsinki début novembre.

«[Alexander Stubb et Manfred Weber] représentent une nouvelle génération politique qui apportera une nouvelle vision de l’Europe », a déclaré Joseph Daul, président du PPE.

Le PPE a encore une fois confirmé son engagement à suivre le processus de Spitzenkandidaten pour élire son candidat à la tête de la Commission européenne.

« Nous en sommes les pionniers et nous voulons maintenir ce système », a déclaré le secrétaire général du PPE, Antonio López-Istúriz.

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