Le débat Weber-Stubb se déroule sans étincelles

epa0714148794 L'eurodéputé allemand Manfred Weber (à gauche) et l'ancien Premier ministre finlandais Alexander Stubb (à droite) en débat lors du 23e Congrès du Parti populaire (PPE) 2018 à Helsinki, Finlande, le 7 novembre 2018. Les partis conservateurs européens de centre-droit se réunissent à Helsinki, en Finlande, pour élire le candidat principal pour les prochaines élections européennes qui auront lieu du 23 au 26 mai 2019. Les meilleurs candidats sont l'eurodéputé allemand Manfred Weber et l'ancien Premier ministre finlandais Alexander Stubb. EPA-EFE/KIMMO BRANDT [EPA-EFE/KIMMO BRANDT]

Les deux Spitzenkandidaten potentiels du PPE ont débattu  sans passion devant les membres de leur groupe, qui doivent les départager lors d’un vote le 8 novembre.

« Je trouve que ça a été un bon débat, même si c’était plus comme une discussion au coin du feu. J’étais très à l’aise et j’espère que Manfred l’était aussi », a déclaré Alexander Stubb, ancien Premier ministre finlandais, à Euractiv après un débat sans éclat qui l’a opposé à Manfred Weber, le 7 novembre, lors de la conférence du PPE, à Helsinki.

Au coin du feu, personne ne s’est brûlé : la confrontation ne s’est jamais intensifiée et les deux rivaux se sont même fait des compliments.

Immédiatement après le débat, Manfred Weber a estimé que le PPE était disposé à tenir un débat démocratique sur l’avenir de l’Europe.

« Nous le faisons en interne : le PPE donne un exemple positif », a-t-il assuré, ajoutant que l’Europe doit tirer davantage parti de la machine bruxelloise et discuter de la manière d’impliquer davantage les citoyens. « Les gens nous regardent, les gens nous observent et il y a un intérêt croissant pour l’UE. »

L’absence d’une confrontation animée lors de ce débat, le seul de la campagne, a déçu. Les deux hommes, qui défendent des programmes politiques très différents, ont des opinions divergentes sur un certain nombre de questions essentielles, qu’il aurait été bienvenu de comparer.

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L’ex Premier ministre finlandais, Alexander Stubb veut défendre les valeurs européennes au sein de la droite. Une position qui risque de scinder un peu plus le Parti populaire européen.

 

Affrontements évités

Animé par la vice-présidente irlandaise du PPE, Mairead McGuiness, le débat a cependant eu l’avantage de mettre en évidence des points de vue différents sur la manière de faire face au populisme.

« De l’intérieur, la question clé est de savoir comment répondre au populisme et à l’extrémisme en Europe. Pour moi, la réponse est de reconnecter les gens, de se pencher sur leurs inquiétudes », a défendu Manfred Weber.

« Beaucoup de gens parlent de l’émergence du populisme. Je suis d’accord, mais nous ne devrions pas blâmer les gens d’avoir voté pour les populistes », a pour sa part jugé Alexander Stubb, qui rejette la faute sur les personnalités politiques, et non les citoyens. « Nous devrions nous regarder dans le miroir et nous demander ce que nous avons fait de mal en 2008 et en 2015. »

Le Finlandais s’est montré fidèle à son programme libéral, qui inclut des principes tels que « prendre l’initiative d’établir des règles internationales sur l’intelligence artificielle et la robotisation qui définiront le monde » dans quelques années.

À l’inverse, Manfred Weber s’est inquiété de l’impact social des développements technologiques. « Nous devons donner une réponse aux personnes qui se sentent menacées par les pertes d’emplois dues à ces changements technologiques. »

Sur des aspects substantiels également, l’accent mis par Alexander Stubb sur les « valeurs » est en contradiction avec « l’esprit de compromis » qui pourrait conduire son rival à la présidence de la Commission.

« Nous devons également résoudre le problème du changement climatique », a souligné Alexander Stubb, alors que Manfred Weber n’a pas abordé les questions environnementales lors des questions sur les agriculteurs européens, se concentrant uniquement sur la sécurité alimentaire et la réduction la dépendance de l’UE vis-à-vis de ses partenaires extérieurs.

En ce qui concerne les menaces internes pour l’Europe, les candidats ont tous deux soigneusement évité de mentionner la question brûlante de la Hongrie.

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Après avoir servi comme ministre et Premier ministre en Finlande, et acquis une expérience de premier plan dans la gestion de crises européennes, Alexander Stubb est maintenant en lice pour le poste le plus élevé de la Commission européenne.

Gestion de l’immigration

Si Manfred Weber est le favori à l’approche du vote, le débat a mis en lumière certaines lacunes de son projet politique, qui souffre d’un certain flou.

Par exemple, au sujet de la migration, Manfred Weber s’est limité à des termes généraux pour regagner le contrôle des frontières et à une attitude plus traditionnellement conservatrice. Alexander Stubb s’est montré plus exhaustif en énumérant trois actions concrètes qu’il a l’intention de mettre en œuvre s’il devient président de la Commission.

Sa position ne consiste pas à « construire des murs » ou à « susciter la peur », mais à « investir dans la croissance et l’emploi » à l’étranger.

Manfred Weber a sollicité, et reçu, le soutien de nombreux partisans de la droite du spectre du PPE, et de dirigeants tels que le Hongrois Viktor Orbán ou l’Autrichien Sebastian Kurz.

De son côté, Alexander Stubb a tenté de se faire entendre par un groupe le plus large possible, jouant sur ses compétences multilingues et son expérience en tant que Premier ministre de la Finlande.

De fait, la candidature de Manfred Weber s’appuie sur ses relations, nécessaires à un président de la Commission, alors que celle d’Alexander Stubb se fonde sur son expérience, tout aussi essentielle à l’exécutif européen.

Le vote à scrutin secret aura dans la matinée du 8 novembre. Les deux candidats prendront à nouveau la parole juste avant le vote, afin de convaincre les derniers indécis.

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Il a reçu la bénédiction d’Angela Merkel et des principales délégations allemandes. Manfred Weber, qui dirige le groupe PPE au Parlement européen, devrait bientôt confirmer sa candidature à la présidence de la Commission européenne.

 

 

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