Sur la côte d’Azur, la main tendue de Macron à Poutine

Le Fort de Brégançon, dans le Sud de la France

Vladimir Poutine et Emmanuel Macron tentent par un sommet estival de prolonger un dialogue rendu compliqué par la dislocation du multilatéralisme.

Le président russe Vladimir Poutine se rend à Brégançon, le site de vacances des présidents de la République française, lundi 19 août. Une troisième visite entre les deux chefs d’État, qui s’étaient déjà rencontrés en 2017 à Versailles, et en 2018 en Russie.

À quelques jours du G7, la rencontre vise à préserver la relation avec la Russie, alors que le pays est exclu de la structure de coopération depuis l’annexion de la Crimée.

« Dans un temps où les institutions, les traités et même les frontières ne sont plus respectées, le dialogue avec la Russie et nécessaire pour la France et l’Europe », a assuré Pieyre-Alexandre Anglade, référent Europe de LREM sur twitter.

Mais les tensions entre Est et Ouest restent fragiles, et la confiance entre les deux blocs très limitée.

En vingt ans au pouvoir, le président russe a multiplié les signaux contradictoires, montrant patte blanche en avançant sur le dossier de la dénucléarisation au début, avant de revenir en arrière et d’asseoir son pouvoir absolu en martyrisant opposants et ONG.

Ou en piétinant allègrement les traités internationaux : l’invasion de la Crimée en Ukraine en est le meilleur exemple, mais il est loin d’être le seul. Le non-respect des libertés publiques pose un autre problème majeur aux partenaires économiques du pays : l’absence d’état de droit augmente sérieusement les risques des opérations en Russie.

La libération d’un banquier français, Michel Delpal, détenu depuis février dernier dans une prison russe, manifeste sans doute un geste de la Russie à l’égard de la France : le citoyen français gérant d’un fonds n’avait visiblement rien à faire dans une prison, le différend l’opposant à un actionnaire russe ne relevant pas du pénal a priori.

Durant tout l’été, le régime a toutefois réprimé assez violemment des manifestations d’opposants régulières à Moscou, confirmant le peu de cas que Vladimir Poutine fait de toute forme de possibilité d’opposition à son pouvoir absolu.

« Son régime a toujours été, et restera fragile – comme tout système construit autour d’une seule personne. Il peut résister longtemps, mais il ne peux pas durer sur le long terme » assure l’expert Kadri Liik pour le think-tank ECFR.

Reste que la Russie est un partenaire majeur, que la France ne souhaite pas voir se radicaliser dans les relations internationales, comme la Chine est en train de le faire en raison de la violence de ses échanges avec les Etats-Unis. La dernière chose dont l’Europe ait besoin, c’est de se retrouver face à un bloc Russie-Chine uni contre le reste du monde notamment sur les questions commerciales : pour la paix comme pour la croissance, cette situation serait la pire.

Vladimir Poutine, maître incontesté en son royaume

La popularité de Vladimir Poutine, 18 ans après son arrivée au pouvoir, ne laisse planer aucun doute sur l’issue du scrutin en Russie le 18 mars prochain. Un engouement lié à une communication étudiée qui passe par la décrédibilisation systématique de tous les opposants.

 

 

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