Weber s’attire les foudres de Syriza en qualifiant Tsipras de communiste

Manfred Weber devrait peut-être revoir ses théories politiques. [Metropolico.org/Flickr]

«Le seul problème de la Grèce, c’est son Premier ministre communiste» assure Manfred Weber, chef de file du PPE. Un commentaire qui fait du bruit.

Dimitris Papadomoulis, influent eurodéputé de Syriza, le parti de gauche dont est issu Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, a vivement dénoncé les déclarations fantaisistes du dirigeant du Parti populaire européen (PPE). Selon lui, Manfred Weber devra bien se faire à l’idée qu’Alexis Tsipras dirigera la Grèce « pour de nombreuses années».

Accuser le Premier ministre d’être communiste, surtout dans le contexte actuel, est un acte désespéré de la part de ceux qui n’ont jamais voulu un accord entre la Grèce et ses créanciers sur le deuxième renflouement, estiment pour leur part des sources à Athènes.

Le 2 mai, Athènes et ses créanciers ont conclu un accord technique très attendu sur la deuxième évaluation du troisième sauvetage du pays. « Les négociations de l’accord technique ont abordé tous les sujets concernés », a indiqué à ce propos Euclid Tsakalotos, ministre des Finances. « Les discussions sur l’allègement de la dette peuvent commencer. »

Le FMI insiste sur l’allègement de la dette grecque

Le FMI ne participera au renflouement de la Grèce que si la dette est jugée soutenable.Ce qui implique une restructuration, selon Christine Lagarde.

Le FMI estime qu’il est toujours nécessaire de mettre en place une restructuration « crédible » de la dette. « Cela devra s’accompagner d’une stratégie crédible pour la restauration de la viabilité de la dette », indique Paul Thomsen, qui dirige le département européen du FMI.

Berlin et Athènes semblaient avoir trouvé un terrain d’entente vers la fin des négociations des réformes, qui avaient été très tendues. Manfred Weber, chef de file du PPE, a néanmoins remis les pieds dans le plat en qualifiant le Premier ministre grec de communiste.

L’eurodéputé allemand discutait de sa rencontre avec Christine Lagarde, directrice du FMI, quand il a déclaré : « en tant qu’homme politique du PPE, je dois dire que le problème de la Grèce est qu’ils ont pour l’instant un communiste au poste de Premier ministre […] ça a été un problème fondamental ».

Alexis Tsipras est toujours invité au sommet des sociaux-démocrates européens, ce qui gêne beaucoup le Parti socialiste panhellénique Pasok, moins à gauche que Syriza.

Nikos Pappas, le ministre grec de la Politique numérique, des médias et des télécommunications s’est récemment exprimé en faveur d’un modèle européen fédéraliste progressiste, jugeant tout soutien pour l’Europe non assorti d’un soutien au fédéralisme « vide de sens ».

Pour Syriza, les pro-européens doivent être fédéralistes

Proclamer une vision pro-européenne sans soutenir le fédéralisme « n’a pas de sens » et revient à ne pas joindre le geste à la parole, selon le ministre grec de la Politique numérique.

Tsipras, la cauchemar de Weber

Dimitris Papadimoulis, l’un des vice-présidents du Parlement européen et chef de la délégation Syriza, n’a pas apprécié les propos de Manfred Weber. « Manfred Weber est à nouveau tout à fait en porte-à-faux avec la majorité du Parlement européen, ainsi que Jean-Claude Juncker et Valdis Dombrovskis, également issus du PPE, qui voient d’un bon œil l’accord conclu entre la Grèce et ses créanciers », a-t-il assuré, ajoutant que les critiques de son collègue visent aussi le gouvernement allemand, qui a œuvré pour la conclusion de l’accord.

Manfred Weber fait partie de l’Union chrétienne-sociale (CSU), le parti bavarois associé au CDU d’Angela Merkel. Pourtant, il affiche des positions bien plus à droite qu’Angela Merkel et son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble.

Schäuble et Gabriel s’opposent sur l’UE et la Grèce

Wolfgang Schäuble a déploré que Sigmar Gabriel estime que l’Allemagne devait accroître sa contribution financière à l’Union européenne en général et à la Grèce en particulier.

« M. Weber fait peut-être des cauchemars avec Alexis Tsipras, mais je me dois de lui dire qu’il sera bien obligé de se faire à cette réalité : il sera Premier ministre de la Grèce pendant encore de nombreuses années », a martelé Dimitris Papadimoulis. « Je suis impatient de voir la réaction de Nouvelle Démocratie [principal parti d’opposition en Grèce, affilié au PPE] à cette déclaration, qui est un ‘monument’ de fanatisme et d’anachronisme. »

Le gouvernement grec a accusé Nouvelle Démocratie de tenter de bloquer les discussions entourant l’examen du programme de renflouement du pays. Le parti d’opposition a pour sa part reproché au gouvernement d’avoir indirectement signé un accord néfaste pour la croissance.

Le Grèce enregistre un excédent primaire étonnement élevé en 2016

En 2016, la Grèce a enregistré un excédent primaire de 3,9 % du PIB, a indiqué son agence de statistiques, Elstat. Une nouvelle fondamentale pour les négociations de réformes à venir entre Athènes et ses créditeurs.

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