Timmermans mécontent de la promotion imprévue de Dombrovskis

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Le bras droit de Jean-Claude Juncker, Frans Timmermans, a reçu de nombreux éloges depuis qu’Ursula von der Leyen a annoncé mardi 10 septembre que le Hollandais serait Monsieur climat.

Il supervisera la création du Green Deal, qui sera sa politique phare. Frans Timmermans a toutefois mis du temps à saluer la nouvelle. Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, et la plupart des autres commissaires entrants avaient déjà exprimé leur satisfaction.

Selon certaines sources, ce retard est dû au fait que le numéro deux de von der Leyen était mécontent que le Letton Valdis Dombrovskis ait également été nommé « vice-président exécutif », au même titre que la Danoise Margrethe Vestager. Cela ne faisait pas partie du plan initial, car les socialistes et démocrates (S&D) et le groupe centriste Renew Europe comptaient sur Frans Timmermans et Margrethe Vestager pour former un triumvirat avec Ursula von der Leyen du Parti populaire européen (PPE).

Après avoir été mis de côté par le Conseil européen avant l’été, en même temps que le processus de Spitzenkandidat, Frans Timmermans aurait été irrité que la promesse d’une position unique au sein de la nouvelle Commission ait été effectivement diluée.

La nomination de Valdis Dombrovskis au poste de chef de l’économie signifie que le PPE a désormais une emprise ferme sur les plus hautes sphères de l’exécutif européen, ce qui était loin d’être acquis après que le groupe conservateur a passé une grande partie de son capital politique à assurer la présidence.

Grâce au choix du Grec, Margaritis Schinas, et de la Croate, Dubravka Šuica, comme vice-présidents, le PPE prend quatre places au sommet, alors qu’il était prévu qu’elle sacrifie sa loyauté politique pour satisfaire l’équilibre géographique et de genre.

Margrethe Vestager, pour sa part, était heureuse en ce mardi 10 septembre, répondant aux questions des médias à l’extérieur du Berlaymont et admettant même que Timmermans se trouvera au-dessus d’elle dans la hiérarchie, malgré l’insistance de Renew Europe pour qu’elle soit considérée au même titre que le Néerlandais.

(Sam Morgan, Euractiv.com)

Pendant ce temps, à Rome, bien que l’Italie ait obtenu le portefeuille de l’économie, les réactions ont été aigres-douces puisque les pouvoirs de Paolo Gentiloni semblent être contrebalancés par Vladis Dombrovksis. Cependant, le nouveau gouvernement ne s’attend pas à une rude confrontation avec la Commission et même Ursula von der Leyen a déclaré que le travail d’équipe serait plus aisé maintenant que l’ancien eurodéputé Roberto Gualtieri est nommé ministre de l’Économie. Gentiloni et Gualtieri sont les deux clés de voûte du rétablissement de la confiance entre Rome et Bruxelles, après 14 mois de « mauvaise influence » de Matteo Salvini.

La plus grande ambition de l’Italie pour Paolo Gentiloni est qu’il joue un rôle actif dans la réforme de la gouvernance économique de l’Union, plutôt que de permettre à l’Italie d’éviter les procédures d’infraction.

« Nous voulons revoir le Pacte de stabilité et de croissance, pour nous assurer que les règles de l’UE renforcent la croissance économique et le développement durable de l’Italie et de toute l’Europe », a déclaré le Premier ministre Giuseppe Conte avant de remporter le second vote de confiance au Sénat. (Gerardo Fortuna, Euractiv.com)

MADRID

Satisfaits de la nomination de Borrell, mais critiques à l’égard d’une Commission « non-sociale ». Bien qu’il n’y ait pas eu de réaction officielle, au sein du gouvernement en exercice, tout le monde semble satisfait de voir l’ancien président du Parlement européen et ancien ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Borrell, à la tête de la diplomatie de l’UE.

Cependant, Sira Rego, porte-parole d’Izquierda Unida (Gauche unie), membre de la coalition Unidas Podemos au Parlement européen, a vivement attaqué la nouvelle Commission : « Les slogans et le marketing politique ne peuvent cacher la nature profondément antisociale de la Commission Von der Leyen », a-t-elle déclaré. (Fernando Heller, Euroefe)

VARSOVIE

L’agriculture, un défi « clé ». Les autorités polonaises se sont réjouies de la nomination de Janusz Wojciechowski pour le portefeuille de l’agriculture au sein de la nouvelle Commission. Zbigniew Kuzmiuk, eurodéputé du parti au pouvoir PiS (CRE), a déclaré : « C’est une nouvelle importante pour la Pologne mais aussi pour l’agriculture européenne ». Il a ajouté que même si l’on ne peut pas dire avec certitude que Janusz Wojciechowski sera approuvé par le Parlement européen, son CV est « le meilleur qui soit et possède une grande expérience ».

Pour la Pologne, obtenir le portefeuille de l’agriculture est crucial, car le pays a été l’un des plus grands bénéficiaires des fonds agricoles depuis 2004. Toutefois, la part du budget de l’UE qui sera allouée à l’agriculture diminuera, ce qui affaiblira relativement le poste au cours des sept prochaines années. Et le fait qu’il ait été alloué à la Pologne peut être interprété comme un signe d’affaiblissement de la position de la Pologne dans l’UE.

Reste encore à savoir si Janusz Wojciechowski passera l’audition du Parlement européen. Il est également membre de la Cour des comptes européenne et a fait l’objet d’une enquête de l’organe antifraude de l’UE (OLAF), concernant « des irrégularités sur le remboursement des frais de voyage ». (Łukasz Gadzała, Euractiv Pologne)

BERLIN

Weber s’en prend à la Roumanie. Manfred Weber (CSU), leader du groupe parlementaire conservateur du PPE au Parlement européen, a appelé la Roumanie à s’abstenir de nommer un commissaire intérimaire pour les dernières semaines de l’actuelle Commission européenne. L’objectif est d’éviter un « gaspillage inacceptable de l’argent des contribuables », a-t-il écrit sur Twitter.

Étant donné que le cabinet de la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, commencera ses travaux le 1er novembre, le mandat de Ioan Mircea Pascu sera limité à six semaines environ. Il n’aurait par ailleurs plus de portefeuille particulier pendant cette période, mais le salaire somptueux d’un commissaire européen et d’autres droits, y compris une pension à vie. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, avait refusé de nommer des commissaires par intérim pour le départ prématuré de membres de son équipe.

La Roumanie et l’Estonie, dont le commissaire européen Andrus Ansip a également rejoint le Parlement européen, ont toutefois insisté pour être représentées dans l’équipe de Juncker jusqu’au bout. L’Estonie a maintenant décidé de ne pas nommer de commissaire pour les six semaines restantes. « Nous appelons le gouvernement roumain à faire de même », a déclaré le leader du PPE. (Claire Stam, Euractiv Allemagne)

ATHÈNES

Protéger notre mode de vie européen. Le Grec Margaritis Schinas, nouveau commissaire européen désigné par la Grèce, occupera l’une des vice-présidences du nouvel exécutif de l’UE et sera chargée de « protéger notre mode de vie européen ».

Pour Kyriakos Mitsotakis, la vice-présidence de Margaritis Schinas est une autre preuve selon laquelle la Grèce est désormais un élément fort et de croissance de la scène européenne.

Le nouvel intitulé du portefeuille à l’immigration fait polémique

Le futur commissaire grec, Margaritis Schinas sera aux rênes de la vice-présidence « protéger notre mode de vie européen ».  Un nouvel intitulé de l’ancien portefeuille  l’immigration qui ne passe pas.

LONDRES

Les Britanniques vent debout contre le portefeuille de Schinas. L’eurodéputé travailliste Claude Moraes a déclaré qu’il était profondément insultant de qualifier le portefeuille des migrations de la Commission européenne de « protection de notre mode de vie ». Quant à l’eurodéputée verte Molly Scott Cato, elle a déclaré à The Independent que ce portefeuille avait pour but de lutter contre la montée des fascistes, mais en adoptant leur rhétorique de division autour de « frontières fortes ».

« Ce que les Verts apprécient dans notre mode de vie européen, c’est notre rôle modèle en matière de compassion et de diversité. Nous poursuivrons notre travail pour faire en sorte que l’Europe reste un havre sûr pour ceux qui fuient la persécution et pour défendre les droits de l’homme dans le monde », a-t-elle déclaré.

SOFIA

Pour l’opposition, une occasion manquée. Le Premier ministre bulgare Boyko Borissov s’est félicité du portefeuille attribué à Mariya Gabriel (Innovation et Jeunesse), le qualifiant d’« extrêmement important et moderne ».

Il a indiqué sur Facebook que le budget de ce portefeuille, qui s’élève à 100 milliards d’euros, est le troisième en importance. Il a remercié la Présidente élue de la Commission, Ursula von der Leyen, d’avoir tenu parole en attribuant à la Bulgarie un portefeuille consacré à l’éducation, l’innovation et les nouvelles technologies.

En revanche, Denitsa Zlateva, au nom du parti socialiste d’opposition (BSP) a déclaré que la Bulgarie avait perdu l’opportunité d’un poste beaucoup plus élevé, rappelant que Boyko Borissov avait refusé que la Bulgarie obtienne le poste de chef des affaires étrangères, car le Premier ministre avait déclaré que ce poste n’était pas une source de revenus. (Georgi Gotev, Euractiv.com)

BRATISLAVA

Réactions mitigées. Les réactions au portefeuille de relations interinstitutionnelles de Maroš Šefčovič ont été mitigées. S’il est reconnu, par exemple par le Premier ministre, que Šefčovič a réussi à conserver le poste de vice-président (pour la troisième fois), l’agenda interinstitutionnel est largement considéré comme « plus faible », moins influent ou moins pertinent pour la Slovaquie que l’Union de l’énergie, que Maroš Šefčovič supervise actuellement.

Les responsables de l’opposition expliquent cela par la position de négociation faible du gouvernement actuel.

La Présidente Zuzana Čaputová a assuré que Maroš Šefčovič avait toutes les compétences requises pour ce nouveau poste. Le Slovaque Maroš Šefčovič est lui-même particulièrement satisfait de la perspective stratégique de ses nouvelles fonctions qu’il considère comme la poursuite de son travail précédent. (Zuzana Gabrižová, Euractiv Slovaquie)

LJUBLJANA

Satisfaction slovène (en quelque sorte). Le Premier ministre slovène Marjan Šarec est satisfait du portefeuille de gestion de crise que Janez Lenarčič a obtenu. « Il s’agit d’un bon portefeuille avec des ressources budgétaires assez importantes à sa disposition », a déclaré M. Šarec. Toutefois, la Slovénie n’est pas entièrement satisfaite étant donné qu’elle voulait le dossier de l’élargissement, qui a été remis à la Hongrie.

 

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