Timmermans se dit ouvert au dialogue face à la Pologne

Frans Timmermans [European Commission]

Le premier vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, a discuté de l’État de droit en Pologne avec des membres de la commission LIBE du Parlement européen. Un article d’Euractiv Pologne.

Après avoir exprimé des craintes sur l’indépendance de la justice et la séparation des pouvoirs en Pologne lors des deux recommandations de l’année dernière, la Commission a jugé, dans la troisième, publiée en juillet, « l’État de droit en Pologne s’est gravement détérioré ».

Le 28 août, la Pologne a envoyé une réponse de 12 pages, affirmant que les actions du gouvernement sont « conformes » aux principes de l’État de droit et de la séparation des pouvoirs.

La Pologne continue de défier Bruxelles

Bruxelles a envoyé une lettre à la Pologne pour lui demander de respecter la décision de la Cour de justice de l’UE ordonnant la suspension de l’abattage d’arbres dans la forêt de Białowieża, a indiqué une source à la Commission européenne.

Varsovie reproche également à la Commission européenne d’avoir émis de fausses critiques puisque le président polonais a opposé son véto à deux des quatre lois dont il est question dans la recommandation.

Le ministre des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski, a également déclaré à la radio polonaise que Frans Timmermans « devrait arrêter de dire que surveiller la Pologne est une mission personnelle » et qu’il ne se rendrait pas à Bruxelles puisque la situation ne nécessitait pas de discussions.

Frans Timmermans a dit regretter la réponse de la Pologne, qui ne propose aucune mesure concrète pour dissiper les inquiétudes de la Commission « méticuleusement exposées ». « La Pologne n’accepte pas [ces inquiétudes] et remet plutôt en question la légitimité de la Commission. »

Tous les membres de la commission LIBE ont pris la parole pour presque tous soutenir les mesures de la Commission. Certains se sont même demandé si le dialogue en cours et l’article 7 étaient suffisants pour contrecarrer la stratégie du gouvernement polonais.

Varsovie risque de perdre son droit de vote au Conseil

La Commission européenne a exprimé des « inquiétudes considérables » quant à l’état de droit en Pologne. La réforme de la justice, conçue pour accroitre le contrôle gouvernemental sur le système judiciaire, a poussé les commissaires à adresser une troisième série de recommandations au gouvernement. Un article d’Euractiv Pologne.

Certains eurodéputés ont toutefois critiqué l’exécutif, comme le Polonais Marek Jurek, qui a reproché à la Commission « d’utiliser la loi comme un instrument », et l’a accusée de marxisme, sous les applaudissements d’autres eurodéputés de droite.

Par ailleurs, l’eurodéputé Ryszard Czarnecki, membre du parti polonais au pouvoir Droit et Justice (PiS), a accusé la Commission de double langage, rappelant une affaire de 2008 lors de laquelle l’exécutif européen a refusé d’interférer avec la justice polonaise.

« Je n’accepterai pas que des gens disent que l’UE ôte à la Pologne sa souveraineté. Non. Elle garantit la souveraineté », a répondu Frans Timmermans. Le commissaire a reconnu que la Pologne demandait constamment du respect, « ce que nous lui avons donné, mais qu’elle ne nous a pas rendu ». Il a rappelé que les autorités polonaises l’attaquaient personnellement de manière fréquente « en disant que je suis stupide et incompétent ». « Mais nous sommes toujours ouverts au dialogue », a-t-il conclu.