Tour d’horizon des prochains commissaires européens

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La ministre allemande de la Défense de centre-droit Ursula von der Leyen fera l’objet d’un vote crucial aujourd’hui au Parlement européen à Strasbourg. Les eurodéputés progressistes (socialistes, gauchistes, verts) ont déclaré qu’ils voteraient contre elle.

Même si la présidence de la Commission européenne n’a pas encore été approuvée, la discussion sur les futurs commissaires européens s’est intensifiée dans plusieurs États membres.

À La Haye, Frans Timmermans reste de facto le représentant de fait des Pays-Bas à la prochaine Commission. Le Premier ministre Mark Rutte, qui n’a pas formalisé cette nomination, a reconnu ces dernières semaines que certains membres de sa famille politique préféreraient qu’il propose un candidat de leurs rangs.

Il a toutefois insisté sur le fait que le socialiste restait le meilleur candidat pour ce poste. Mark Rutte a également souligné que lorsqu’il avait voté en faveur du paquet sur les emplois, le premier vice-président actuel a été inclus dans l’accord. Dans la lettre qu’Ursula von der Leyen a adressée hier au groupe libéral Renew Europe, elle a confirmé que sa Commission comprendrait deux « vice-présidents exécutifs », dont l’un est probablement réservé à Timmermans et l’autre à Margrethe Vestager, responsable de la concurrence, sans les nommer.

À Berlin, les spéculations sur la personne qui remplacerait Ursula von der Leyen en tant que ministre de la Défense de l’Allemagne vont bon train. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung suggère que Jens Spahn, actuellement ministre de la Santé ou Peter Altmaier, actuellement ministre de l’Économie, ont leurs chances. Le député conservateur et officier de réserve, Johann Wadephul, ainsi que les secrétaires d’État Peter Tauber et Thomas Silberhorn sont également en lice.

À Paris, le gouvernement ne dévoile pas encore ses cartes. Officiellement, aucun candidat n’a été annoncé, mais le nom de l’eurodéputé Pascal Canfin a été cité pour le portefeuille de l’action climatique. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire n’a jamais caché son intérêt pour le portefeuille de l’économie ou celui de l’agriculture. Mais avec Christine Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne, cela semble peu probable.

La « discrétion » française sur la question du futur commissaire est également liée au doute qui plane sur l’élection d’Ursula von der Leyen. En cas d’échec, la France veut gager les coudées franches pour influencer la possible nouvelle équation.

À Rome, Giancarlo Giorgetti, le numéro deux de la Lega, est toujours le candidat le plus fort pour le poste de commissaire italien. « Giorgetti est l’une de nos meilleures figures, mais pas la seule que nous ayons », a déclaré Matteo Salvini, ajoutant que le Premier ministre italien Giuseppe Conte avait le dernier mot.

Matteo Salvini insiste sur un portefeuille économique mais il est fort peu probable que la Lega obtienne celui du commerce, compte tenu de la position du parti contre les accords de libre-échange comme le CETA et le TTIP. Étant donné que le portefeuille de la concurrence devrait revenir à quelqu’un d’autre, l’Italie n’a plus beaucoup de choix : soit l’agriculture, soit l’industrie.

Un scénario dans lequel les députés européens rejetteraient un commissaire désigné venant de Lega ne peut être exclu.

À Athènes, le prochain commissaire grec semble être le choix personnel du nouveau Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, qui a déclaré la semaine dernière : « D’abord le portefeuille, puis l’homme de la situation ». Selon Euractiv Grèce, le principal candidat reste l’ancien Premier ministre Antonis Samaras, dont on pense qu’il est en mesure d’obtenir un portefeuille de premier plan et une vice-présidence. Kyriakos Mitsotakis n’a pas encore dévoilé ses intentions, mais a rencontré Antonis Samaras hier.

De nombreux membres du gouvernement considèrent également Margaritis Schinas, le principal porte-parole de la Commission européenne, « l’homme idéal » pour représenter les intérêts grecs dans un « environnement familier pour lui ».

Le PPE risque de perdre de l'influence au sein de la prochaine Commission européenne

Le Parti populaire européen, dont Ursula von der Leyen est membre, doit composer avec une nouvelle réalité politique plus fragmentée. Qui devrait se refléter au sein de l’exécutif européen.

À Varsovie, la situation n’est toujours pas claire. Jarosław Gowin, vice-premier ministre, a déclaré : « nous sommes intéressés par la nomination d’un commissaire chargé des questions énergétiques ». Il a toutefois reconnu que c’était peu probable. Le candidat sera ainsi  choisi une fois que le portefeuille sera connu. Jadwiga Emilewicz, ministre de l’Entrepreneuriat et de la Technologie et proche collaboratrice de Jarosław Gowin, est considérée comme une candidate possible.

L’eurodéputé polonais Ryszard Czarnecki a récemment déclaré que le candidat le plus probable pour la Pologne serait un ministre, et non pas un député ni un technocrate.

À Bratislava, le candidat slovaque est connu depuis longtemps. L’actuel vice-président de l’Union de l’énergie Maroš Šefčovič a déjà été confirmé par le gouvernement. Aucun nouveau nom n’a été discuté, pas même après qu’Ursula von der Leyen a annoncé qu’elle demanderait aux États membres de nommer deux personnes, un homme et une femme, pour garantir la parité au sein du futur collège des commissaires.

À Prague, le gouvernement tchèque n’a pas encore pris de décision. Le ministre des Affaires étrangères Tomáš Petříček a déclaré à la Radio tchèque que le gouvernement prendrait une décision après le vote d’aujourd’hui. Le seul nom mentionné par le Premier ministre tchèque Andrej Babiš et par le ministre des Affaires étrangères Tomáš Petříček est l’actuelle commissaire Věra Jourová. Ils s’accordent à dire qu’il s’agit d’une bonne candidate qui est capable d’obtenir un bon portefeuille.

À Sofia, les dés sont jetés. Le Premier ministre bulgare, Boyko Borisov, a déclaré qu’il voulait que Mariya Gabriel, l’actuelle commissaire au numérique, conserve le même portefeuille.

À Vilnius, le gouvernement n’a pris aucune décision, mais des rumeurs laissent entendre que le ministre des Affaires étrangères Linas Linkevicius, le Premier ministre Saulius Skvernelis et le ministre de l’Économie Virginijus Sinkevicius étaient des candidats très probables.

À Zagreb, étant donné le remaniement en cours du gouvernement, qui doit s’achever en août, il est impossible de prévoir quel sera le choix de la Croatie. Cependant, des rumeurs suggèrent que le ministre des Finances Zdravko Marić a ses chances, car il est le ministre le plus populaire. Gabrijela Žalac, responsable des fonds européens, et Dubravka Šuica, députée européenne, sont également des candidates potentielles.

À Ljubljana, des rumeurs laissent entendre que l’eurodéputée socialiste Tanja Fajon a de bonnes chances d’obtenir un poste à la Commission.

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