Le gouvernement tchèque a transmis hier, 2 juin, son programme concernant la présidence de l’UE qui commence en janvier 2009. Ce programme est en deux versions au cas où tous les pays ne ratifient pas le traité de Lisbonne d’ici la fin de l’année.
La République tchèque souhaite également être prête à aborder une UE sans le traité de Lisbonne du fait de la situation en Irlande, où l’issue du vote sur le référendum le 12 Juin est incertaine.
D’après l’agence tchèque ?TK, le vice-Premier ministre pour les Affaires européennes Alexandr Vondra a déclaré à la presse à Prague que la République tchèque présente une solution alternative au cas où le traité ne serait pas approuvé.
La République tchèque doit encore approuver le traité de Lisbonne. A la demande du parti au pouvoir, l’eurosceptique Parti démocrate civique (ODS), le Sénat a demandé à la Cour constitutionnelle d’examiner si le traité est applicable dans le cadre de la Constitution en vigueur.
M. Vondra a également fait part de ses inquiétudes concernant la présidence de l’UE de son pays dans l’hypothèse où le Traité entre en vigueur en 2009, comme prévu. Il a ajouté que le Premier ministre du pays présidant l’UE doit toujours conserver un rôle, en faisant référence à la création par le traité d’un nouveau poste de président permanent pour présider les réunions du Conseil de l’UE.
Si le traité de Lisbonne est ratifié par tous les pays en temps et en heure, la présidence tchèque serait donc la première à tester la cohabitation entre le futur président permanent du Conseil et le chef du gouvernement du pays à la tête de la présidence tournante de l’UE. Jusqu’à présent, la répartition des rôles et des responsabilités entre les deux est demeurée floue.
Cependant, selon M. Vondra, il est essentiel pour la République tchèque de trouver un équilibre entre les rôles attribués aux pays de l’UE, aux institutions en vigueur et aux nouveaux postes officiels crées.
Le vice-Premier ministre tchèque a également fait part de son point de vue quant au profil du rôle du futur « M. Europe ». De l’avis de M. Vonda, le futur président permanent du Conseil européen ne devrait pas être un des présidents européens. Il a expliqué que quoi qu’il arrive, le futur président permanent devrait remplir le rôle d’un modérateur de débat et non d’un rouleau compresseur qui imposerait aux autres sa présence ou la force de ses idées. Il a ajouté qu’il n’avait pas été mentionné de nom en particulier.
Le profil généralement privilégié par ceux qui s’opposent à une UE plus fédéraliste est un président discret se comportant comme un modérateur et non comme un dirigeant.
La semaine dernière, la République tchèque, la France et la Suède ont soumis un programme conjoint d’une durée de 18 mois concernant la présidence de l’UE, la sécurité énergétique et le climat figurant au haut de la liste des priorités.
Le programme comprenant 17 chapitres sera un document de référence pour les trois présidences consécutives d’une durée de six mois qui doivent être tenues par Paris, Prague et Stockholm au cours des 18 prochains mois. Le porte-parole du vice-Premier ministre a déclaré à EURACTIV que le document sera rendu public la semaine prochaine, après le 16 juin.

