Traité de Lisbonne : l’Irlande considère l’option d’un nouveau vote [FR]

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Un second référendum sur le traité de Lisbonne serait finalement nécessaire en Irlande pour empêcher l’isolement du pays maintenant que la ratification des 26 autres Etats membres semble acquise. C’est ce que le ministre irlandais des Affaires européennes Dick Roche a fait savoir ce week-end.

L’opinion exprimée par le ministre irlandais paraît lourde de sens, d’autant plus que les responsables politiques irlandais et européens se sont efforcés de ne pas sembler vouloir imposer un second référendum comme solution à la crise amorcée suite au « non » irlandais du 12 juin au sujet du nouveau traité européen. En effet, ils craignent qu’une telle initiative ne soit interprétée comme un signe de l’indifférence de Dublin et de Bruxelles vis-à-vis de l’opinion de leurs citoyens.

Pourtant, le ministre des Affaires européennes a indiqué au journal The Irish Independent qu’il estimait personnellement que le référendum constituait une réponse appropriée face à la situation actuelle.

Cependant, il semble sans doute prématuré de parler d’un nouveau référendum alors qu’un sondage de juillet commandé par le camp eurosceptique du « non » avait révélé que près des trois quarts des électeurs irlandais étaient opposés à un second référendum sur le nouveau traité modificatif de l’UE (EURACTIV 28/07/08). En 2001, les Irlandais avaient également rejeté le traité de Nice avant de l’accepter finalement 16 mois plus tard.

Le mois dernier, le ministre irlandais des Affaires étrangères Micheál Martin a déclaré que l’Irlande préciserait sa position sur la marche à suivre avant le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE en décembre. 

Lors d’un discours devant le Parlement européen le 10 juillet, le président Nicolas Sarkozy a annoncé son intention « d’engager le dialogue » avec le gouvernement irlandais « et d’essayer de trouver des solutions ». 

Il a indiqué que la présidence française proposera une méthode, ajoutant qu’il espérait parvenir à une solution en accord avec le gouvernement irlandais, soit en octobre, soit en décembre, lors de la tenue de réunions européennes au sommet. 

Pour l’eurodéputé libéral britannique Andrew Duff, le communiqué du ministre irlandais des Affaires européennes n’est pas une surprise en raison de l’approche du sommet européen en octobre. Interrogé par EURACTIV, il a estimé qu’en appelant à un nouveau vote, le gouvernement irlandais pourrait ainsi indiquer qu’il reconnaît que les dirigeants européens sont désormais « de moins en moins nombreux à accepter le refus irlandais ». 

Selon M. Duff, la tenue d’un second référendum ne devrait pas apporter un quelconque changement. « Il faut vraiment être très optimiste » pour penser que les Irlandais vont changer d’avis, a-t-il déclaré.

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