Traité européen : Brown pourrait se frotter à l’opposition du Parlement [FR]

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Le Premier ministre britannique Gordon Brown a promis le débat parlementaire le plus complet sur le nouveau traité approuvé à Lisbonne la semaine dernière, mais a une fois encore refusé d’organiser un référendum, affirmant que la substance du nouveau texte était différente du défunt traité constitutionnel.

M. Brown devrait se retrouver dans une situation difficile lors des débats parlementaires qui auront lieu au cours des prochains mois concernant la ratification du nouveau « traité modificatif » européen.

Les conservateurs et certains députés de son propre camp font monter la pression pour que le Premier ministre rende des comptes sur les promesses d’un référendum formulées par le parti travailliste dans un manifeste de 2005.

David Cameron, leader du parti conservateur, a déclaré que son parti se battrait pour un référendum à la Chambre des communes et essaierait de s’assurer que le Premier ministre tienne les promesses faites à la population britannique.

Mais selon M. Brown, personne n’est tenu par cette promesse puisque le manifeste se réfère au traité constitutionnel européen désormais enterré.

Lors d’une conférence de presse après le sommet européen à Lisbonne le 19 octobre, il a déclaré que si l’accord avait porté sur l’ancien traité, un référendum aurait été organisé. Mais selon lui, désormais cela n’est plus nécessaire, dans la mesure où le nouveau traité n’introduit aucun changement fondamental au Royaume-Uni et où l’intérêt national britannique a été en tout point sauvegardé.

Il a affirmé que la population serait capable de s’y retrouver au cours du débat parlementaire détaillé.

Cet argument sera néanmoins confronté à une forte résistance de l’opposition. M. Cameron, qui décrit le refus de M. Brown de tenir un référendum comme une négation de la démocratie, estime que ce traité est pratiquement exactement identique au traité constitutionnel.

José Socrates, le Premier ministre portugais, qui accueillait le sommet de Lisbonne en tant que détenteur actuel de la présidence tournante de 6 mois de l’UE, souhaite que M. Brown réussisse, affirmant que l’Union comptait sur lui pour vendre le texte à la population britannique, comme l’a cité le journal The Scotsman.

Le texte devrait être ratifié au Parlement en avril ou mai de l’année prochaine.

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