Nouveau cessez-le-feu entre le gouvernement ukrainien et les séparatistes prorusses

epa07983943. EPA-EFE/SERGEY VAGANOV [EPA-EFE/SERGEY VAGANOV]

L’Ukraine, la Russie et les négociateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont trouvé un accord de cessez-le-feu entre l’armée ukrainienne et les séparatistes prorusses dans l’est de l’Ukraine à partir du 27 juillet.

La nouvelle a été confirmée dans un communiqué du service de presse du président ukrainien, Volodymyr Zelenskih, ce mercredi 22 juillet.

« Selon la décision convenue, un cessez-le-feu total entrera en vigueur à partir de 00h01 le 27 juillet 2020. Cette percée dans les actions du Groupe de contact trilatéral sur l’Ukraine (TCG) est le fruit du travail rondement mené par la délégation ukrainienne, avec le soutien de nos partenaires internationaux à Berlin et à Paris, ainsi que du travail des conseillers politiques et des ministres des Affaires étrangères des pays membres du format Normandie », énonce le rapport du TCG sur l’Ukraine.

Le TCG rassemble des représentants de l’Ukraine, la Russie et l’OSCE, une organisation qui a occupé une place importante dans les médiations diplomatiques afin de trouver une solution à la guerre du Donbass, dans l’est de l’Ukraine.

« J’espère que les mesures prises offriront le silence tant attendu dans la zone de conflit et qu’elles apporteront la paix à la population », a déclaré l’ambassadrice Heidi Grau, représentante spéciale de l’OSCE pour l’Ukraine et le TCG.

« J’appelle les parties concernées, dans le cadre des obligations qui leur incombent, à faire preuve de bonne volonté et à parvenir à un accord rapide visant à sécuriser une nouvelle étape de libération réciproque et d’échange de détenus », a ajouté Mme Grau.

Le conflit entre les troupes ukrainiennes et les rebelles soutenus par la Russie a fait plus de 13 000 victimes depuis 2014, lorsque Moscou a annexé la péninsule ukrainienne de Crimée et a soutenu les rebelles à l’est.

Bien que le conflit principal se soit terminé par un cessez-le-feu à Minsk en 2015, des citoyens, des soldats ukrainiens et des séparatistes sont encore régulièrement tués lors d’affrontements sporadiques.

L’annonce de mercredi stipule qu’un cessez-le-feu total, s’il est observé par l’autre partie, est une condition sine qua non pour la mise en place des accords de Minsk et l’organisation d’un nouveau sommet sur l’Ukraine sous format Normandie, rassemblant des représentants de l’Allemagne, la France, l’Ukraine et la Russie.

Le dernier sommet de ce type s’était tenu à Paris en décembre et avait permis d’établir des engagements sur l’échange de prisonniers et le retrait de troupes, de renouveler la promesse visant à mettre en œuvre l’accord de cessez-le-feu existant dans la région Donbass (Donetsk et Lugansk), et de renforcer les pouvoirs des observateurs internationaux du cessez-le-feu.

Le sommet sous format Normandie avait également introduit la « formule Steinmeier », qui doit son nom à l’ancien ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, pour l’est de l’Ukraine. Ce dernier avait tenté de trouver une solution afin de sortir de l’impasse des accords de Minsk et avait alors proposé la tenue d’élections dans les territoires aux mains des séparatistes sous la législation ukrainienne et la supervision de l’OSCE.

D’après des rapports de médias ukrainiens, les autorités du pays ont exclu la possibilité que le Donbass bénéficie d’un statut spécial dans la Constitution.

Le bureau du président a également déclaré que les élections à Donbass ne pourraient avoir lieu qu’une fois que le pays aurait gagné le contrôle de la frontière, et qu’elles devraient respecter la Constitution et la législation en vigueur.

Bruxelles espère un dégel entre la Russie et l’Ukraine

La Commission européenne a salué le 3 octobre une récente rencontre diplomatique à Minsk, laissant espérer l’organisation rapide d’un sommet international pour mettre un terme aux combats dans l’est de l’Ukraine. Dans le pays, nombreux sont ceux qui dénoncent une «capitulation».

Volodymyr Zelenskiy tente de résoudre le conflit depuis sa réélection l’année dernière, en arrangeant plusieurs échanges de détenus. Toutefois, depuis mars, les troupes soutenues par la Russie dans le Donbass ont refusé à plusieurs reprises de laisser passer la mission de l’OSCE pour contrôler le conflit. Par ailleurs, des agences et ONG de l’Organisation des Nations Unies ainsi que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont aussi dû surmonter nombre de difficultés afin d’accéder aux régions hors du contrôle du gouvernement.

Selon le vice-premier ministre ukrainien Oleksiy Reznikov, un sommet de la sorte pourrait avoir lieu à Berlin, et ce, dès août.

Début juillet, le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas avait indiqué que le « format Normandie » serait l’une des priorités de l’Allemagne lors de sa présidence à l’UE.

« Nous voulons nous préparer pour le moment où nous pourrons à nouveau discuter de manière plus intensive des relations stratégiques avec la Russie », a soutenu M. Maas auprès des députés européens, mais il a averti qu’une certaine préparation serait nécessaire, tout en avançant qu’« il fallait trouver une solution en Ukraine afin de changer ou restaurer les relations stratégiques de Bruxelles avec Moscou. »

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