Un assassinat provoque un litige diplomatique entre Berlin et Moscou

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BERLIN / LONDRES

Le meurtre de Berlin. Mercredi 4 décembre au matin, l’Allemagne a expulsé deux fonctionnaires de l’ambassade de Russie pour le meurtre d’un demandeur d’asile tchétchène fin août au Kleiner Tiergarten de Berlin. Ce jour-là, un ressortissant russe de 49 ans a tiré depuis sa voiture sur Zelimkhan Khangoshvili qui était à vélo, le tuant sur le coup.

Zelimkhan Khangoshvili, un ancien combattant de la Seconde Guerre tchétchène (1999-2009), qui avait par la suite vivement critiqué l’implication russe en Géorgie et en Ukraine, s’était réfugié à Berlin en 2016 après avoir survécu à plusieurs tentatives d’assassinat en Géorgie.

Depuis les événements, on soupçonnait fortement le Kremlin d’avoir autorisé l’assassinat, bien que celui-ci ait nié toute implication.

Les procureurs allemands ont annoncé mercredi 4 décembre qu’ils disposaient de « preuves suffisantes » pour indiquer que l’homicide avait été perpétré pour le compte de la Russie, et était potentiellement lié à l’empoisonnement de Sergey Skripal car il « suivait un schéma similaire », ont déclaré des responsables.

Cela a entraîné des représailles diplomatiques de la part du gouvernement allemand.

Le ministère des Affaires étrangères a justifié l’expulsion par le fait que les autorités russes n’ont pas livré suffisamment de clarifications à propos de l’assassinat, « en dépit de demandes répétées et emphatiques, formulées par des responsables de haut rang ». L’affaire est ainsi devenue un poids pour les relations germano-russes.

« Si la Russie continue d’entraver nos efforts, nous devrons envisager d’autres sanctions, telles que l’expulsion de diplomates encore plus haut placés ou l’interruption des pourparlers sur des projets économiques communs », a prévenu Patrick Sensburg, député de la CDU d’Angela Merkel, aux journalistes.

Au moment de l’annonce, les dirigeants de l’OTAN se réunissaient pour leur réunion à Londres, où Mme Merkel a déclaré s’être entretenue bilatéralement avec d’autres alliés, en marge du rassemblement, au sujet de la décision allemande d’expulser les diplomates.

Lors d’une conférence de presse, la chancelière allemande a défendu l’expulsion en déclarant que l’Allemagne avait « pris ces mesures parce que la Russie ne nous a pas aidés à résoudre ce meurtre ».

La Russie, quant à elle, a annoncé qu’elle réagirait par des mesures appropriées. Les expulsions sont « grossières et sans fondement », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, niant toute implication russe.

« Nous sommes contraints de prendre une série de mesures de rétorsion », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et la réponse ne tardera pas à venir. (Sarah Lawton, Euractiv Allemagne, Alexandra Brzozowski, Euractiv.com)

MADRID

Les socialistes et les séparatistes catalans s’orientent vers une « solution politique ». Le parti socialiste espagnol PSOE et les séparatistes catalans d’ERC (Gauche unitaire de Catalogne) se rapprochent dans le cadre de leurs négociations complexes pour tenter de débloquer l’impasse politique dans le pays et chercher à avancer vers la résolution du « conflit politique en Catalogne », a rapporté Euroefe le 4 décembre.

C’est la première fois depuis le début des pourparlers la semaine dernière que les deux parties ont reconnu qu’elles devaient parvenir à un accord empruntant « une voie politique » pour résoudre le « conflit » de « nature politique » dans la communauté autonome catalane espagnole, ont souligné des sources d’ERC après avoir signé un communiqué commun.

Le vote favorable – ou l’abstention – d’ERC est essentiel pour permettre (probablement juste après les vacances de Noël ou début janvier) la nomination de Pedro Sánchez comme premier ministre et la formation d’une coalition gouvernementale « progressiste » entre le PSOE et la gauche Unidas Podemos. (Euroefe)

VARSOVIE

Marian Banaś s’accroche. Malgré des semaines d’efforts de la part du parti au pouvoir Droit et Justice (PiS) pour évincer Marian Banaś, le directeur de la Chambre suprême de contrôle (NIK, l’équivalent de la Cour des comptes), celui-ci a annoncé qu’il resterait à son poste. Au cours des derniers jours, l’affaire a pris de l’ampleur à mesure qu’une série de scandales impliquant Banaś ont fait surface et ont incité les médias et l’opposition à demander sa démission. Devenu un fardeau pour PiS, celui-ci a essayé de se débarrasser de lui, mais sans succès pour l’instant.

En tant que chef du NIK, Marian Banaś ne peut être évincé par le parlement polonais que s’il est reconnu coupable d’avoir commis un crime. Le PiS est prêt à passer au « plan B », soit un changement de la Constitution, afin de se débarrasser de lui. Mais sans l’aide des partis d’opposition, c’est impossible.

Grzegorz Schetyna, le chef du plus grand bloc de l’opposition, a déclaré qu’il n’avait pas l’intention d’appuyer cette stratégie. Sans les votes de l’OP et de la gauche, le changement sera impossible, mais selon les médias pro-gouvernementaux, deux autres partis au parlement – le PSL centriste et l’extrême droite Konfederacja – envisagent d’apporter un soutien ponctuel à une telle législation. (Łukasz Gadzała, Euractiv Pologne)

PRAGUE

Dure semaine. Lundi 3 décembre, le ministère tchèque du Développement régional a confirmé avoir reçu le rapport d’audit final de la Commission européenne sur l’éventuel conflit d’intérêts du Premier ministre tchèque Andrej Babiš, mais a refusé de le publier. Mardi, les médias tchèques ont annoncé que l’audit ne s’était pas bien terminé pour Babiš. Mercredi, d’autres informations sont apparues : le procureur général Pavel Zeman a annulé l’ancienne décision d’arrêter les poursuites contre Babiš dans l’affaire dite du Nid de cigogne, une suspicion de fraude aux subventions européennes, celles-ci vont donc suivre leur cours.

Pourtant, Andrej Babiš refuse de démissionner de son poste et nie tout acte répréhensible. Il a également déclaré qu’en dépit du prétendu conflit d’intérêts, il participerait aux négociations sur le budget 2021-2027 de l’UE lors du sommet de l’EUCO la semaine prochaine parce que « les autres membres du Conseil européen ne se soucient d’aucun conflit d’intérêts ».

Entre-temps, M. Babiš s’est déclaré prêt opposer son véto à l’objectif de parvenir à une UE climatiquement neutre d’ici à 2050, sujet qui devrait également être discuté à Bruxelles la semaine prochaine. D’autre part, selon le quotidien tchèque Hospodářské noviny, partenaire média d’Euractiv République tchèque, il a écrit une lettre à Ursula von der Leyen dans laquelle il affirme qu’il pourrait changer d’avis en échange d’un soutien financier accru de l’UE et de meilleures conditions pour le développement du nucléaire. (Aneta Zachová, Euractiv République tchèque)

BUDAPEST

Si la loi ne vous convient pas, changez-la. Katalin Novák, la secrétaire d’État à la famille et à la jeunesse a annoncé sur sa page Facebook la nomination de Zsófia Rácz, étudiante en droit de 22 ans, au poste de secrétaire d’État adjointe à la jeunesse et à l’émancipation. Lorsque les journalistes ont demandé si Zsófia Rácz était, comme l’exige la loi, titulaire d’une maîtrise pour occuper le poste, le ministère des Capacités humaines a répondu qu’il allait entreprendre la modification de la loi. Zsófia Rácz a déjà été délégué de la jeunesse hongroise auprès de l’ONU. (Vlagyiszlav Makszimov, Euractiv.com)

ZAGREB      

12 candidats à la présidentielle. L’échéance pour le dépôt des candidatures à l’élection présidentielle était fixée au mercredi 4 décembre. En fin de compte, 12 candidats seront en lice. Le président sortant Kolinda Grabar Kitarović (HDZ, PPE) a été parmi les derniers à soumettre plus de 200 000 signatures, tandis que son principal opposant Zoran Milanović (SDP, S&D) l’a fait la semaine dernière. Miroslav Škoro, le leader indépendant, pourrait encore se qualifier pour le deuxième tour, ce qui fait de lui l’un des candidats les plus intéressants de la campagne. Outre les « trois grands », plusieurs candidats pourraient obtenir un nombre important de voix : Mislav Kolakušić, Dalia Orešković, Nedjeljko Babić, Ivan Pernar, Dejan Kovač, Ante Đapić, Katarina Peović, Dario Juričan, et Slobodan Midžić. Le premier tour des sixièmes élections présidentielles aura lieu le 22 décembre, et les deux candidats qui obtiendront le meilleur score se qualifieront pour le deuxième tour en janvier. (Tea Trubić Macan, Euractiv Croatie)

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