Un ministre allemand souligne la complexité du cas Timochenko

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Le ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle a rencontré le Président ukrainien le 10 octobre. Il a constaté peu de progrès dans la procédure de libération de l'opposante Ioulia Timochenko.

Les discussions entre le ministre allemand des Affaires étrangères et le Président ukrainien Viktor Ianoukovitch ont été « constructives et intensives », a affirmé Guido Westerwelle, à l'issue d'une réunion de plus de deux heures entre les deux hommes. 

Le président n'aurait cependant pas répondu fermement à la demande de l'Union européenne. Bruxelles souhaite qu'il gracie son ennemie et l'autorise à se rendre en Allemagne pour recevoir des soins médicaux.

Ancienne première ministre, Ioulia Timochenko était l’opposante de Viktor Ianoukovitch lors de l'élection présidentielle en février 2010. Elle purge actuellement une peine de sept ans pour abus de pouvoir.

L'UE estime qu'elle est victime d'une manœuvre politique et appelle à sa libération avant la signature d'accords historiques d’association et de libre-échange avec l'Ukraine en novembre.

Guido Westerwelle a déclaré à la presse qu'il avait remarqué « des tentatives et des efforts sérieux » pour résoudre le problème.

Il a présenté la proposition de l'Allemagne afin de recevoir à Berlin Ioulia Timochenko, qui souffre de problèmes de dos.

« Nous sommes au beau milieu de [négociations] compliquées d'un point de vue politique et juridique », a-t-il ajouté.

Le président Ianoukovitch aurait peur que Ioulia Timochenko revienne et le défie lors des élections présidentielles de 2015, selon l'opposition. Mais dans le même temps, il souhaite signer les accords avec l'UE, qui aideraient le pays à sortir de l'orbite de la Russie.

Il estime qu'il ne peut pas annuler la décision du tribunal de Kiev qui a accusé l'ancienne chef du gouvernement d'abus de pouvoir dans la négociation d'un accord gazier avec la Russie en 2009. Le gouvernement juge que le prix du gaz fixé dans l'accord était exorbitant pour l'Ukraine.

Le ministre ukrainien des affaires étrangères, Leonid Kozhara, participait également à la conférence de presse. Il a déclaré que la libération de Ioulia Timochenko devait être conforme à la constitution et aux lois du pays.

Le problème politique est que « des millions de personnes dans ce pays pensent sincèrement que Mme Timochenko a commis un crime, qu’un tribunal ukrainien a confirmé », a-t-il déclaré. 

La commission des affaires étrangères du Parlement européen a adopté un rapport qui contient la disposition suivante : si Kiev respecte toutes les conditions nécessaires, l'UE devrait signer l'accord d'association lors du sommet du Partenariat oriental à Vilnius en novembre. Et l'application provisoire serait immédiate.

L'eurodéputé polonais Jacek Saryusz-Wolski (Parti populaire européen) a rédigé ce rapport. Il a également exprimé l'intention du Parlement de ratifier pleinement l'accord d'association au cours de la législature actuelle. Il recommande en outre de procéder rapidement à des accords d’association avec la Géorgie et la Moldavie.

« La situation n'est pas bonne, mais pas désespérée non plus. L'analyse de la situation dans les pays du Partenariat oriental, en ce qui concerne leur intégration avec l'UE, dépend fortement des aspirations, des choix et des capacités des six pays concernés. Le sommet de Vilnius ne sera pas la fin de la procédure, seulement le début. Nous devons regarder au-delà de Vilnius », a-t-il indiqué.

Lors d'un sommet entre l'UE et l'Ukraine le 25 février, le président du Conseil, Herman Van Rompuy, a répété les trois domaines dans lesquels l'UE souhaite voir des progrès avant de signer un accord d'association avec Kiev.

Le problème de la « justice sélective », une référence à l'emprisonnement de l'ancienne première ministre Ioulia Timochenko, la lutte contre les problèmes en matière de démocratie qui découlent des élections nationales d'octobre 2012 ainsi que la promotion de réformes judiciaires.

L'affaire Timochenko divise les États membres. Certains nouveaux membres estiment que l'Ukraine ne devrait pas être tenue à l'écart en raison des la situation judiciaire d'une seule personne. Des diplomates de ces pays pensent à titre privé que Ioulia Timochenko « n'est pas un ange ».

L'Allemagne et d'autres la considèrent toutefois comme une icône de la révolution orange. Sa libération et l'abandon des charges qui pèsent sur elle sont des conditions sine qua non à la signature d'un accord d'association avec l'UE, indiquent-ils.

  • 28-29 nov. : sommet consacré au Partenariat oriental à Vilnius sous la présidence lituanienne du Conseil de l'UE. L'Ukraine espère y signer un accord tandis que la Moldavie et la Géorgie souhaitent parapher des accords semblables.

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