Une affaire d’espionnage dans les Balkans réveille les fantômes du passé

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SOFIA / BELGRADE

La publication d’une vidéo montrant un prétendu agent de renseignement russe remettant de l’argent à un Serbe provoque des tensions entre la Bulgarie et la Serbie, deux pays dont la relation passée fut compliquée.

Un journaliste d’investigation bulgare, Christo Grozev, membre de Bellingcat, le réseau de médias qui utilise des renseignements de source ouverte, a déclaré sur Twitter que la vidéo publié sur YouTube montrait l’attaché militaire adjoint à l’ambassade de Russie à Belgrade rencontrant un agent serbe. Christo Grozev a précisé qu’il avait utilisé le logiciel de reconnaissance faciale de Microsoft pour identifier le Russe.

La Serbie étant un vieil allié de la Russie, les révélations ont bouleversé les relations bilatérales. Le président serbe Aleksandar Vučić s’en est pris à la Russie, mais a également accusé l’Allemagne, l’Autriche et la Bulgarie d’espionnage. Et bien qu’il ne l’ait pas explicitement dit, il semble qu’il blâme les services de renseignements occidentaux pour la publication de la vidéo. Le député serbe Milovan Drecun a rétorqué que les renseignements bulgares étaient solidement représentés en Serbie et qu’avec la Croatie, la Bulgarie gérait un centre d’espionnage à Skopje, en Macédoine du Nord.

La ministre bulgare des Affaires étrangères, Ekaterina Zaharieva, a déclaré qu’il s’agissait d’une fausse accusation et qu’il s’agissait d’un agent des renseignements russes qui soudoyait le fonctionnaire serbe, et non un Bulgare. Le ministre des Affaires étrangères a déclaré que ces allégations n’étaient « pas utiles » pour les relations bilatérales.

Le ministre serbe de la Défense, Alexander Vulin, a répondu en insinuant que la Bulgarie, membre de l’OTAN, n’était pas un pays indépendant. « La Bulgarie peut permettre à d’autres de décider qui sont ses amis, mais pas la Serbie », a-t-il dit.

Alexander Yordanov, député européen bulgare (PPE), a déclaré sur la chaîne publique BNT que cette affaire d’espionnage faisait partie de la stratégie russe de déstabilisation des Balkans. Selon lui, la Russie s’efforce ainsi de détourner l’attention de ses propres activités visant à transformer la Serbie en territoire russe dans les Balkans.

La Bulgarie et la Serbie ont été en guerre à plusieurs reprises dans le passé. Les relations récentes entre les deux pays étaient en revanche apaisées et constructives, Sofia soutenant le programme d’adhésion de Belgrade à l’UE.

En marge de cette affaire, Washington a accusé la Russie d’essayer de déstabiliser l’Europe par des pressions militaires, des cyberactivités malveillantes et une influence malveillante dans de nombreux pays alliés, partenaires et amis des États-Unis. (Georgi Gotev, d’après un reportage d’Euractiv Bulgarie et des partenaires médias SEGA et Dnevnik, Julia Simić, Euractiv Serbie)

Le débat sur la 5G s’enflamme

BERLIN / BRUXELLES / PARIS

La 5G libre de toute influence étatique étrangère. A l’issue d’un débat animé, la CDU de la chancelière Angela Merkel a décidé samedi 23 novembre, lors d’un congrès du parti, que les soumissionnaires aux contrats d’implantation de la 5G allemande devaient garantir que le réseau serait « libre de toute influence étatique étrangère ».

Deux propositions ont été émises. La première stipule que « la CDU rejette la participation de Huawei à l’expansion du réseau 5G ». La seconde adopte un ton similaire, mais autorise un compromis : « La CDU est en faveur d’une première discussion sur le sujet au Bundestag dans le cadre de l’amendement des réseaux de télécommunications », tout en encourageant une solution européenne. Les délégués ont finalement soutenu une motion stipulant que les fournisseurs 5G devaient remplir un « catalogue de sécurité clairement défini, qui inclut l’exclusion de l’influence d’un État étranger ».

Norbert Röttgen, le chef de la commission des Affaires étrangères du Bundestag, à l’origine la première motion, a insisté sur le fait que « seuls les fournisseurs d’équipements qui ne sont pas sous l’influence d’États non démocratiques » pouvaient être dignes de confiance. La proposition approuvée demandait également que le Parlement soit inclus dans la prise de décision sur le déploiement de la 5G. Une telle décision, qui revêt une grande importance stratégique pour l’Allemagne, doit être prise par le Parlement et pas seulement par un ministère, a déclaré M. Röttgen en plénière.

Au cours des semaines précédentes, la chancelière Angela Merkel a soutenu la participation de l’entreprise chinoise Huawei en raison de l’absence d’alternatives européennes — une exclusion de Huawei signifierait non seulement un retard, mais aussi une dégradation des relations économiques avec la Chine.

De son côté, Washington a fait pression sur l’Europe pour qu’elle ne travaille pas avec Huawei. L’ambassadeur américain Richard Grenell a récemment déclaré que la coopération avec Huawei pourrait entraîner une dégradation du partage de renseignements entre les deux pays.

Pendant ce temps, la plus grande mission commerciale de la Belgique en Chine, composée de la princesse Astrid, de plusieurs ministres et de dizaines d’entreprises, a été victime d’une cyberattaque massive, ont rapporté les médias belges. « C’était pire que prévu, mais heureusement nous étions prêts », a déclaré Geert Baudewijns, expert en cybersécurité chez Secutec, une société spécialisée dans la protection contre les pirates. Selon Baudewijns, qui accompagnait la délégation en Chine, environ 135 attaques ont été enregistrées toutes les heures pendant la mission lundi après-midi. Les retombées sont jugées limitées dans la mesure où les participants à la mission avaient  été avisés de prendre une série de précautions, comme l’utilisation de téléphones cellulaires jetables. Bien que les coupables n’aient pas encore été identifiés, les adresses IP suggèrent que la sécurité de l’État chinois pourrait avoir été impliquée.

A Paris, la discussion s’est concentrée sur le coût de la 5G après que le gouvernement a annoncé dimanche 24 novembre le montant attendu pour les nouvelles fréquences 5G. Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, a déclaré aux Echos que le prix de réserve était fixé à 2,17 milliards d’euros pour toutes les fréquences mises à disposition.

Le régulateur français, l’Arcep, a demandé un prix minimum de 1,5 milliard d’euros, tandis que les opérateurs ont souligné qu’ils ne pouvaient pas payer un montant aussi élevé et couvrir un territoire plus vaste, car cela représentait un investissement plus important de leur part. Les opérateurs télécoms ont dernièrement négocié davantage d’investissements locaux contre un nombre accru de fréquences en France, et ils espéraient garder le même accord pour la 5G. (Claire Stam, Euractiv Allemagne, Alexandra Brzozowski, Euractiv.com, Euractiv France)

MADRID

Les membres du parti socialiste approuvent la « coalition » avec Podemos. Les membres du parti socialiste espagnol (PSOE) ont voté samedi en faveur d’une coalition avec le parti de gauche, « Unidas Podemos », a rapporté Euroefe. Le Premier ministre par intérim et chef du PSOE, Pedro Sánchez, s’est déclaré satisfait du résultat des élections internes (92 % de soutien parmi 178 000 membres du PSOE), qui lui laissent les mains libres pour négocier avec Podemos, en vue de former un gouvernement de coalition progressiste, selon Euroefe.

Cependant, après la victoire du PSOE aux élections du 10 novembre, Sánchez a toujours besoin du soutien de Podemos et des séparatistes catalans de l’ERC (gauche républicaine de Catalogne) pour être le prochain Premier ministre. Reste à savoir jusqu’où le PSOE peut aller pour satisfaire l’appétit sécessionniste d’ERC (une future Catalogne indépendante) afin d’obtenir son soutien ?

Le vice-président du gouvernement régional catalan, Pere Aragonès (ERC), a déclaré que le PSOE devrait aller de l’avant et accepter les demandes d’ERC telles que l’amnistie, l’autodétermination, des droits et des libertés pour la Catalogne. (Euroefe)

BUCAREST

Klaus Iohannis rempile. Le président roumain de centre droit, Klaus Iohannis, a remporté une victoire écrasante au second tour des élections présidentielles dimanche. Plus de 900 000 Roumains résidant à l’étranger ont voté. C’était la première fois que les Roumains de la diaspora pouvaient prendre part à un scrutin, qui leur a été ouvert sur une période de trois jours. (Euractiv Roumanie)

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