Une élection à multiples inconnues au Parlement européen

Au pied du Parlement européen, à Bruxelles

L’absence de coalition et le nombre élevé de candidats compliquent l’élection du numéro un de la chambre européenne.

Prévue mardi 17, l’élection du président du Parlement européen se présente sous un jour inhabituel. Le Parlement européen a jusqu’à maintenant presque toujours élu son président d’un seul homme, et la plupart du temps, un homme, en un ou deux tours. Mais vu l’éclatement inhabituel des forces politiques, en l’absence des coalitions qui se forment traditionnellement en amont de ce vote, la chambre pourrait cette fois avoir recours aux finesses de son règlement, où une petite recette est prévue pour départager les gagnants en cas de duel serré.

Un mécanisme qui pourrait s’avérer assez long, et qui n’a été utilisé qu’une seule fois, en 1979, lors de l’élection de Pieter Dankert. Il avait alors fallu quatre tours pour départager droite et gauche.

Pour l’instant, la chambre est très divisée : il y a six candidats, et les représentants des deux principaux partis ne déchainent pas exactement les passions, ni pour ni contre eux.

À gauche, la GUE a choisi Eleonora Forenza, les Verts Jean Lambert, le Parti socialiste européen Gianni Pitella. Au centre, l’éternel Verhofstadt, et pour la droite, l’ex-commissaire Antonio Tajani pour le PPE, la Belge Helga Stevens pour le groupe ECR, troisième groupe du Parlement, et Laurentiu Rebega pour l’Europe des Nations et des Libertés à l’extrême-droite.

Les candidats à la présidence du Parlement font monter la pression

Les sept candidats à la présidence du Parlement européen ont fait monter la pression lors d’un débat sur le futur de l’institution, sur le Brexit et sur la discorde entre les grands groupes politiques. Un article d’EURACTIV Espagne.

Cet éclatement laisse planer des doutes sur l’issue du vote, mais aussi sur les futurs pouvoirs du président, dont la légitimité sera nécessairement plus fragile qu’en cas de coalition. Ce qui n’est pas sans déplaire à certains, comme ce salarié du Parlement européen qui se réjouit de la fin de l’empire Schulz. « Certes il a fait connaitre l’institution, mais en imposant un fonctionnement hiérarchique et autoritaire, c’est le comble pour une institution démocratique ! » assure ce fonctionnaire.

Le double effet du vote à bulletin secret

Les 751 élus du Parlement européen ont rendez-vous à 9 heures mardi matin pour le premier tour de l’élection, qui se fait à bulletin secret, donc sans vote électronique, ce qui rallonge sérieusement le processus. Dans l’immense hémicycle, les eurodéputés devront se diriger vers 4 urnes réparties dans la salle, avant un dépouillement manuel.

Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue, ce premier vote éliminera les deux derniers candidats sur 5 présents.

Et c’est alors que les choses se corsent : pour le deuxième tour, il est possible que de nouveaux candidats émergent. Et en l’absence de coalition, cette hypothèse est plus crédible, d’autant que le vote à bulletin secret permet aux élus de voter sans complexe en dehors de leur groupe. Ce qui pourrait rallonger encore l’arbitrage. Un deuxième tour à 3, ou à cinq, n’aura bien sûr pas le même résultat.

Pour le quatrième tour, en revanche, le Parlement doit nécessairement se prononcer sur deux candidatures. Et en l’absence de majorité absolue pour l’un ou l’autre, c’est le plus vieux qui l’emportera.

Côté âge, c’est Jean Lambert, qui, étant Britannique, a elle-même reconnu le caractère symbolique de sa candidature, et qui est la doyenne, devant Guy Verhofstadt ( 63 ans) , qui est l’aîné de Tajani à quelques mois près, ce dernier était a priori leader dans les intentions de vote des eurodéputés selon VoteWatch. À 58 ans Pittella est plus jeune. Viennent ensuite trois « quadras » : Helga Stevens (48 ans), le candidat roumain Laurentiu Rebega et Eleanora Forenza pour la GUE (40 ans).

Reste que le jeu est encore ouvert. De l’avis de certains, l’absence de débat de fond avant cette élection, dont la campagne s’est ouverte tardivement en raison des hésitations du président sortant, Martin Schulz, qui hésitait entre Strasbourg et Berlin, pose un réel problème. Suffisant pour que l’élection soit « reportée, si besoin », selon l’élue centriste Sylvie Goulard.

Tajani et Pittella font jeu égal dans la course à la présidence du Parlement

Seule une poignée de voix sépare  les deux candidats italiens  à la présidence du Parlement européen, selon les projections effectuées par VoteWatch.

Une fois le président élu, théoriquement mardi soir, le scrutin se poursuivra mercredi pour les seconds rôles, pour lesquels l’absence de coalition signifie aussi que la bataille sera rude : les postes de vice-président et de questeurs seront encore plus recherchés.

 

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