Une eurodéputée irlandaise attaque les projets français de défense à la veille du référendum [FR]

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Hier, 9 juin, Kathy Sinnott, une eurodéputée indépendante de l’Irlande du Sud, a accusé le gouvernement français de garder le secret autour d’un projet de défense afin d’empêcher un « non » lors du référendum irlandais prévu jeudi sur le traité de Lisbonne.

Selon Mme Sinnott, le président français Nicolas Sarkozy  prévoit de faire de la défense l’une des priorités de la prochaine présidence de l’UE. Elle a laissé entendre que la France insisterait pour augmenter les dépenses militaires des pays européens à hauteur de 6% du PIB, ce qui signifierait pour l’Irlande un montant s’élevant à 10 milliards d’euros. Elle a demandé à ce que Paris présente ses projets immédiatement.

Le traité de Lisbonne envisage une coopération militaire plus étroite entre les Etats membres, avec l’option de créer une politique européenne de défense si tel est le choix des Etats membres.

La neutralité irlandaise en matière de défense et de sécurité a été un des piliers de son Etat depuis qu’elle a obtenu l’indépendance du Royaume-Uni en 1922. Le traité de Lisbonne stipule que l’Irlande n’est pas obligée d’y prendre part, ou d’être tenue de suivre, les décisions dans ce qui est connu comme « l’Espace de liberté, de sécurité et de justice ». Mais le camp du « non » ne cesse néanmoins d’insister sur le fait que dans le cadre du nouveau traité européen, l’Irlande perdra sa neutralité.

Une source de la représentation permanente de la France auprès de l’UE a déclaré à EURACTIV que le livre blanc français est « une stratégie nationale et non européenne », en ajoutant qu’ « il ne va pas changer la vie des Irlandais de quelque manière que ce soit ». Cette source a renchéri en déclarant que dans le domaine de la défense, tout continuera sur la base du consensus et que personne ne défierait la clause de opt-out irlandaise.

Parallèlement, John Bolton, un ancien ambassadeur américain auprès des Nations unies, qui a servi sous Ronald Reagan et George Bush, père de l’actuel président, a affirmé que le traité de Lisbonne fragilisera l’OTAN. S’adressant à l’University College de Dublin, il a mis en garde les Irlandais de ne pas accorder plus de pouvoirs aux bureaucrates européens.

In the meantime John Bolton, a former US ambassador to the UN who served under Ronald Reagan and George Bush senior, claimed the Lisbon Treaty undermines NATO. Speaking at the University College, Dublin, he warned the Irish not to give « more power to (EU) bureaucrats ».

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