Une majorité de droite se dessine pour von der Leyen

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La candidate à la présidence de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, va devoir composer une majorité au Parlement européen en s’appuyant sur toutes les « couleurs »  de l’hémicycle.

« Elle n’aura aucun problème pour obtenir une majorité. Mais politiquement parlant, c’est la couleur de cette majorité qui compte », a déclaré une source socialiste à Euractiv.com.

Les Verts et la gauche radicale ont déjà annoncé qu’ils ne soutiendraient pas von der Leyen pour le poste de direction de la Commission.

En outre, les sociaux-démocrates semblent profondément divisés. Iratxe García, leader du S&D, ainsi que les délégations espagnole et portugaise, soutiennent Ursula von der Leyen. Le Premier ministre danois Mette Frederiksen a également confirmé le soutien de son parti.

Les partis socialistes allemand, britannique, néerlandais et belge s’opposent quant à eux à l’Allemande. La délégation grecque a également fait part de ses préoccupations : L’eurodéputée Eva Kaili aurait accusé von der Leyen d’être plus sévère que l’ancien ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble pendant la crise économique grecque, tandis que l’eurodéputé Nikos Androulakis la critique pour avoir qualifié la Macédoine du Nord de « Macédoine ».

Les socialistes italiens sont sceptiques quant à l’absence de réponses lors de son audition : « Lorsque l’eurodéputé Roberto Gualtieri lui a demandé son avis sur le plan d’investissement et la règle d’or, il n’a pas obtenu de réponse ».

Mais les deux partis au pouvoir en Italie, Mouvement 5 étoiles et Lega, sont prêts à soutenir l’offre de Ursula von der Leyen. Les 42 voix italiennes pourront s’avérer cruciales.

Des rumeurs à Bruxelles suggèrent que le parti de droite Lega a mené des négociations avec von der Leyen ces derniers jours, demandant en échange la nomination du bras droit de Matteo Salvini, Giancarlo Giorgetti comme commissaire italien.

La délégation du Mouvement des cinq étoiles au Parlement européen a également parlé d’une « rencontre positive » avec la présidente nominée le 10 juillet. « Nous partageons les mêmes priorités », a déclaré Tiziana Beghin, chef du groupe.

Selon la source socialiste, Ursula von der Leyen devra compter sur le soutien des conservateurs et réformistes européens (CRE) et de l’extrême droite Identité et Démocratie (ID), mais ensuite « elle doit être consciente que sa nomination sera basée sur une majorité de droite à droite ».

Bien que le CRE se considère proche des vues d’Ursula von der Leyen, le groupe est profondément divisé sur la question de savoir s’il va lui accorder son soutien, a déclaré une source du parti.

Les quatre pays de Visegrad – République tchèque, Slovaquie, Pologne et Hongrie – ont d’abord soutenu sa candidature afin d’éviter que Frans Timmermans, le paladin de l’État de droit de l’UE, ne se retrouve à ce poste.

Elle a toutefois déclaré au cours des auditions qu’elle aimerait que le Néerlandais continue d’être en charge du portefeuille, ce qui pourrait en fin de compte éloigner les quatre pays, estiment certains.

Mais si le parti hongrois Fidesz agit en tant que « bon garçon du PPE », le parti polonais de la loi et de la justice (PiS), la force la plus puissante au sein du CRE, pourrait reconsidérer sa position, surtout après que le « cordon sanitaire » lui ait été appliqué lors de la sélection des présidents des commissions parlementaires.

(Łukasz Gadzała, Euractiv Pologne / Sarantis Michalopoulos, Alexandra Brzozowski, Gerardo Fortuna, Euractiv.com)

BRUXELLES

Scandales d’extrême droite. Kris Van Dijck, de la Nouvelle Alliance flamande (N-VA), a été contraint de démissionner de la présidence du Parlement flamand après avoir été accusé d’être impliqué dans une affaire de faillite frauduleuse. La semaine dernière il était déjà sous le feu des critiques pour un accident de conduite en état d’ivresse. Le départ de Kris Van Dijck a porté le premier vice-président, Filip Dewinter (Vlaams Belang) à la tête de la chambre, faisant de lui le premier représentant d’extrême droite à occuper ce poste. (Alexandra Brzozowski, Euractiv.com).

BERLIN

Popularité des Verts. Les Verts sont de plus en plus populaires auprès de tous les groupes d’âge, selon un sondage publié le 11 juillet par Spiegel online. Dans les groupes d’électeurs âgés de 18 à 64 ans, les Verts sont au moins à égalité avec les conservateurs de la CDU/CSU.

Seul le groupe des électeurs âgés de 65 ans et plus est toujours clairement en faveur de la CDU et de la CSU (37 %), tandis que les Verts et les sociaux-démocrates (SPD) sont deux fois moins forts environ. (Claire Stam, Euractiv Allemagne)

MADRID

Hégémonie socialiste. Le leader des socialistes français, Olivier Faure, a déclaré à l’agence espagnole EFE que les socialistes, en particulier au Portugal et en Espagne, devraient réaffirmer au niveau européen l’hégémonie dont ils ont été privés.

« Nous avons des socialistes trop modestes quant au rôle et à l’influence qu’ils pourraient avoir, et je pense que Pedro Sanchez pourrait être l’un de ceux qui réaffirment ce leadership », a déclaré M. Faure (Euroefe).

LONDRES

Injustice sociale. Le Royaume-Uni mettra en place un nouvel organe pour s’attaquer aux « injustices profondément enracinées » et créer une société plus juste, a annoncé la Première ministre Theresa May.

L’Office for Tackling Injustices (OfTI) présentera aux futurs gouvernements les moyens de combler le manque d’égalité selon l’origine socio-économique, l’origine ethnique, le sexe, le handicap et l’orientation sexuelle. (Samuel Stolton, Euractiv.com).

VIENNE

Renomination de Hahn. La chancelière intérimaire autrichienne Brigitte Bierlein souhaite que Johannes Hahn reste membre du collège des commissaires, rapporte l’agence de presse autrichienne APA. « À la lumière des discussions qui ont eu lieu jusqu’à présent avec les partis représentés au Parlement, j’ai l’intention de proposer au gouvernement la nomination de M. Hahn », a déclaré Brigitte Bierlein.

Ce serait donc le troisième mandat de Hahn. Il a été commissaire à la politique européenne de voisinage et à l’élargissement sous la direction de Jean-Claude Juncker et, de 2010 à 2014, commissaire à la politique régionale. (Doris Pundy, Euractiv Allemagne).

ATHÈNES / NICOSIE

Tempête mortelle. Sept personnes, dont deux enfants, ont été tuées et plus de 120 blessées à la suite des conditions climatiques extrêmes qui ont frappé la Chalcidique, une destination touristique importante du sud de la Macédoine. Plus de 80 % de la zone a été laissée sans électricité et des dommages importants ont été signalés à l’infrastructure. (Theodore Karaoulanis, Euractiv Grèce)

Mesures contre la Turquie. Le COREPER finalise aujourd’hui les mesures prises à l’encontre de la Turquie si le pays poursuit ses activités illégales de forage au large des côtes de Chypre. Une décision doit être prise lors d’une réunion des ministres des affaires étrangères lundi. Selon Reuters et les médias chypriotes, les mesures comprennent moins de fonds pour l’aide de préadhésion et la révision des prêts de la Banque européenne d’investissement (BEI) à la Turquie, ainsi que le gel de toute discussion de haut niveau. (Theodore Karaoulanis, Euractiv Grèce)

BRATISLAVA

Čaputová en Hongrie. « Pour que notre coopération (au sein du groupe de Visegrad) ait un sens, elle ne doit pas se limiter à la protection des intérêts régionaux. Il doit s’agir de promouvoir les valeurs démocratiques, les valeurs de liberté et d’État de droit ainsi que les valeurs de l’intégration européenne (…) afin que nous ne soyons pas perçus comme ceux qui divisent ou affaiblissent l’UE », a déclaré la présidente slovaque Zuzana Čaputová lors d’une rencontre avec le président hongrois János Áder à Budapest.

Elle a également défendu la démocratie libérale et rencontré le Premier ministre Viktor Orbán. Certains médias pro-gouvernementaux ont parlé de Zuzana Čaputová comme d’un « agent de George Soros ». (Zuzana Gabrižová, Euractiv Slovaquie)

BUCAREST

Toujours pas de décision sur l’ambassade en Israël. La Première ministre Viorica Dancila a semblé revenir sur ses remarques précédentes concernant le déplacement de l’ambassade de Roumanie à Jérusalem. Elle a déclaré dans une interview que le gouvernement avait finalisé une analyse sur le projet de déménagement de l’ambassade de Tel-Aviv qui a été envoyée aux institutions concernées, y compris au président Klaus Iohannis.

Selon elle, la décision de déplacer l’ambassade est entre les mains du président, mais Klaus Iohannis n’a rien dit jusqu’à présent. En mars dernier, Viorica Dancila avait déclaré lors d’une conférence à Washington que la Roumanie déplacerait l’ambassade à Jérusalem, une déclaration qui a suscité la colère des pays arabes et qui aurait pu lui coûter un siège au Conseil de sécurité de l’ONU. (Euractiv Roumanie)

BELGRADE

Réformes parallèles. Commentant une déclaration du président français Emmanuel Macron selon laquelle il n’y aurait pas de nouvelle adhésion à l’UE tant que certaines réformes internes ne seraient pas achevées, l’ambassadeur allemand en Serbie, Thomas Schieb, a déclaré que la position de Berlin est que ce sont deux processus distincts, qui devraient se dérouler en parallèle.

« Les réformes au sein de l’UE se poursuivront tant qu’elle existera… C’est un processus constant, qui n’empêche pas l’admission de nouveaux membres, à condition que les candidats remplissent toutes les conditions. La Serbie mène des réformes difficiles, ce qui prendra un certain temps ; l’UE mène ses propres réformes et, à un moment donné, la Serbie rejoindra l’UE », a-t-il déclaré. (Euractiv Serbie)

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