Tim Cook plaide pour un RGPD à l’américaine

Le PDG d'Apple, Tim Cook, prononce un discours lors de la 40e Conférence internationale des commissaires à la protection des données et de la vie privée devant le Parlement européen à Bruxelles, Belgique, le 24 octobre 2018. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Le PDG d’Apple a appelé les États-Unis à « suivre l’exemple » de l’UE en matière de protection de la vie privée, en adoptant un loi fédérale sur le modèle du RGPD.

Le PDG d’Apple a réclamé une « loi fédérale complète sur le respect de la vie privée aux États-Unis », après avoir salué les efforts de l’UE en matière de protection des données.

L’appel de Tim Cook s’est déroulé en présence de responsables et de leaders du monde entier, réunis pour une conférence sur l’éthique de la protection de la vie privée, organisée par le Comité européen de la protection des données à Bruxelles, le 24 octobre.

Le patron de la firme à la pomme s’est farouchement prononcé contre « les escrocs du milieu, et les gouvernements qui ont abusé de la confiance des utilisateurs pour exacerber la division, encourager la violence et même faire oublier à l’humanité le sens du vrai et du faux ».

« La technologie peut aggraver les pires tendances de l’être humain », a-t-il dénoncé. « Cette crise est réelle. »

Les États membres trouvent Bruxelles trop stricte sur la vie privée

Certains États membres trouvent les propositions de la Commission sur l’utilisation des données privées trop strictes, un avis partagé par les opérateurs.

Bientôt une loi américaine sur la protection de la vie privée ?

Tim Cook a imaginé une loi fédérale dotée de quatre droits fondamentaux : le droit à la vie privée, à la connaissance, à la sécurité et à Internet.

Parmi les autres orateurs présents à l’événement figuraient Sir Tim Berners-Lee, inventeur du World Wide Web, et Giovanni Buttarelli, commissaire à la protection des données de l’UE.

Le roi Felipe d’Espagne, Mark Zuckerberg ou encore Sundar Pichai (Google) étaient également présents en vidéoconférence, mais ces deux derniers sont restés plus évasifs que Tim Cook sur le sujet.

« La vie privée est un droit individuel que nous devons continuer à défendre tous ensemble », a déclaré le PDG de Google. « Aujourd’hui, on sent une réelle volonté d’élaborer des règles pour la protection des données dans le monde entier, et nous nous en réjouissons. »

Mark Zuckerberg, quant à lui, était plus sur la défensive, ne faisant aucune référence au scandale de Cambridge Analytica qui a entaché la réputation de Facebook.

Le scandale Facebook décrédibilise la protection des données européennes

Pour les eurodéputés, l’UE a besoin de lois encore plus strictes pour empêcher l’utilisation illégale de données de millions d’utilisateurs comme l’ont fait Facebook et Cambridge Analytica..

Il a plutôt choisi de souligner les mesures prises par Facebook pour renforcer ses normes de protection de la vie privée et des données, tout en appelant les citoyens européens à maintenir leur « confiance » en Facebook.

« Vous devez nous faire confiance », a dit Mark Zuckerberg. « Il faut que nous trouvions le juste équilibre entre la liberté d’expression, la sécurité et la vie privée. »

Le pape François sort de l’ombre

Côté européen, Giovanni Buttarelli a demandé plus de responsabilité sur la protection des données de la part des régulateurs et des gouvernements, rappelant que les technologies n’étaient pas des systèmes intrinsèquement éthiques.

« Le numérique n’a que faire des limites humaines », remarque-t-il. « Il envahit nos espaces les plus intimes. »

Moment peu conventionnel, la lecture d’une lettre du pape François par Giovanni Buttarelli, dans laquelle le chef de l’Église catholique affirme que la technologie doit être au service des humains, et non l’inverse.

Les eurodéputés prennent position

Cette conférence répond à la préoccupation grandissante des Européens concernant la sécurité de leurs données. À cet effet, les eurodéputés ont adopté une résolution le 25 octobre, dans laquelle ils demandent instamment à Facebook de laisser l’UE effectuer un audit complet sur la fiabilité de la firme.

La commissaire à la justice et à l’égalité des genres Věra Jourová a parlé d’une « course à l’armement numérique » dans laquelle « nos données personnelles peuvent être utilisées de manière abusive et se retourner contre nous », lors d’un débat avec les députés le 23 octobre.

Les États-Unis sont depuis peu dans la ligne de mire de la commissaire tchèque, après que des entreprises américaines ont fait fi des règles européennes en matière de protection des données.

Toutefois, de hauts fonctionnaires de la Commission ont récemment estimé que les États-Unis faisaient des efforts pour se mettre au niveau de l’Europe dans le cadre du Bouclier de confidentialité UE-États-Unis.

Věra Jourová perd patience face à Facebook

Facebook en a pris pour son grade le 20 septembre lorsque la commissaire européenne à la justice, Věra Jourová, a parlé de sa propre expérience Facebook ainsi que du problème du non-respect des géants de la tech envers les règles européennes de protection des consommateurs.

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