La Valette et Athènes insistent sur le pilier social de l’Europe

Malte et la Grèce ont promis de collaborer plus étroitement dans une « coalition de volontaires » pour se diriger vers une Europe plus sociale. Un article d’Euractiv Grèce.

Le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, a rencontré le 1er mars son homologue grec, Alexis Tsipras, à Athènes, pour discuter en vue du 60e anniversaire du traité de Rome.

Tsipras propose une alliance anti-austérité

Le gouvernement grec a invité les dirigeants de six pays du sud de l’Europe, dont la France, à forger une alliance anti-austérité.

Joseph Muscat a assuré que la présidence européenne de son pays essayait de donner une dimension à la fois européenne et méditerranéenne avec un accent tout particulier mis sur la crise des réfugiés.

« Cela nous tient vraiment à cœur et je pense que ce que nous avons commencé il y a un mois lors du sommet des pays de la Méditerranée a déjà débouché sur des résultats positifs », a déclaré le politique maltais.

Le Premier ministre a répété que les rencontres des pays méditerranéens n’étaient pas un « club fermé » et a dit qu’il espérait que le sommet à Rome ne serait pas juste une célébration, mais servirait de base et d’orientation pour l’avenir.

Faisant référence à la crise des réfugiés, il a reconnu que les pays européens avaient été divisés, mais que désormais « nous sommes entrés dans un débat important concernant les dimensions de cette problématique ».

Tsipras: «la croissance ne crée pas de déficit»

Exclusif. La rencontre des dirigeants des pays méditerranéens, aujourd’hui (le 9 septembre) à Athènes, aura pour objectifs de faire entendre la voix du sud de l’Europe et d’unir davantage l’Europe, explique Alexis Tsipras à EURACTIV.

Contre l’austérité

Alexis Tsipras a souligné que les pays méditerranéens étaient en première ligne des défis auxquels faisait face l’Europe, comme le chômage ou la dégradation des droits sociaux et du travail.

Il a prévenu que les valeurs européennes étaient mises à l’épreuve à cause de la montée du nationalisme « qui trouve un terrain fertile dans des conditions de récession économique et d’insécurité ».

« L’Union européenne se définit par les acquis démocratiques et sociaux sans lesquels elle ne peut pas exister […] nous sommes piégés dans des mathématiques d’austérité des indicateurs et des chiffres », a commenté le politique de gauche.

Pour Alexis Tsipras, la montée de l’euroscepticisme à travers l’Europe doit être attribuée aux politiques d’austérité et au déficit démocratique puisque les « citoyens européens n’ont plus l’impression de participer aux évolutions politiques ».

Il a insisté sur le fait que le sommet de Rome ne devrait pas être une célébration, mais un anniversaire, qui se concentrera sur une réflexion et une redéfinition du projet européen pour le rendre plus attirant aux yeux des citoyens.

Renflouement de la Grèce

Les deux dirigeants ont également discuté des négociations en cours concernant le plan de sauvetage de la Grèce et la conclusion très débattue du second examen du programme financier.

Selon l’agence de presse d’Athènes, Alexis Tsipras aurait déclaré qu’il était tout à fait possible de terminer l’évaluation technique d’ici à la prochaine réunion de l’Eurogroupe le 23 mars.

Joseph Muscat a souligné que le gouvernement grec avait fait d’énormes progrès et a affirmé que de nombreux collègues en Europe partageaient ce point de vue.

Nécessité d’un pilier social

Joseph Muscat a aussi rappelé l’importance d’un pilier social en tant que partie intégrante de l’avenir de l’UE. « J’ai trouvé en Grèce quelqu’un qui partage totalement mon point de vue. »

Le dirigeant maltais a ajouté que d’autres États membres avaient des points de vue politiques différents et qu’il fallait les convaincre.

« Il pourrait y avoir une coalition de volontaires qui veulent avancer vers une réelle vision pour de meilleures conditions sociales et moins de chômage », a-t-il déclaré.

La gauche accuse Merkel de creuser les clivages en Europe

L’Europe a besoin de changer ses politiques d’austérité, et pas pour une politique à plusieurs vitesses comme le suggère Angela Merkel, ont affirmé des responsables démocrates, écologistes et de gauche.

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