Viktor Orban brocarde encore la droite européenne du PPE

Viktor Orban.

Le dirigeant souverainiste hongrois Viktor Orban a brocardé jeudi le PPE qu’il juge en perte de vitesse, trop centriste, et qu’il n’exclut pas de quitter alors que son parti, le Fidesz, est actuellement suspendu de ce groupe politique.

Le Parti populaire européen « décline, perd de son influence, perd des positions, perd des sièges et s’affaiblit », a déclaré le Premier ministre Viktor Orban lors d’une rare conférence de presse de plusieurs heures à Budapest.

« La direction est mauvaise, nous devenons plus libéraux, socialistes, de gauche et centristes, nous ne défendons pas et ne préservons pas nos valeurs d’origine », a ajouté le Premier ministre, chef de file de l’aile nationaliste de la grande famille des droites de l’UE, qui compte dans ses rangs la CDU allemande et le parti français Les Républicains.

Le PPE a pris la décision en mars de suspendre le parti Fidesz de M. Orban, jugé en rupture avec la ligne pro-européenne de cette formation.

Une partie de cette dernière était alors favorable à l’exclusion pure et simple du Fidesz et un rapport d’évaluation sur la politique menée en Hongrie avait été commandé.

Macron fustige le compromis du PPE

Le Président français, Emmanuel Macron, a critiqué la décision du PPE de suspendre le parti Fidesz du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, plutôt que de l’exclure de la famille politique.

Fin 2019, le nouveau président du PPE, Donald Tusk, avait indiqué qu’il voulait trancher le sort du Fidesz en janvier. Viktor Orban, de son côté, souffle depuis des mois le chaud et le froid sur son avenir au sein du PPE, jugeant possible un départ du Fidesz.

« Si (le PPE) ne peut pas changer de cap, nous aurons besoin d’une nouvelle initiative européenne », a déclaré M. Orban.

« Nous allons lancer quelque chose de nouveau dans la politique européenne, pour contrebalancer (le président français Emmanuel) Macron et son nouveau mouvement politique, nous avons besoin de quelque chose (…) à droite », a-t-il déclaré.

De nombreux observateurs spéculent sur le fait que le Fidesz rejoigne au Parlement européen le groupe des ultraconservateurs polonais du parti Droit et Justice (PiS), dont le Premier ministre hongrois a rencontré le chef, Jaroslaw Kaczynski, mardi 7 janvier à Varsovie.

Un départ du Fidesz signifierait pour le PPE la perte de douze députés dans son groupe parlementaire.

Aux élections européennes de mai 2019, la droite européenne et les sociaux-démocrates, l’autre grand parti historique, ont reculé au profit des Libéraux, des Verts ou de l’extrême droite et des populistes.

Viktor Orban a indiqué qu’il comptait s’entretenir avec la chancelière allemande Angela Merkel, le chancelier Autrichien Sebastian Kurz et le président du PPE Donald Tusk avant de prendre sa décision définitive sur l’avenir du Fidesz.

Les « cas Orban » se multiplient dans les partis politiques européens

La suspension temporaire ou l’exclusion définitive du parti de Viktor Orbán, le Fidesz est à l’ordre du jour du PPE. Mais tous les grands partis politiques européens sont confrontés à des dérives populistes, Ouest-France.

Il a également qualifié le Premier ministre britannique Boris Johnson « d’homme politique parmi les plus courageux » pour avoir vaincu de puissants opposants politiques et des « médias partiaux » dans la saga du Brexit.

« Je crois qu’une coopération généreuse et stratégique est nécessaire avec les Britanniques dans la période à venir lorsqu’ils ne seront plus membres de l’UE », a-t-il énoncé. Pour le dirigeant souverainiste, très critique envers la gouvernance européenne, le Royaume-Uni après le Brexit sera probablement une « réussite ».

M. Orban, accusé d’avoir restreint la liberté de la presse en Hongrie, a de nouveau reproché jeudi aux médias critiques envers sa politique de répandre des fausses nouvelles.
Plusieurs organismes de presse ont affirmé s’être vu refuser l’accès à la salle de la conférence de presse.

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