Vladimir Poutine veut que l’Ukraine revoie sa politique à l’égard de l’Europe

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Le président russe a exhorté l’Ukraine à rejoindre l'union douanière de la Russie, plutôt que de resserrer ses liens avec le Vieux Continent.

Vladimir Poutine a fait allusion à l'histoire commune afin de rappeler au peuple ukrainien les avantages potentiels d'une alliance plus étroite avec la Russie. Sa visite en Ukraine survient quatre mois avant un sommet à Vilnius censé aboutir à la signature d'accords historiques entre l'Ukraine et l'Union européenne.

« Aujourd'hui, nous assistons à une très forte concurrence sur les marchés mondiaux. Ce n'est qu'en unissant nos efforts que nous pourrons devenir compétitifs et gagner dans cette lutte acharnée », a indiqué Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse le 27 juillet.

Le président russe s'est rendu en Ukraine à l'occasion du 1 025e anniversaire du baptême de la Russie kiévienne, l'État médiéval qui a ensuite donné lieu à l'Empire russe.

Il a déclaré que les échanges commerciaux entre l'Ukraine et la Russie avaient diminué de 18 % au cours du premier trimestre de 2013, alors qu’au sein de l’Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan, ils avaient augmenté entre 2 et 3 %.

La Russie voit d'un mauvais œil le rapprochement de l'Ukraine vers l'UE. Et exhorte depuis longtemps son ancien État satellite à joindre son union douanière. Elle a même laissé penser que Kiev pourrait bénéficier d'une réduction sur les approvisionnements en gaz russe. L'Ukraine dépend énormément de cette ressource vendue actuellement à un prix « exorbitant ».

Si Kiev signe un accord d'association avec l'UE dans les domaines du libre-échange et de la politique, son entrée dans l’union douanière de la Russie sera compromise.

Même si Vladimir Poutine a déclaré que Moscou allait respecter tout choix de ses « partenaires, amis et frères ukrainiens », Kiev ne peut ignorer le risque de sanction commerciale de la Russie, le principal marché à l’exportation du pays.

Viktor Ianoukovitch joue les funambules

Tout en ne remettant pas en doute les accords avec l'UE, le président ukrainien a essayé de faire passer la pilule.

Viktor Ianoukovitch a qualifié la Russie de « partenaire stratégique » quand il s'est rendu en compagnie de son homologue russe dans le port de Sébastopol. Les Russes y louent une base pour leur flotte dans la mer Noire. « Nous apprécions […] notre amitié avec la Russie », a-t-il indiqué.

Il a également promis que l'Ukraine accepterait que la Russie modernise sa flotte vieillissante.

« Le président [Ianoukovitch] a indiqué que le gouvernement ukrainien ferait tout son possible pour garantir la mise en place de programmes de modernisation de la flotte [russe] », peut-on lire dans un communiqué.

L'accord d'association avec l'Ukraine a été paraphé il y a plus d'un an, mais l'UE a fait dépendre sa signature des progrès réalisés entre autres dans les réformes démocratiques et judiciaires, dont la libération de l'ancienne première ministre Ioulia Timochenko.

Le projet d'accord propose une coopération économique et politique renforcée, mais n'ouvre pas la voie à l'adhésion à l'UE.

L'Ukraine espère signer l'accord lors du sommet consacré au Partenariat oriental les 28 et 29 novembre qui sera organisé à Vilnius sous la présidence lituanienne du Conseil de l'UE. Plusieurs dirigeants des États membres de l'UE, notamment ceux des pays de l'ex-Union soviétique, plaident en faveur d'une signature lors de ce sommet pour des motifs géopolitiques. La Lituanie, qui assure la présidence tournante depuis le 1er juillet, espère vraiment que ce sommet portera ses fruits.

  • 28-29 nov. : sommet du Partenariat oriental à Vilnius

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