Face à la hausse des inégalités, Davos s’inquiète pour le futur de l’humanité

Donald Trump et Emmanuel Macron se sont rencontrés à Paris avant l'ouverture du Forum de Davos. [Julien De Rosa/EPA]

La reprise économique pourrait cacher le début d’une nouvelle grande crise, notamment fondée sur les inégalités, prévient le Forum économique mondial lors de son rapport annuel sur les risques dans le monde.

L’économie n’est plus le métronome émotionnel de l’état du monde. La production mondiale s’est améliorée ces dernières années et la reprise continue dans toutes les grandes économies, dix ans après le début de la crise financière.

Pourtant, l’ambiance devrait à nouveau être plutôt sombre cette année à Davos, où 2 500 personnalités des mondes politique et des affaires, dont 70 chefs d’État et de gouvernement, se réunissent du 23 au 26 janvier.

Depuis deux ans, le Forum de l’économie mondiale s’est surtout inquiété des risques potentiels émanant de la révolution numérique en cours et des défauts de la mondialisation. Ces deux phénomènes posent des problèmes à la fois en termes d’égalité entre nations et entre citoyens d’une même nation.

L’an dernier, dans le contexte du mécontentement populaire et des incertitudes engendrés par ces tendances, le forum a appelé à « des réformes fondamentales du capitalisme de marché ».

Cette année, le rapport des risques mondiaux insiste sur le fait que « les difficultés systémiques se sont plutôt intensifiées dans le contexte d’indications de plus en plus nombreuses quant à l’incertitude, instabilité et la fragilité ».

Le document souligne que partout dans le monde, les conditions de vie sont les plus élevées jamais connues par l’humanité, après la fin de la pire crise financière depuis la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, le monde d’aujourd’hui semble incapable de gérer ces difficultés, les changements rapides et les risques en cascade.

« L’accélération et l’interconnectivité de tous les secteurs de l’activité humaine testent à l’extrême les capacités d’absorption des institutions, communautés et individus. Cette tendance met en danger le développement humain futur », estiment les auteurs du rapport.

« L’économie mondiale peut faire face aux choix politiques des Etats-Unis »

Le commissaire Pierre Moscovici craint que la présidence de Donald Trump n’apporte davantage de protectionnisme et de nationalisme. Mais estime que les économies mondiales et européennes sont assez solides pour y répondre.

Ce risque découle du manque de collaboration pour effectuer les changements systémiques nécessaires à cette « nouvelle norme ». La doctrine « America first » de Donald Trump représente le meilleur exemple de l’isolationnisme et du nationalisme qui érodent la collaboration au niveau mondial.

Vendredi prochain, le président américain devrait tenter de convaincre l’assistance des avantages de son approche fondée sur des échanges à somme nulle entre États forts.

Inégalités de genres

Depuis l’arrivée du président à la Maison-Blanche, il y a exactement un an, il s’est passé beaucoup de choses. La réduction des inégalités, un des éléments clés discutés à Davos en 2017, n’en fait cependant pas partie.

La « disparité croissante de revenus et de richesses » continue de figurer à la troisième place des sources de risques pour la décennie à venir, selon les experts du Forum économique mondial. En outre, en 2017, l’écart de la parité entre les genres en ce qui concerne la santé, l’éducation, la politique et l’emploi s’est creusé pour la première fois depuis que le forum le mesure (2006), passant de 31,7 % en 2016 à 32 %.

Face à ces inégalités persistantes, aux conséquences négatives de la révolution numérique, à un chômage structurel élevé et à la progression du sous-emploi, ainsi que du haut niveau de dette, notamment en Chine, le rapport estime essentiel d’octroyer plus d’attention au risque d’éruption d’une nouvelle crise.

L’imminente crise des retraites fait partie des questions abordées dans le rapport, qui rappelle que les épargnes inadaptées ne permettront pas de couvrir les besoins d’une population vieillissante. Les auteurs du document estiment à 400 000 milliards de dollars, soit cinq fois l’économie mondiale, l’écart entre les économies prévues et les besoins réels d’ici 2050.

Le forum souligne également de nouvelles difficultés, comme l’absence d’une législation efficace en cas de nouvelle crise, ou les pressions protectionnistes « dans un contexte de politiques nationalistes et populistes croissantes ».

« Notre première réaction doit être de développer de nouveaux modèles de coopération qui ne soient pas fondés sur des intérêts étroits, mais sur le destin de l’humanité tout entière », assurait déjà en septembre dernier Klaus Schwab, fondateur et président exécutif du Forum économique mondial.

Davos se penche sur les classes moyennes

Menacées par le chômage, les classes moyennes ressentent pleinement les effets de la crise et devient la proie du populisme, comme le montre le Brexit. Ce qui préoccupe les grands de ce monde réunis à Davos.

Prochaines étapes

  • 23-26 January: World Economic Forum in Davos (Switzerland)

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