Grèce, une opportunité nouvelle pour l’Europe

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si la Grèce refuse la sortie de la zone euro, mais y est contrainte de facto, elle espère pouvoir imposer une redénomination de sa dette en nouvelle monnaie [John D. Carnessiotis/Flickr]

Dans une tribune commune, 12 eurodéputés appellent l’UE à la solidarité avec la Grèce, dans la foulée des élections qui ont porté Syriza au pouvoir. Envoyer à l’ensemble des membres du Parlement européen, cet appel a recueilli au total le soutien de 38 députés européens. 

Le résultat des élections grecques a ouvert la voie au changement en Europe. Après des années d’austérité inefficace et une politique économique qui n’a cessé d’aggraver la situation politique et sociale, nous considérons que les demandes exprimées par la Grèce peuvent aider le continent à changer le cours des choses.

Ces dernières années, La Grèce a fait l’objet de décisions inadaptées qui se sont traduites par une série d’échecs successifs retentissants. Ces politiques ont amené la zone euro au bord du gouffre et exclu plusieurs millions d’Européens de notre projet commun.

La crise sociale et humanitaire à laquelle est confronté notre continent est sans précédent en Europe: pauvreté qui explose, chômage endémique et coupes budgétaires massives dans les services publics de base. La Grèce a perdu plus de 25 % de son Produit intérieur brut (PIB) et plusieurs milliers de personnes ne peuvent satisfaire à leurs besoins essentiels.

Dans ce contexte, l’Europe, ses institutions et ses États membres ne peuvent continuer à se cacher honteusement derrière le programme de la troïka qui s’est soldé par un échec et n’a atteint aucun de ses objectifs. Certaines voix en Europe essaient de nous faire croire que la Grèce serait le problème, alors que le chômage, les inégalités sociales et la question de la dette sont les vrais défis à relever pour l’Union européenne.

Les institutions européennes et les gouvernements nationaux sont actuellement confrontés au résultat de réponses inadéquates apportées à la crise économique la plus grave depuis celle de 1929. Or les politiques menées ont accru les inégalités et mis en danger le projet européen.

La Grèce lance un appel au sursaut à l’Europe entière.

C’est pourquoi nous estimons que la solidarité doit prévaloir et que tous les efforts doivent être entrepris pour parvenir à un accord avec le gouvernement grec afin de mettre un terme aux errements qui ont conduit à la situation catastrophique du pays. Toute l’Europe profiterait de ce changement politique.

La Grèce est aujourd’hui notre chance de replacer les citoyens au cœur du projet européen en repositionnant la dignité humaine au centre de nos politiques tout en apportant des réponses concrètes et crédibles aux problèmes qui nous sont posés.

Les menaces proférées ces derniers jours à l’encontre du gouvernement grec ne sont pas acceptables: les institutions européennes doivent respecter le résultat des dernières élections et entamer des négociations constructives avec le gouvernement nouvellement élu.

La Grèce doit pouvoir bénéficier d’un allègement de sa dette publique pour faire face à la crise humanitaire qui sévit actuellement, à travers une réduction des objectifs assignés en termes de surplus de son solde budgétaire primaire et une restructuration de sa dette. Nous appelons les gouvernements et les institutions européennes à s’engager en faveur d’un accord rapide avec le gouvernement grec afin de permettre au pays d’assumer ses besoins financiers immédiats avant d’envisager dans un second temps les modalités d’un accord plus global.

Les jours à venir s’avéreront cruciaux, nous demandons aux dirigeants européens de garantir l’avenir de la Grèce au sein de la famille européenne en respectant pleinement la démocratie, la justice sociale et la solidarité. Nous n’avons pas le droit à l’échec: la survie du projet européen est en jeu.

La Grèce offre une opportunité démocratique et sociale à l’Europe. Nous appelons les responsables européens à saisir cette chance en tournant définitivement le dos aux erreurs passées et à l’impasse de l’austérité.

Premières signatures:

Marina Albiol (GUE/NGL, ES), Guillaume Balas (S&D, FR), Sergio Cofferati (S&D, IT), Pablo Iglesias (GUE/NGL, ES), Eva Joly (Greens/Efa, FR), Ska Keller (Greens/EFA, DE), Marisa Matias (GUE/NGL, PT), Edouard Martin, (S&D, FR), Liliana Rodrigues (S&D, PT), Molly Scott Cato (Greens/EFA, UK), Barbara Spinelli, (GUE/NGL, IT), Ernest Urtasun (Greens/EFA, ES).

>>Retrouver: la liste de l’ensemble des signatures. 

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