Le FMI pourrait avoir besoin de moins d’argent que prévu selon Christine Lagarde

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Un pare-feu renforcé est nécessaire pour protéger l'économie mondiale de la crise de la dette en Europe, mais le Fonds monétaire international pourrait ne pas avoir besoin d'autant d'argent qu'il ne le pensait il y a quelques mois, a expliqué la directrice du FMI, Christine Lagarde.

Lors d'un discours prononcé hier (12 avril) en amont de la réunion des dirigeants financiers à Washington les 20 et 21 avril prochains, Mme Lagarde a déclaré que la signature d'un accord entre les pays afin de renforcer la capacité financière du Fonds prendrait certainement du temps. Elle a ainsi jeté le doute sur la conclusion d'un tel accord la semaine prochaine.

Christine Lagarde a toutefois annoncé que les risques économiques et financiers identifiés par le FMI il y a trois mois s'étaient estompés et que les besoins en financement du bailleur de fonds international avaient diminué.

En janvier dernier, le FMI estimait que 500 milliards de dollars (379 milliards d'euros) supplémentaires pour les prêts ainsi que 100 milliards de dollars (76 milliards d'euros) de réserve seraient nécessaires, dans le but de créer un filet de sécurité face aux risques engendrés par la crise de la zone euro.

Les économies développées ou émergentes, notamment le Japon et le Canada, ont fait part de leur souhait de voir l'Europe faire ses preuves quant à sa capacité à redresser la barre, avant de verser des fonds supplémentaires pour l'aider.

Mme Lagarde a précisé qu'elle n'était pas préoccupée par le renforcement des ressources du FMI pour la zone euro, mais plutôt pour les pays extérieurs qui pourraient faire face aux répercussions de la crise.

« Un pare-feu plus solide à l'échelle mondiale permettra de boucler le « cercle de protection » pour tous les pays », a-t-elle expliqué au groupe de réflexion Brookings Institution basé à Washington. « Le FMI peut apporter son soutien. Mais pour être aussi efficaces que possible, nous devons augmenter nos ressources. »

Lors de la réunion des 187 pays membres du FMI la semaine prochaine, les discussions porteront surtout sur les ressources supplémentaires du Fonds, l'inquiétude persistante quant aux répercussions de la crise européenne sur l'Italie et l'Espagne, et le ralentissement de la croissance sur des marchés émergents comme la Chine.

Mme Lagarde a déclaré que le FMI évaluait à nouveau les risques pour l'économie mondiale  en prenant en compte les actions prises par l'Europe et leur effet bénéfique quant à l'atténuation de ces risques. « Les besoins aujourd'hui pourraient ne pas être tout à fait aussi importants que nous l'avions estimé en début d'année », a-t-elle ajouté.

L'ancienne ministre des finances française a toutefois déclaré : « Le plus grand risque réside dans la possibilité que les difficultés liées à la dette souveraine et à la situation financière reprennent de plus belle en Europe. »

Certaines mesures politiques mise en oeuvre en Europe ont permis de rétablir une certaine stabilité financière sur les marchés, a-t-elle expliqué.

« Certains des scénarios catastrophes prévus en 2011 et début 2012 ne se sont pas produits et une série de bonnes nouvelles a même restauré une petite partie de la confiance perdue », a-t-elle poursuivi.

« Nous devons donc réévaluer minutieusement, et c'est ce que nous faisons déjà, un nombre réduit de risques. Suite à cela, les chiffres seront certainement revus à la baisse », a-t-elle précisé en référence aux fonds supplémentaires nécessaires pour le FMI.

Le mois dernier, l'Europe a fait passer sa capacité de renflouement de 500 à 700 milliards d'euros, dans l'espoir de convaincre les dirigeants financiers du G20 qui se réuniront le 20 avril de contribuer au renforcement du FMI.

  • 20-21 avril : réunion des dirigeants financiers à Washington.

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