Le recyclage devrait être à l’agenda de la COP22

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Ceux qui prennent au sérieux la lutte contre le changement climatique devraient commencer par reconnaître l’énorme potentiel inexploité du recyclage en tant que « partenaire vert ».

Ranjit Baxi est président du Bureau International du Recyclage, l’association mondiale des acteurs du recyclage.

Alors que la poussière retombe et que l’euphorie se fane, les accords internationaux claironnés ont souvent tendance à être imparfaits ou inadéquats. Cela ne devrait pas s’appliquer à l’accord de la COP21 conclu à Paris à la mi-Décembre, pour toutes les analyses critiques inévitables du texte.

>> Lire : COP21 : les + et les – de l’accord

Le fait que près de 200 pays aux divers programmes ont mis un terme à deux décennies de querelles en signant un accord mondial qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à éviter les effets les plus nocifs du changement climatique, est un exploit extraordinaire. En substance, cet accord historique et ambitieux, conclu par la plupart des nations du monde, annonce la fin des combustibles fossiles.

En plus de se mettre d’accord pour essayer de freiner le réchauffement de la planète en dessous des 2°C anticipés, les pays se sont engagés à un nouvel objectif, celui de parvenir à zéro émission nette entre 2050 et 2100 et à une période d’examen tous les cinq ans. De manière significative, les pays riches se sont engagés à augmenter de 100 milliards de dollars (87 milliards d’euros) par an d’ici 2020 l’aide aux pays pauvres pour qu’ils transforment leurs économies.

Plutôt que de se concentrer sur les lacunes que l’on perçoit dans l’accord, nous devons donc saluer ce dernier pour ce qu’il est: un énorme pas en avant dans la lutte contre le changement climatique.

Cela ne veut pas dire que nous devrions nous arrêter là. Ceux qui prennent au sérieux le sujet de la lutte contre le changement climatique devraient également commencer à reconnaître l’énorme potentiel inexploité du recyclage en tant que « partenaire vert ». En tant qu’industrie faible en carbone, le recyclage réduit actuellement les émissions de gaz à effet de serre d’environ 700 millions de tonnes par an (une étude menée par BIR confirme en effet des économies en CO2 de l’ordre de 572 millions de tonnes en ce qui concerne uniquement les métaux ferreux, le cuivre, l’aluminium et le papier). En termes concrets, cela représente davantage que ce que l’industrie aéronautique génère en un an et compenserait ainsi la pollution de ce secteur.

Certaines régions, et en particulier l’Europe, prennent les devants en fixant des objectifs de recyclage ambitieux et mettent le bon cadre en place pour faire du recyclage une part indispensable de nos sociétés et de nos économies. Cependant, dans d’autres parties du monde, à savoir l’Afrique et l’Asie, le recyclage est moins ancré dans la vie quotidienne, et beaucoup de travail reste à faire, notamment en termes d’éducation et de stimulation du commerce libre et équitable. Dans le cas contraire, le danger incontestable réside dans le fait que les émissions de CO2 augmentent en même temps que la population de ces zones.

Cette bombe à retardement est plus grosse que ce qu’un ou deux continents peuvent désamorcer tous seuls: il faut une approche globale. L’économie circulaire est un modèle économique viable, mais elle ne devrait pas être limitée à l’Europe. Si nous voulons voir des avantages significatifs pour l’environnement, l’économie circulaire doit être adoptée à l’échelle mondiale.

Au Bureau international du recyclage, nous défendons aussi fortement le renforcement de l’impact de l’accord de Paris en formulant des règles contraignantes qui obligeraient les pays bénéficiant d’une aide à affecter une partie de ce financement aux projets de recyclage.

Le recyclage représente une composante bien trop vitale de la guerre contre le changement climatique pour ne pas figurer à l’ordre du jour du prochain cycle de négociations internationales – COP22 – qui aura lieu au Maroc en novembre 2016.

>> Lire aussi : La COP 21 dépose son bilan carbone

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