Alyn Smith : « un Brexit rouvrirait la question de l’indépendance de l’Écosse »

Alyn Smith [European Parliament]

L’eurodéputé Alyn Smith juge qu’un Brexit pourrait pousser l’Écosse à quitter le Royaume-Uni.

Alyn Smith est membre du Parti national écossais et est eurodéputé depuis 2004. Il est membre de la commission parlementaire sur les affaires étrangères.

L’Union européenne fait face à une grave crise des réfugiés. David Cameron a proposé d’accueillir 20 000 réfugiés sur les cinq prochaines années. Que pensez-vous de la réaction du gouvernement britannique ?

Le Royaume-Uni s’interroge sur le nombre de réfugiés qui pourraient être accueillis, mais ce nombre est très peu élevé. Londres ne veut pas prendre part à la solution européenne. Je pense que c’est l’exemple le plus récent de la volonté du gouvernement britannique de se distancer légèrement du cadre européen.

Nous avons appelé le gouvernement britannique à agir davantage.

La situation en Syrie et en Irak – les deux principaux pays d’origine des réfugiés – est un désastre humanitaire, avec des millions de personnes déplacées. La crise des réfugiés vient juste de commencer, il est donc essentiel que nous proposions une solution européenne et que nous fassions preuve de solidarité entre États membres.

La cheffe de file de mon parti, Nicola Sturgeon, a clairement affirmé que nous étions en faveur des quotas européens. Nous avons organisé un sommet à Édimbourg avec le gouvernement écossais et les représentants des gouvernements locaux. Toutes les autorités locales en Écosse proposent d’accueillir immédiatement un certain nombre de réfugiés Nous sommes prêts à contribuer, mais offrir un endroit sûr aux réfugiés est une solution à court terme. L’UE doit apporter une solution politique et durable. Jusqu’à présent, nous n’avons pas fait tout ce que nous aurions dû faire.

Le Royaume-Uni a une clause d’exemption qui lui permet de ne pas participer à la répartition obligatoire des 160 000 réfugiés entre les États membres. Le Parti national écossais est-il d’accord avec cette clause d’exemption ?

Pour le moment, c’est une question hypothétique, car l’Écosse n’a pas les compétences en la matière. Nous ne pensons pas qu’un opt-out est nécessaire, mais le Royaume-Uni en a un.

À l’avenir, j’espère toutefois que l’Écosse jouera un rôle plus dynamique dans la politique européenne dans son ensemble. Je ne vois pas la nécessité d’un opt-out parce que je ne crois pas que certains pays devraient bénéficier d’un traitement spécial.

La campagne pour le Brexit a commencé au Royaume-Uni. Que pense l’Écosse du référendum sur l’avenir du Royaume-Uni dans l’Europe ?

Notre point de vue sur le débat du Brexit est très différent de celui de la Grande-Bretagne.

Il est fort probable que le Royaume-Uni vote pour sortir de l’UE, mais il est presque certain que l’Écosse votera pour rester. Un Brexit provoquerait la colère des Écossais et la question de l’indépendance de l’Écosse se posera à nouveau.

Seule une année s’est écoulée depuis le référendum, mais beaucoup de choses ont changé dans la politique écossaise en ce laps de temps. Lors du référendum, l’appartenance au Royaume-Uni l’a clairement emporté, avec 55 % des voix pour et 45 % contre. Néanmoins, 45 %, c’est un pourcentage élevé de la population qui souhaite l’indépendance et depuis le vote, ce chiffre a augmenté. Les derniers sondages montrent que 53 % des Écossais sont en faveur de l’indépendance.

Sans un soutien de la majorité pour un Brexit dans les quatre nations du Royaume-Uni, il ne sera pas question de quitter l’UE. Le problème, c’est qu’il est peu probable que Westminster accepte cette proposition avant le référendum.

* Un sondage récent réalisé par le Sunday Times révèle que 66 % des Écossais pensent que le Royaume-Uni devrait rester dans l’UE et que 53 % souhaitent l’indépendance de l’Écosse.

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