Nigel Farage: «L’UE va plus souffrir du Brexit que le Royaume-Uni»

Nigel Farage [Flickr]

Selon le leader eurosceptique britannique Nigel Farage, le rôle de  son parti UKIP après le référendum est de s’assurer qu’il n’y aura pas de « retour en arrière ou de trahison ». 

Nigel Farage est le dirigeant du parti eurosceptique UKIP (UK Independence Party) et eurodéputé.

C’est votre moment de gloire…

C’est si fantastique, j’ai du mal à y croire. Je ne m’étais pas rendu compte de l’ampleur de ce moment, jusqu’à ce que je voie les réactions à Bruxelles. L’effet se fait ressentir sur les politiques britanniques, mais il n’est pas du tout impossible que les politiques européennes soient touchées également.

Quel est votre message pour la population européenne ?

Aux Européens ? Eh bien, je pense que nous leur avons montré que la minorité peut l’emporter. Je ne pense absolument pas que nous soyons le dernier pays à quitter l’Union européenne.

Pour les négociations, j’ai essayé de faire entendre au Parlement européen que nous devions « essayer de nous comporter en adultes », mais j’ai été copieusement insulté. Des barrières tarifaires seraient beaucoup plus préjudiciables pour l’UE que pour nous. Des centaines de milliers d’Allemands, travaillant dans le secteur automobile, pourraient perdre leur emploi, s’ils n’ont pas accès au marché britannique.

Le Brexit pourrait-il provoquer une véritable réforme européenne ?

Je ne pense pas que le projet européen puisse envisager le concept de la réforme. D’après moi, ils sont trop attachés à leur nationalisme européen, à leurs projets de construction d’un État, trop concentrés sur leur armée, leur politique étrangère. Je ne pense pas qu’ils apprendront quoi que ce soit du Brexit.

La campagne était-elle trop axée sur l’immigration ? Elle a beaucoup été critiquée pour son caractère raciste.

Il y a eu des violences racistes horribles ces derniers jours. C’est horrible pour tout le monde. Des tensions particulièrement fortes étreignent notre pays. J’ai toujours condamné ce genre de comportement, et je continue à le faire.

UKIP a-t-il encore une raison d’être ?

À présent, l’objectif de UKIP est de s’assurer que la volonté de 17,5 millions de personnes sera respectée et qu’il n’y aura pas de retour en arrière ou de trahison.

Le parti ne sera donc pas dissout, une fois le Brexit sera achevé ?

Une fois le Brexit exécuté, qui s’en préoccupe ? J’ai commencé la politique pour rendre sa souveraineté à mon pays. C’est ce qui m’intéresse. J’étais enchanté vendredi dernier [24 juin], quand les résultats ont été annoncés. Ces dernières 24 heures, j’ai été un peu inquiet, certains soutiens importantes du parti Leave ont l’air de regretter.

Ils sont en train de changer d’avis.

Eh bien, si c’est le cas, il y aura une structure politique encore plus compliquée que celle que nous connaissons.

 Pour avoir accès au marché unique, vous devez reconnaître l’autorité de la Cour de Justice de l’UE.

N’importe quel pays a accès au marché unique, quelles que soient les inepties que l’on raconte à ce sujet aujourd’hui. La question est : sous quelles conditions ?

Si les choses se passent mal et que nous ne parvenons pas à un accord, ce sera toujours mieux que l’accord que nous avons actuellement. Il n’y a pas de pertes pour la Grande-Bretagne. Si nous restaurons les barrières tarifaires, l’UE en souffrira plus que nous, cela n’a donc pas de sens.

Par conséquent, j’espère que nous parviendrons à nous comporter en adultes, être pragmatiques et raisonnables pour parvenir à un accord de libre-échange entre l’UE et nous. Ce serait la meilleure option pour nous tous.

 

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